École du Phénix: melting-pot académique

«Le milieu scolaire est le milieu de référence... (photos Alain Dion)

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«Le milieu scolaire est le milieu de référence pour les parents immigrants», indique le directeur adjoint de l'école du Phénix, Gabriel Plante (à droite). À ses côtés, l'enseignante en francisation Sandy Leonard et Frey Guevara, intervenant communautaire à Solidarité ethnique régionale de la Yamaska.

photos Alain Dion

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Sur la porte d'entrée du pavillon Sainte-Marie de l'école du Phénix, une affiche souhaite «bienvenue» en 17 langues. Ce n'est pas une coquetterie.

À l'établissement primaire le plus multiethnique de Granby, où 28 nationalités se côtoient, se faire comprendre est la clé du succès. Une enseignante en francisation y travaille à temps plein - ainsi qu'à l'école de l'Assomption - pour s'assurer que les Colombiens, Congolais, Roumains et Irakiens réussissent aussi bien que les petits Québécois.

«L'objectif ultime, c'est l'intégration, qu'il sache communiquer avec les autres», indique le directeur adjoint de l'école du Phénix, Gabriel Plante. D'abord, on planifie une rencontre d'intégration, on fait visiter l'école. Ça crée tout de suite un lien de confiance. Puis, on se fait demander quoi mettre dans la boîte à lunch...»

Il y a les réfugiés politiques et économiques, souvent aisés, mais aussi ceux de la guerre. Des Africains, par exemple, qui ont connu les camps de réfugiés, les salles de classe rudimentaires, l'absence d'équipement. «C'est pas évident pour eux», dit Frey Guevara, intervenant communautaire à Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), qui accueille les familles en collaboration avec la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

À son arrivée, l'élève est évalué en français oral, parlé et écrit, et dans les autres matières. Cela déterminera le niveau d'aide qui lui sera prodiguée par l'enseignante en francisation Sandy Léonard. «On ne peut s'attendre à ce qu'ils fassent la même chose que les autres, académiquement, dit-elle. Ils sont plus en période d'observation.»

Soutien

Ils prennent place en classe régulière, mais sont notés différemment et rejoignent Mme Léonard, au besoin, pour améliorer leur français. La durée de ce soutien varie selon le degré de connaissances de l'élève, ses capacités etsa personnalité. Ça va de quelques mois à plusieurs années. Au fur et à mesure que l'enfant progresse, ces rencontres se font plus rares. Le jumelage est aussi plus intensif avec les éducateurs spécialisés. De façon générale, les immigrants sont habitués à un enseignement plus théorique; les amener à faire des déductions eux-mêmes est un défi. On remarque aussi que plus l'élève immigre jeune, plus son apprentissage du français se fait rapidement. S'il est arrivé à l'âge préscolaire, il n'est pas rare qu'il n'ait pas besoin de francisation rendu en 1re année, et surpasse déjà ses parents! Bien que l'école du Phénix soit située dans un quartier défavorisé, elle se démarque par des résultats scolaires tout à fait respectables et, à l'occasion, supérieurs à la moyenne, souligne M. Plante. Quand la langue est maîtrisée, les élèves issus des communautés ethniques se démarquent par leur ardeur au travail.

«Ce sont souvent des élèves qui n'ont pas peur de bûcher», dit Mme Léonard. Les parents immigrants tiennent aussi les études en haute estime. «Pour eux, aller à l'université plus tard, c'est faire partie de la haute société.»

Ouverture

Dans la cour de l'école du Phénix, on entend parfois de l'espagnol, parfois du swahili, plus souvent du français. Le multiculturalisme, «c'est banal pour eux, il n'y a pas de différence», affirme Nadia, enseignante de 2e année. Jouer avec un enfant immigrant, «c'est amusant», laisse tomber Maximilien, sept ans, sans donner plus de détails...

La nature cosmopolite de l'école du Phénix est un plus pour les élèves, estime le directeur adjoint. «Ça crée une ouverture d'esprit, dit Gabriel Plante. Dès qu'un nouvel élève arrive en cours d'année, les autres veulent l'aider. L'empathie, c'est naturel pour eux.» «C'est une richesse qu'on a et ça oblige les élèves québécois à s'adapter à quelque chose de différent, dit Sandy Léonard. C'est s'ouvrir sur le monde.»

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