Haïti: Cinq ans après

Une reconstruction difficile

«J'aimerais voir un meilleur échange, une meilleure communication»,... (Photo Julie Catudal)

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«J'aimerais voir un meilleur échange, une meilleure communication», souhaite Garlancha Célestin, Haïtien arrivé au Québec en 2006

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) On peut sortir un Haïtien d'Haïti, mais on ne peut pas sortir Haïti d'un Haïtien. Cette devise s'applique particulièrement bien au docteur Renaud Hyppolite et à Garlancha Célestin, qui habitent aujourd'hui la région.

Les émotions affleurent lorsqu'on parle de son pays d'origine au Dr Hyppolite. Comme le dirait sa femme, il ne pense qu'à ça. Les murs de sa maison de Shefford sont tapissés de toiles d'artistes haïtiens. Chacune a son histoire, les les couleurs vives rappelant la culture de l'endroit.

Même s'il est parti en 1960, jamais l'homme n'a coupé les liens avec son pays et les siens. Il y est retourné à de nombreuses reprises, notamment pour former les futurs médecins.

Il y a cinq ans jour pour jour, la terre tremblait en Haïti. Et depuis, le pays se reconstruit, lentement mais sûrement. Le constat qu'en font messieurs Hyppolite et Célestin n'est toutefois pas rose, malgré les millions de dollars investis par la communauté internationale.

«C'est un coup d'épée dans l'eau, commente le cardiologue et jeune retraité. Ils investissent, ils mettent beaucoup d'argent, mais c'est mal utilisé. L'impression qu'on laisse, c'est qu'on donne de l'argent au gouvernement haïtien et que le gouvernement haïtien dépense l'argent, mais ce n'est pas vrai! Le gouvernement haïtien, on ne lui demande pas ce qu'il veut faire, c'est quoi son plan.»

Constat unanime

Les Haïtiens contactés par La Voix de l'Est font tous la même analyse: les gens du pays ne sont pas suffisamment impliqués dans le processus de reconstruction par les organisations non gouvernementales (ONG), il n'y a pas de coordination entre les ONG et le gouvernement et ce dernier n'a pas son mot à dire.

«Je pense aussi qu'il y a eu beaucoup de failles à certains niveaux logistiques parce qu'il y a eu beaucoup d'aide, ça se pilait quasiment sur les pieds, remarque Mélinda Wilson, de Racine. Ils (les Haïtiens) sont capables de s'organiser et ils l'ont prouvé. Les Haïtiens auraient dû être plus impliqués dans certains processus de réorganisation de la société civile.» Québécoise d'origine haïtienne, Mme Wilson se rend fréquemment en Haïti depuis le séisme pour aider comme elle le peut.

Les ONG sont entrées au pays «comme un char d'assaut», illustre le Dr Hyppolite. Comme des conquérants venus coloniser un nouveau pays, ajoute Garlancha Célestin. «Le premier fautif, c'est le gouvernement haïtien. Vous êtes chez vous, c'est à vous de dire: je veux bien de votre aide, mais commencez par me demander ce que je veux. C'est certain que le gouvernement était totalement désorganisé, il n'y avait plus rien. Il le fallait. Mais une fois que celui-ci a pu se reprendre en main, l'aide devrait se concerter avec le gouvernement et le ministère et faire un plan de relèvement. Mais non, on va continuer comme si le gouvernement n'existait pas.»

M. Célestin est parti en 2006 pour s'établir à Granby. Son père l'y a rejoint il y a une semaine. Avec le témoignage de ce dernier, il juge qu'il y a une absence de priorités dans la reconstruction d'infrastructures. Il donne en exemple certains endroits, où l'église est érigée avant l'hôpital. «J'aimerais voir un meilleur échange, une meilleure communication.»

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