Jeux équestres mondiaux : Pauline Quinlan sur la sellette

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Mise au pied du mur, Pauline Quinlan a fait son mea-culpa.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) L'éthique de travail de la mairesse de Bromont dans le dossier des Jeux équestres mondiaux a été remise en question par de nombreux citoyens lors de la séance du conseil municipal, lundi. Essuyant un feu nourri de questions à propos d'une modification apportée en juin 2014 à une lettre adoptée en décembre 2012 par résolution du conseil, et ce, sans l'approbation de ses membres, Pauline Quinlan a dû s'expliquer.

Les deux lettres, signées de la main de Pauline Quinlan, dont La Voix de l'est a obtenu copie, étaient adressées à la Princesse Haya, présidente de la Fédération équestre internationale (FEI). La première missive datée du 3 décembre 2012 consistait en un engagement de la Ville pour la tenue des Jeux équestres mondiaux 2018 à Bromont. Cette dernière a par ailleurs fait l'objet d'une résolution adoptée le jour même. On y faisait notamment mention des différentes contributions financières en vigueur à cette période. «Sous réserve de l'octroi des jeux et de la contribution financière du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec pour une valeur estimée à environ 28 millions de dollars CAN (...) la Ville de Bromont consentira à une contribution financière en argent et en services. Cette contribution d'une valeur de 2 millions de dollars CAN sera destinée au budget de fonctionnement.»

Or, sans l'aval du conseil, Mme Quinlan a rédigé une seconde lettre le 4 juin 2014 «à la demande du président du Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM), Paul Côté», a -t-elle indiqué. Cette dernière faisait suite à une lettre du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, demandant de «réaffirmer que la Ville allait continuer de supporter le projet» dans la foulée d'un nouvel appel de candidatures.

La seconde lettre est quasi similaire à la première, à l'exception de la portion qui traite du financement. En fait, comme le gouvernement fédéral mentionnait ne pas vouloir s'engager financièrement dans le projet, tandis que Québec octroyait 9 M$, cela créait un trou de 29 M$ dans le budget estimé en 2012. Cette tranche a donc été retirée de la missive.

Le premier à avoir levé le drapeau est le conseiller municipal Louis Villeneuve. Il a affirmé haut et fort lors de la séance du conseil municipal du 15 décembre son désaccord avec ce comportement de la mairesse qu'il juge «inacceptable». «Comment une femme qui a l'expérience de Mme Quinlan peut-elle faire fi des gens élus par la population en agissant de façon unilatérale? Si je n'avais pas vu ça [la lettre] passer dans le protocole d'entente des Jeux, ce serait passé sous le radar. Ça n'a pas de sens et personne ne doit tolérer ça!», a-t-il clamé en entrevue au journal. M. Villeneuve ne s'est toutefois pas opposé à la signature du protocole en question présenté le soir même.

Attaques virulentes

Les citoyens présents à la séance ne se sont pas fait prier pour tirer à boulets rouges sur Mme Quinlan. «On a tous des ancêtres qui ont combattu pour maintenir la démocratie. Pour moi, c'est un manquement important. J'ai marché près de vous aux élections de 2009. On a fait du porte-à-porte ensemble. Mais aujourd'hui [lundi], je retire mon appui envers vous, Mme Quinlan. J'ai perdu la foi parce que je trouve ça inadmissible», a lancé le Bromontois Marc Deslandes.

«Il s'agit d'un engagement de 2 M$ des taxes des citoyens. Est-ce que c'est une pratique courante? Ça a été fait une fois. Comme citoyen, je suis inquiet», a poursuivi René Cloutier.

Les commentaires de Pierre Lizotte allaient dans le même sens.

Mea-Culpa

Mise au pied du mur, Pauline Quinlan a fait son mea-culpa. «En juin, il a fallu faire vite. Nous n'avions qu'une seule journée pour réagir. J'ai alors rédigé une lettre qui reflétait tout à fait ce que le conseil souhaitait dans sa résolution. J'ai omis de la déposer. Je n'y ai pas pensé. Je dois faire amende honorable et j'avoue mes torts. J'aurais dû passer par le conseil, mais je ne l'ai pas fait. On ne peut pas revenir en arrière», a-t-elle réitéré lors d'un entretien téléphonique, hier.

«Une chose est certaine, la Ville s'est engagée à hauteur de 2 M$ et de ce côté, tout a été respecté à la lettre. Il n'y a pas un sou de plus qui va être engagé par la Ville d'ici 2018 pour soutenir le projet», a-t-elle insisté.

 

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