Le C. difficile sous haute surveillance

Une des armes de prédilection pour contrer le...

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Une des armes de prédilection pour contrer le C. difficile demeure la séquence ainsi que la fréquence du lavage des mains avec de l'eau et du savon. En 2013-2014, 29 personnes ont contracté la bactérie à l'hôpital de Granby, alors qu'elle a touché 11 patients à Brome-Missisquoi-Perkins (BMP).

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que le pic de la saison grippale vient d'être franchi, le personnel médical doit demeurer aux aguets pour éviter la propagation de la virulente bactérie Clostridium difficile, qui continue de sévir dans les hôpitaux de la région.

En 2013-2014, 29 personnes ont contracté la bactérie à l'hôpital de Granby, alors qu'elle a touché 11 patients à Brome-Missisquoi-Perkins (BMP). Au cours de la même période, le C. difficile a causé la mort de huit usagers au total, de façon directe ou indirecte, dans les deux établissements de santé.

Selon Patricia Hudson, responsable des maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de la Montérégie, la vigilance de tous les effectifs dans le réseau sera cruciale dans les jours à venir pour éviter une flambée du nombre de cas de contamination liés à ce type de bactérie. «Le C. difficile varie au cours de l'année. En ce moment, nous sortons d'une période d'activité grippale particulièrement forte. Dans trois ou quatre semaines, la pression sur le système de santé fera en sorte que le taux de C. difficile sera en hausse. C'est une problématique qui est prise très au sérieux», insiste-t-elle.

Mme Hudson explique qu'un des principaux responsables de l'apparition de l'agent pathogène est la prise d'antibiotiques. «Au cours de la dernière décennie, on [les médecins] a malheureusement le réflexe plus facile de prescrire des antibiotiques, alors que dans bien des cas, l'infection va rentrer dans l'ordre d'elle-même. C'est le cas avec certaines classes de médicaments utilisés pour des problèmes digestifs, ou même l'influenza par exemple.»

Antibiotiques

Comme le C. difficile peut frapper à tout moment, des gestes bien tangibles sont posés au quotidien pour éradiquer ce «fléau» dans les hôpitaux de la région. Le premier en lice est une utilisation plus judicieuse des médicaments. Dans le jargon, cette branche se nomme «antibiogouvernance». «Si quelqu'un est plus à risque de développer une bactérie de type C. difficile, entre autres parce que sa flore intestinale n'est pas optimale, prescrire des antibiotiques n'est peut-être pas la meilleure option. Chaque cas est donc minutieusement étudié pour gérer le mieux possible l'utilisation de la médication afin d'éviter des répercussions, comme la propagation de la bactérie», mentionne le Dr Michel Poirier, directeur des services professionnels et responsable de l'équipe de prévention et désinfection au CSSS de la Haute-Yamaska.

Salubrité

Le contrôle de la salubrité est également en première ligne. D'ailleurs, une des armes de prédilection pour contrer le C. difficile demeure la séquence ainsi que la fréquence du lavage des mains avec de l'eau et du savon, car les gels alcoolisés ne sont pas efficaces pour éliminer ce type de bactérie particulièrement résistante.

«Ça peut paraître anodin, mais le principe d'avoir les mains propres a évolué au sein du personnel. Non seulement c'est important de le faire après avoir été voir un patient, mais aussi avant parce qu'on a pu toucher à des choses potentiellement contaminées», explique M. Poirier. Le port de gants et d'une jaquette est aussi obligatoire lors de chaque visite dans la chambre d'un usager.

Des infirmières formées en prévention et en désinfection sont également à l'oeuvre pour surveiller puis comptabiliser le nombre de cas de C. difficile et analyser les données. «C'est l'équipe de pompiers de base», illustre Mme Hudson. Le ratio de ces effectifs spécialisés est d'une personne par 250 patients dans des hôpitaux comme BMP et Granby, précise-t-elle. Dans le cas d'une éclosion de la bactérie, la fréquence de l'aseptisation peut s'accroître jusqu'à trois fois la normale dans les départements touchés.

La promiscuité est aussi un facteur primordial à considérer pour éviter la propagation de la bactérie. Ainsi, dès qu'un usager présente des signes de diarrhée, il est mis en isolement, et ce, jusqu'à quelques jours après que les symptômes eurent disparu. De plus, à partir de cinq cas de C. difficile et plus dans une aile de l'hôpital, les patients sont placés en cohortes. Les équipements médicaux restent alors dans les chambres pour éviter la propagation ailleurs dans l'établissement.

M. Poirier indique par ailleurs qu'un projet-pilote visant l'utilisation de sacs hygiéniques pour recueillir les rejets corporels a été amorcé il y a un an. L'initiative a porté ses fruits, contribuant à faire diminuer de façon significative la quantité de personnes atteintes de C. difficile. «En 2012-2013, nous avons eu 49 cas à l'hôpital de Granby, alors que nous en avons eu 20 de moins l'année suivante, note le spécialiste. Je crois donc que nous avons gagné notre pari. Mais ça demeure un combat de tous les instants.»

Une des armes de prédilection pour contrer le C. difficile demeure la séquence ainsi que la fréquence du lavage des mains avec de l'eau et du savon. En 2013-2014, 29 personnes ont contracté la bactérie à l'hôpital de Granby, alors qu'elle a touché 11 patients à Brome-Missisquoi-Perkins (BMP).

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