Meurtre à Bromont : l'accusé non responsable pour cause de troubles mentaux

Timothy M. Boyd Dawe est resté calme tout... (illustration Serge Paquette)

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Timothy M. Boyd Dawe est resté calme tout au long de l'audience.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Sans surprise, l'homme accusé d'avoir poignardé à mort Régis Pilote, le 22 mars dernier à Bromont, a été reconnu hier non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Le juge François Marchand a pris en compte tous les éléments de cette triste histoire: le comportement bizarre de Timothy Boyd Dawe le jour du crime, son passé, les témoins entendus ainsi que le rapport de la psychiatre qui l'a évalué à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

Toutes ces versions appuient la thèse selon laquelle l'homme de 49 ans de Brigham souffre de schizophrénie et de troubles psychotiques, a indiqué le magistrat au moment de rendre sa décision.

«La responsabilité criminelle d'une personne n'est pas engagée si elle est atteinte de troubles mentaux qui la rendent incapable de juger de la nature ou de la qualité de ses actes, ou de savoir si l'acte était mauvais, a dit le juge Marchand. J'ordonne votre hospitalisation en attendant une audience devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ). Vous allez y séjourner jusqu'à ce qu'on statue sur votre avenir.»

Le TAQ décidera quelles mesures doivent être prises quant à l'état de santé de M. Boyd Dawe. Une chose est sûre, «il sera pris en charge», a déclaré son avocate, Me Danielle Dontigny. «L'article 16 (NDLR: non-responsabilité pour cause de troubles mentaux), ce n'est pas la liberté, loin de là.»

«Et il ne suffit pas d'avoir des comportements bizarres» pour obtenir ce verdict, a ajouté Me Dontigny. «Ça prend un ensemble de faits.»

Persécution

Depuis trois ans, l'accusé affichait un comportement de plus en plus bizarre. Il était convaincu d'être jalousé et espionné par les autres citoyens de sa municipalité, bien qu'il habitait une maison sans eau courante ni téléphone. Il regardait constamment par-dessus son épaule, se parlait à lui-même et se disait investi d'étranges missions. Il disait aussi pouvoir lire les pensées d'autrui.

Le jour du meurtre, M. Boyd Dawe s'est rendu sur l'heure du midi au restaurant Chez Loulou de Bromont, secteur Adamsville, où il s'est mis à parler seul d'une voix forte et à converser avec une photo de Barack Obama. Aux toilettes, il s'est aspergé de désinfectant. Son attitude a rendu les autres clients nerveux, et M. Pilote, 57 ans, a voulu s'interposer.

L'accusé a pris peur devant sa victime, son «air menaçant» et ses «yeux du diable». «Il était convaincu qu'il était envoyé pour le tuer», a dit le juge. Il l'a poignardée avec un couteau de 12 pouces qu'il portait sur lui. À l'arrivée des policiers, M. Boyd Dawe tenait encore son arme ensanglantée dans ses mains. Régis Pilote n'a pas survécu à ses blessures.

Congé

Bref, la preuve était si évidente que la Couronne, représentée par Me Karyne Goulet, n'a pas présenté de contre-expertise. «On respecte la décision du tribunal», a dit Me Goulet à sa sortie de la salle d'audience.

Vêtu d'un chandail rayé et d'un coupe-vent bleu et vert, M. Boyd Dawe est resté très calme tout au long de l'audience, qu'il a uniquement ponctuée d'un «bonjour, M. le juge!» au début et d'un «merci beaucoup, M. le juge!» à la fin.

La Dre Karine Forget, psychiatre légiste à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke, prévoit que l'accusé ne recevra pas son congé de l'hôpital avant au moins un an. Ses symptômes ont diminué depuis son arrestation. M. Boyd Dawe devra toutefois prendre des médicaments toute sa vie et son éventuel retour en société devra être «très progressif».

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