Réforme de la santé: Jeux politiques

Sylvain Dupont accuse le député Pierre Paradis de... (Photo Janick Marois)

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Sylvain Dupont accuse le député Pierre Paradis de faire des pressions sur les élus et les CSSS pour le découpage des futurs territoires sociosanitaires dans la région.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Alors qu'il semblait clair que les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) La Pommeraie et de la Haute-Yamaska se joindraient au futur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Estrie, de récents éléments viennent brouiller les cartes. Une joute politique se déroulerait en coulisses, et ce, sans considération pour la population.

C'est du moins ce que prétend Sylvain Dupont, directeur général de la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska. «C'est une décision politique et non une décision populationnelle, comme le dit le ministre (Gaétan Barrette), clame M. Dupont au sujet du projet de loi 10. Quand on parle de décision politique au niveau du territoire, le député Paradis, qui couvre une partie de la Haute-Yamaska, ne se cache pas qu'il est du côté de l'Estrie.» Selon M. Dupont, le député libéral de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, ferait des pressions auprès des CSSS, des élus et ministres pour que les villes couvertes par sa circonscription soient incluses dans le territoire sociosanitaire de l'Estrie en faisant miroiter le risque de perdre certains services, conséquence d'une population moins nombreuse.

«Le discours de Paradis, c'est que, si on ne traverse pas de l'autre côté, on va perdre nos services, soutient M. Dupont, en entrevue exclusive avec La Voix de l'Est. Mais ce n'est pas vrai. Qu'on soit de l'autre côté ou qu'on soit ici, il y a un corridor de services qui existe avec Sherbrooke et il ne se perdra pas si on va en Montérégie. Pourtant, c'est la menace que Paradis fait planer de dire que si on ne traverse pas de l'autre côté, on va perdre nos services et les anglophones ne seront plus servis en anglais. Présentement, ils sont servis en anglais et ils sont en Montérégie, ça ne changera pas. Le travail que fait M. Paradis par en dessous, c'est de démanteler la Haute-Yamaska pour en prendre une partie et s'en aller en Estrie avec elle.»

Lobbying

M. Dupont allègue que le ministre Paradis aurait fait de telles représentations auprès du maire de Granby, Pascal Bonin. Celui-ci confirme qu'il a été approché par les députés, dont M. Paradis, mais nie avoir entendu quelque menace que ce soit. Il assure qu'il se battra pour les intérêts de la population de sa région avant tout.

«Honnêtement, je n'ai pas vu souvent un dossier avec autant de lobbying, commente le maire Bonin. Il y a beaucoup de lobbying dans ce dossier, de toutes les instances possibles et impossibles. C'est un dossier hautement politisé. Les gens cherchent des appuis, je comprends ça, mais d'un autre côté ce n'est pas nous autres qui prenons la décision.»

Pas consultés

Sylvain Dupont a appris que le CSSS La Pommeraie n'a pas consulté ses usagers, contrairement à ce qui avait été évoqué en octobre, quant à leur volonté de rejoindre l'Estrie. La centaine de personnes présentes à l'assemblée générale annuelle étaient des invités triés sur le volet, fait-il savoir. «La CDC (de Brome-Missisquoi), avec ses membres, a eu une rencontre avec le président du CSSS La Pommeraie», où ce dernier, Michel Lafrance, a «expliqué sa position et comment il n'avait pas réellement consulté la population».

Cette rencontre, tenue mardi, faisait suite à des questionnements du CDC lors d'une séance du conseil d'administration du centre de santé et de services sociaux. Nous n'avons pas réussi à joindre M. Lafrance pour expliquer ces aveux. Il n'a pas non plus été possible de parler à Pierre Paradis.

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