Canons effaroucheurs d'oiseaux à Rougemont: Francis Lavoie ouvert à la discussion

Mis en demeure par son voisin à cause... (photo archives La Voix de l'Est)

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Mis en demeure par son voisin à cause des canons effaroucheurs qu'il emploie pour repousser des oiseaux friands de ses raisins, le vigneron rougemontois Francis Lavoie a tenu à répliquer au précédent article paru sur le sujet dans La Voix de l'Est.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Rougemont) Récemment mis en demeure par son voisin du Club de golf de Rougemont, le vigneron Francis Lavoie compte toujours utiliser ses canons effaroucheurs pour repousser les étourneaux sansonnets, un oiseau si nuisible pour les récoltes qu'il n'est pas protégé, allègue-t-il.

«On ne fait pas exprès pour déranger les autres, indique celui qui cultive le raisin depuis une trentaine d'années. (...) Ce n'est pas le fun pour personne, ni pour nous ni pour les autres. Mais c'est la méthode la plus verte qui existe, car on ne tue pas les oiseaux (ainsi).»

D'autres solutions envisagées

La présence de ces indésirables à plumes remonte à il y a quatre ou cinq ans, explique M. Lavoie. Et les dommages n'ont pas mis beaucoup de temps à se manifester. «Il y a deux ans (en 2012), on a perdu 33% de notre récolte totale, mais dans une partie de la récolte, c'était 100%», se souvient-il.

Il fallait donc agir. Avant d'installer ses canons effaroucheurs, qui lancent deux ou trois détonations à l'heure à raison de trois coups dans un intervalle de trente secondes, M. Lavoie avait tenté le coup avec un immense ballon jaune, de même qu'un faux prédateur accroché sur une longue perche, et du bruit émis par des radios dispersées dans ses champs. «Mais les oiseaux se sont habitués à ça», a fait savoir l'agriculteur.

Même si les canons effaroucheurs se sont avérés pour l'instant la méthode la plus efficace, le propriétaire du Domaine de Lavoie se penche actuellement sur d'autres moyens pour repousser les étourneaux sansonnets.

«On regarde pour des petits pièges en entonnoir, où l'oiseau se retrouve pris, détaille-t-il. Il se met à faire des cris de détresse, qui effraient les autres. On va en construire et voir si ça fonctionne.» L'installation d'un fauconnier n'est pas non plus écartée.

La circulation plus que les canons

Par ailleurs, M. Lavoie ne comprend pas qu'une minorité de citoyens - ils ne seraient qu'une poignée selon lui - se plaignent du bruit causé par ses canons alors qu'ils ont choisi de s'établir dans une zone où il existe des nuisances sonores beaucoup plus importantes encore, dont certaines activités commerciales locales et l'important flux de circulation et de camionnage des routes 112 et 229.

À la mi-octobre, des tests ont été effectués sur le domaine à l'aide d'un sonomètre, en vue d'en présenter les résultats lors de l'audience à la Cour municipale, quelques jours plus tard.

M. Lavoie juge que les chiffres démontrent très bien que ses canons ne constituent pas une réelle nuisance pour les voisins.

«À la sortie du canon, le bruit enregistré était de 100 décibels, note-t-il. À 125 m, c'est 70 décibels, et à 250 m, environ 60.»

«Quand on est allés près de la route 112, on s'est même aperçus que le bruit de la route enterrait le bruit du canon!» ajoute-t-il.

Laxisme

Prêt à trouver un terrain d'entente, M. Lavoie dit déplorer le «laxisme» dont semble faire preuve la municipalité de Rougemont dans cette affaire.

«Il aurait été important de prendre le leadership dès le départ dans ce dossier-là et d'adopter un règlement qui enlève toute activité agricole du règlement de nuisance (sur le bruit)», affirme le Rougemontois.

Des pourparlers pour en arriver à cette solution étaient en cours l'automne dernier, soutient le cidriculteur, mais ceux-ci ont été délaissés au moment de passer à la Cour municipale, le 20 octobre dernier.

«Je n'ai aucun problème à ce qu'ils me disent comment me servir de mes canons; je ne veux juste pas perdre le droit de les utiliser», demande M. Lavoie, rappelant que de protéger sa récolte constitue une activité agricole qui devrait être reconnue, d'autant plus que lesdites récoltes constituent des revenus, tant pour l'agriculteur que pour la municipalité.

Rappelons que Rougemont compte se pencher sérieusement sur le dossier en janvier, mais qu'elle a indiqué récemment à La Voix de l'Est qu'il lui manquait certains éléments d'information pour trancher.

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