Jeux d'enfance prend vie chez Boréart: une boîte à surprises signée Marie Chapdelaine

Marie Chapdelaine se plaît à sublimer les objets... (Photos Alain Dion)

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Marie Chapdelaine se plaît à sublimer les objets à l'aide de ses pinceaux et de sa palette de couleurs. Voici quelques-unes de ses créations qui prennent vie sous les projecteurs de la galerie Boréart.

Photos Alain Dion

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) «Les vêtements parlent. Chacun d'eux a sa propre histoire qui nous envahit quand on les enfile», confie la peintre et sculpteure Marie Chapdelaine à propos de sa dernière livrée, Jeux d'enfance. La prémisse des créations de la Granbyenne consiste à rendre l'art vivant et accessible. Force est d'admettre qu'elle a visé dans le mille en s'associant au projet Autour d'une exposition, qui s'ouvre aux visiteurs chez Boréart jusqu'au 5 avril.

Dès les premiers pas dans la galerie qui s'anime au coeur du centre culturel France-Abrour, l'hyperréalisme des personnages de Marie Chapdelaine saisit et séduit à la fois. Rien n'a été laissé au hasard pour conférer une atmosphère feutrée à l'endroit, propice à laisser libre cours à l'imaginaire puis, au passage, à un brin d'introspection. «En venant ici, je veux que les gens s'amusent, affirme l'artiste, l'oeil vif. Replonger en enfance fait remonter de très beaux sentiments que je veux partager. Ce que j'offre, c'est un peu comme une boîte à surprises.»

Au centre de la pièce, cinq enfants épient les moindres gestes des visiteurs, prêts à livrer leurs secrets. L'un arbore une armure et une épée de bois, l'autre une planche à roulettes. Mais une petite fille, l'air timide, retient particulièrement l'attention au sein du groupe. «Cette fillette, c'est moi! , lance la femme de 64 ans. J'avais trois ans quand cette photo a été prise, en noir et blanc. C'est en trouvant ce souvenir que l'idée de recréer des personnages à découper est née, comme dans les années 1950.»

Ainsi, les personnages de carton ont pris forme au gré du doigté fantaisiste de l'artiste. Question d'assurer la cohésion de l'ensemble, elle a cru bon faire un clin d'oeil au passé en ornant d'une ligne pointillée chaque image. Ce fil conducteur se poursuit par ailleurs au sol, dirigeant le regard de l'observateur aux quatre coins de la pièce. Le fils de Mme Chapdelaine, Miro Belzil, un jeune artiste qui fait sa marque comme comédien et musicien, a d'ailleurs été sa muse inspiratrice, se retrouvant sur plusieurs de ses créations.

Place aux jeunes

Marie Chapdelaine se plaît à sublimer les objets à l'aide de ses pinceaux et de sa palette de couleurs. Particulièrement ce qui gravite autour de l'univers du vêtement. En 2013, elle signait l'exposition Hommage aux mères et aux grands-mères, toujours chez Boréart. Celle qui se décrit comme une «Granbyenne pure laine» avait consacré un an de sa vie à ficeler ce projet, illustrant les habits des dames qui ont façonné l'histoire de la municipalité à travers les époques.

Poursuivant dans la même veine, elle a décidé de mettre à nouveau les fringues sous les projecteurs, tout en visant un large public. Les jeunes tiennent d'ailleurs une place prépondérante dans l'initiative, qui a d'abord et avant tout une vocation pédagogique. Autour d'une exposition, lancé conjointement en 1996 par la Commission scolaire du Val-des-Cerfs et Boréart, permettra donc à 3000 élèves des écoles primaires de Granby «de développer leur sens critique et émotionnel relié aux arts visuels» en prenant la mesure des oeuvres. Les enfants pourront donner leur opinion à propos de leur expérience dès leur retour en classe. Un aspect qui cadre très bien avec la vision artistique de Mme Chapdelaine.

«De savoir que je peux faire la différence en donnant le goût à plus de jeunes de s'intéresser aux arts, c'est très stimulant.»

Amalgame

Marie Chapdelaine est du genre à s'investir «corps et âme» dans tout ce qu'elle entreprend. Cette nouvelle série ne fait pas exception. «J'ai travaillé plus de 10 mois sur le projet. Je peux travailler 12 heures d'affilée. Tant que mon corps me le permet en fait. Pour créer, je plonge dans mes toiles, illustre celle qui a un curriculum vitae bien garni. Je ne voulais pas concevoir quelque chose de statique. Il fallait qu'il y ait un amalgame d'émotions et de mouvement qui se dégage de tout ça. Quand je regarde le résultat final, je crois avoir bien réussi.» D'ailleurs, outre les toiles et les personnages cartonnés, le public aura droit à une vidéo montrant une de ses jeunes modèles en action. «Les enfants aiment beaucoup ce qui est interactif, dit-elle. C'est une autre façon de capter leur attention.»

Une chose est certaine, la source de sa créativité est loin d'être tarie. «Je peins par besoin, c'est vital pour moi. Et je suis loin d'être à bout de souffle.» Le vernissage aura lieu demain, de 13 h à 16 h.

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