Canons effaroucheurs: des Rougemontois plus incommodés que les oiseaux

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Le propriétaire du Club de golf de Rougemont, Normand Fortin.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Rougemont) Normand Fortin s'en va en guerre. Le propriétaire du Club de golf de Rougemont en a ras le bol du bruit provoqué par les canons effaroucheurs d'oiseaux de son voisin d'en face, le Domaine de Lavoie. Une mise en demeure a été envoyée à son propriétaire, Francis Lavoie, et une campagne de publipostage a récemment eu lieu pour exiger la fin, une fois pour toutes, de ce que plusieurs considèrent comme une nuisance.

Dans sa mise en demeure datée du 3 décembre dernier, M. Fortin ordonne à M. Lavoie de cesser immédiatement l'utilisation de ses canons effaroucheurs. Le document stipule qu'entre mai et octobre, une détonation est entendue toutes les quinze minutes. «C'est sept jours par semaine, de l'aube à la noirceur», déplorait récemment celui qui s'est plaint à quelques reprises au conseil municipal. À la mi-décembre, le propriétaire du club de golf a de plus distribué un tract invitant les citoyens qui, comme lui, n'en peuvent plus d'entendre les détonations des canons, à faire part de leur mécontentement à la direction générale de Rougemont.

Pétitions

En septembre 2013, M. Fortin avait déposé au conseil une pétition de88 signatures demandant le retrait des canons à air. La majorité des signataires étaient des clients du golf qui demeuraient dans des municipalités voisines. En parallèle, une autre pétition avait été lancée en novembre 2013, signée cette fois par 45 citoyens de Rougemont.

Une fois les premières détonations entendues, plusieurs ont cru à des coups de feu, ont indiqué certains signataires. D'autres, qui travaillent de soir ou de nuit, auraient affirmé ne pas arriver à dormir en plein jour. L'instigatrice de la pétition, Julie Déragon, fulmine encore. «C'est sans arrêt, explique-t-elle. Ça nous réveille, même la fin de semaine. Quand il est gentil, ça commence à sept heures. Je me suis déjà plaint parce que ça commençait parfois à6 h 15 du matin. [...] La première année, c'était de la fin octobre jusqu'au gel. Maintenant, ça continue plus longtemps. Encore la semaine dernière [mi-décembre], j'en ai entendu.» «C'est désagréable et dérangeant, croit pour sa part Nancy St-Pierre. Il pourrait sûrement trouver une autre solution.»

La dame exploite une garderie à son domicile. Les détonations, bruyantes, soudaines et aléatoires, effraient les enfants dont elle a la charge, ajoute-t-elle. «Au début, c'était la panique totale; il a fallu leur expliquer ce que c'était, se souvient-elle. Ils ont peur quand ils entendent les coups. Ce n'est pas normal qu'ils affrontent cet énorme stress tous les jours.» Elle reconnaît néanmoins que la situation est «moins pire que c'était» par les temps qui courent. Les signataires de la pétition allèguent que les canons nuisent à leur qualité de vie. «On s'est bâti en campagne. Là, là si tu veux t'asseoir tranquille sur ton perron, c'est assez fatigant merci, déplore Mme Déragon. Ça enlève l'image de la place de campagne reposante qu'on a de Rougemont.» De quoi nuire au tourisme dans la municipalité, ajoute-t-elle. «J'ai quelqu'un qui était venu à Rougemont pour cueillir des pommes avec moi. Il ne veut plus revenir ici tant les coups l'avaient dérangé.»

Rien d'illégal

Malgré les doléances de ses concitoyens, M. Lavoie ne commet pour l'instant rien d'illégal en utilisant ses canons. Le 20 octobre dernier, le cidriculteur avait été acquitté par la Cour municipale, parce que le plaignant, M. Fortin, n'avait pu prouver que les canons lui avaient véritablement nui quand il a formulé une plainte à la Sûreté du Québec. C'est pour cette même raison que la Ville ne peut appliquer l'article 22 du règlement municipal, qui porte notamment sur les nuisances sonores.

Hier en fin de journée, M. Lavoie n'avait retourné aucun des trois appels effectués par La Voix de l'Est depuis mercredi dernier. En novembre, Le Journal de Chambly rapportait les propos tenus par le cidriculteur lors de la séance du conseil: «Personne n'est intéressé de perdre 5, 10 ou 15% de sa récolte, tout comme personne ne veut perdre une partie de son salaire annuel. Il y a un travail agricole qui doit être respecté, nous sommes d'abord et avant tout une municipalité agricole.»

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