Un crucifix dans une chambre d'hôpital à Granby «On se posait de sérieuses questions»

Selon l'auteur de la plainte, Gilbert Ouellet, comme... (photo Catherine Trudeau)

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Selon l'auteur de la plainte, Gilbert Ouellet, comme l'hôpital est une institution publique appartenant à l'État, celui-ci se doit d'être entièrement dépourvu de signes religieux.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le Centre hospitalier de Granby est ciblé par une plainte à connotation religieuse. Un Montréalais réclame le retrait d'un crucifix accroché sur le mur de la chambre dans laquelle sa belle-mère a séjourné jusqu'à tout récemment.

La plainte [voir encadré] a été soumise le 12 janvier dernier au comité des usagers du Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Yamaska, qui englobe l'hôpital de Granby. Selon son auteur, Gilbert Ouellet, comme l'établissement est une institution publique appartenant à l'État, celui-ci se doit d'être entièrement dépourvu de signes religieux.

Il réclame le retrait du crucifix et la vérification systématique de chaque chambre de l'hôpital pour s'assurer que plus aucun symbole religieux ne soit exposé. «De voir [le crucifix], ça m'a incommodé, soutient le plaignant, rappelant que les institutions publiques sont déconfessionnalisées depuis des décennies. [...] Ça me surprendrait que ça fasse 50 ans qu'on ait oublié d'enlever le crucifix de cette chambre-là.»

Une présence discrète

De son propre aveu, ce n'est pas lui qui a remarqué la présence de la croix dans la chambre d'hôpital, le 11 janvier. «À vrai dire, c'est ma belle-soeur et son fils qui étaient allés visiter ma belle-mère la veille, raconte Gilbert Ouellet. C'est le neveu de ma femme qui a demandé à sa grand-mère ce qu'il y avait sur le mur et pourquoi c'était là. Ma belle-mère nous a raconté l'anecdote lors de notre visite, et c'est là qu'on l'a vu.»

D'ailleurs, le crucifix ne sautait pas aux yeux des visiteurs de la chambre 618, où a séjourné sa belle-mère. Il se trouverait plutôt dans un recoin, au haut d'un mur.

Et si la croix avait été installée à la demande d'un patient et qu'on avait oublié de la retirer?

«Peut-être, mais même ça, personnellement, je crois que l'hôpital aurait dû refuser», élabore-t-il.

Stupéfait, M. Ouellet a avisé de la situation les employés de l'unité où était hébergée sa belle-mère. «À prime abord, les gens sont d'abord restés pantois, se souvient-il. La seule réaction que j'ai eue, c'est de me faire dire: des fois, le prêtre passe faire le tour. Eh bien, s'il passe, le prêtre peut très bien apporter le crucifix avec lui!»

«On est sortis de là et on se posait de sérieuses questions [...] C'est surtout le fait que c'est une institution publique appartenant à l'État et que l'État face à ses concitoyens doit être neutre. C'est pourquoi j'ai formulé une plainte», poursuit Gilbert Ouellet qui a fait parvenir une copie de son courriel à La Voix de l'Est, de même qu'au député de Granby, François Bonnardel, et au député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, celui qui avait piloté l'épineux dossier de la Charte des valeurs québécoises sous l'ancien gouvernement péquiste.

 M. Ouellet tient cependant à préciser que, bien qu'incommodé par le crucifix accroché dans la chambre, il n'a rien contre le port de signes religieux par les individus ou la présence de lieux de culte. «Personnellement, je n'ai aucun problème à ce qu'il y ait un lieu clos pour prier, comme la chapelle au niveau catholique ou un autre lieu pour une autre religion. Dans ma plainte, je parle d'un signe ostentatoire, de n'importe quelle religion, accroché sur le mur d'un établissement qui appartient à l'État», précise celui qui se dit athée.

«Qu'une personne ait une bible ou une croix sur sa petite table de chevet [pendant son séjour], ce genre de chose-là, je n'ai pas de problème. Je fais la très grande nuance entre le port des signes ostentatoires et l'affichage», renchérit-il.

L'hôpital ne commente pas

Le jour même où la plainte a été déposée, le comité des usagers en a accusé réception. Un délai de 45 jours est toutefois nécessaire pour traiter celle-ci. «Je n'ai aucun problème avec ce délai-là; je pense qu'ils vont faire leur travail comme pour n'importe quelle autre plainte», indique Gilbert Ouellet.

Comme le dossier fait présentement l'objet d'une analyse par le Commissaire aux plaintes, ni le Centre hospitalier de Granby ni le député François Bonnardel n'ont voulu commenter. Les trois tentatives d'entrer en communication avec l'équipe de Bernard Drainville sont demeurées sans réponse.

Selon l'auteur de la plainte, Gilbert Ouellet, comme l'hôpital est une institution publique appartenant à l'État, celui-ci se doit d'être entièrement dépourvu de signes religieux.- Photo Catherine Trudeau

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