Des Granbyens établis à Paris vivent intensément les événements

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«Oui, nos vies sont un peu chamboulées!», admet Julie Lapierre presque à contrecoeur.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Julie Lapierre ne lisait pas Charlie Hebdo. Ce genre d'humour, avoue-t-elle, «ne lui allait pas». Elle a néanmoins été profondément touchée par le sort réservé aux membres du journal. Et par cette atteinte extrême à la liberté d'expression. «Tout le monde devrait avoir le droit de s'exprimer comme bon lui semble. On a lutté tellement longtemps pour ça», lance-t-elle en référence aux événements qui se bousculent autour d'elle depuis quelques jours.

L'amour a entraîné la Granbyenne à Paris il y a huit ans et elle y est encore. Bon, pas tout à fait à Paris, plutôt à Sèvres, une paisible commune tout près de la capitale. «Tout est proche. Montrouge, par exemple [NDLR<saxo:ch value="226 128 137"/>: où a eu lieu la fusillade tuant une policière municipale et blessant grièvement un agent de la voirie] est juste à côté. Ici, c'est facile de passer d'une petite ville à l'autre. On peut aller à Paris à pied.»

Hier, la journée a été particulièrement stressante, avoue la jeune femme, qui est assistante maternelle. «Je suis les infos non stop sur France 2. On était sur Twitter toute la journée. On se sent concernés», a-t-elle confié à La Voix de l'Est.

Traces

Quand on lui a parlé, il était autour de 18 h. L'assaut avait été donné, la prise d'otages dénouée et les suspects mis hors de combat. Mais pas assez pour la rassurer complètement.

Car la multiplication des incidents finit par laisser des traces sur le quotidien. «Il ne faut pas devenir paranoïaque, la vie continue. Mais aujourd'hui, quand on a appris qu'il y avait une prise d'otages à la porte de Vincennes, on a commencé à avoir peur. Contrairement à l'habitude, mon mari est allé chercher ma fille à l'école en voiture... Des policiers étaient postés devant son établissement. Et il y avait un souper des équipes de golf dont ma fille fait partie à Versailles qui a été annulé à cause des événements. Donc oui, nos vies sont un peu chamboulées!», admet Mme Lapierre presque à contrecoeur.

Elle avait d'ailleurs l'intention de rester bien tranquille à la maison en fin de semaine. «Il y aura des manifestations, mais je ne sais pas si je vais y aller.» Elle préfère démontrer son appui autrement. En affichant «Je suis Charlie» sur sa page Facebook et en portant du noir, par exemple.

Celle-ci est convaincue que les tristes événements de la semaine ne seront malheureusement pas les derniers. «Des perturbés, il y en aura d'autres, c'est certain.»

Menace «pesante»

Un sentiment partagé par Stefan Deslandes, un Granbyen globetrotteur établi en France depuis 2013. «La menace reste pesante», constate-t-il. «Il ne faut pas arrêter de vivre, mais c'est sûr qu'on y pense beaucoup plus, surtout dans le métro et les endroits publics. On va être plus prudent.»

Cadre supérieur pour la compagnie Ericsson, M. Deslandes vit à Fontenay-le-Fleury, non loin de Versailles, avec sa conjointe et ses enfants. Lui et sa famille n'ont pas été directement exposés aux événements, mais les attentats étaient sur toutes les lèvres, partout. «C'est un sujet très très chaud. Car au-delà de l'effet de terreur, les Français ont été très touchés par le drame au Charlie Hebdo. Les victimes étaient des comiques qu'ils connaissaient et qu'ils aimaient, des moqueurs qui riaient de tout.»

«À travers cet attentat, on n'a pas juste créé la peur, on a attaqué le symbole de l'humour et de l'irrévérence, poursuit-il. On a attaqué l'essence même des Français, leurs valeurs, leur identité.»

Leur rassemblement spontané sur la place de la République, au coeur de Paris, dans leurs heures suivant l'attaque initiale, a fait une forte impression sur Stefan Deslandes. «Leur besoin d'être ensemble était presque plus fort que leur besoin de se sentir en sécurité.»

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