La crémation bio : une troisième voie qui semble bien reçue

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Une centaine de personnes a pu en apprendre davantage, hier, sur un nouveau procédé pour disposer des corps des défunts, soit la crémation bio par l'eau.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Après l'enterrement et la crémation par le feu, il y aura dans les prochains mois une troisième option pour disposer du corps d'un défunt. Le complexe funéraire LeSieur attend les permis pour commencer à offrir la crémation par l'eau.

«La maison LeSieur sera le premier crématorium bio au Québec, a annoncé devant une centaine de clients, hier, Éric LeSieur. Depuis le mois de janvier dernier, nous sommes en processus pour intégrer cette technologie-là ici. C'est une technologie qui existe en Europe, aux États-Unis, en Saskatchewan et en Ontario.»

Le complexe funéraire sera donc le premier à offrir le service d'hydrolyse alcaline à Granby et à être le premier distributeur de ce type d'équipements en province.

Le propriétaire a profité d'une journée de commémoration des défunts pour parler de la crémation bio, mais il a d'abord rappelé en quoi consiste le processus de crémation par le feu.

«Le corps est déposé soit dans le cercueil choisi ou dans le contenant de crémation. Le corps est déposé dans le four. Le feu réduit le corps en os. On dit des cendres, mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les os ne brûlent pas. Ce qu'on appelle des cendres, ce sont des os qui ont été mis dans une machine qui les a rendus en poussière. Les cendres, c'est de la poussière d'os. Cette technologie-là existe depuis le début du siècle.»

L'hydrolyse alcaline, un nouveau procédé, n'est pas en fait pas si nouveau, puisqu'il existe lui aussi depuis le début du 20e siècle. Il était alors utilisé pour disposer du corps des animaux. «Ça fait seulement quelques années qu'on l'utilise pour l'humain. Le corps est déposé dans un appareil qui se remplit d'eau. On remplace le feu par de l'eau», a-t-il expliqué. Une solution alcaline de potassium et de sodium est utilisée dans l'eau pour transformer le corps en simple squelette.

Les os seront aussi réduits en poussière après avoir été asséchés.

«Il n'y a personne qui bouille, dans cette machine-là, précise Éric LeSieur. L'eau est chaude, mais pas bouillante. C'est un procédé qui existe depuis plusieurs années et qui a fait ses preuves.»

Aucun acide n'est utilisé durant le processus. Ce dernier requiert le même temps qu'une crémation par le feu, soit de deux à trois heures, selon un site internet d'informations dédiées à la crémation bio (cela peut prendre jusqu'à 12 heures, selon d'autres sources consultées). Avec un enterrement commun, le temps que met un corps à devenir squelette est environ 25 ans.

Pas polluant

Et en quoi est-ce que le procédé l'hydrolyse alcaline est-il bio, contrairement à la crémation par le feu?

«Un four crématoire, lorsqu'on incinère quelqu'un, c'est comme prendre sa voiture, aller à Vancouver, et revenir. Beaucoup de pollution dans l'atmosphère, affirme M. LeSieur. Ce procédé à l'eau ne fait aucune pollution.»

Et qu'arrive-t-il avec l'eau?

«Vous vous direz que le corps retourne au système d'égout. Il y a des mauvaises langues qui ont commencé à interpréter ça. Vous ne boirez pas vos morts, souligne le propriétaire, parce que quand ça retourne aux égouts, l'eau ne retourne pas à votre robinet. Jamais!»

Moins dispendieux

Si l'équipement, sans l'installation, coûte environ 200 000$, les frais d'une crémation par l'eau sont moins élevés pour les familles qu'une crémation traditionnelle, puisqu'aucun gaz n'est nécessaire et que l'eau est pratiquement gratuite, mentionne Éric LeSieur, sans toutefois avancer de chiffres.

Alors que la location de cercueil n'était pas permise pour la crémation par le feu, elle le sera pour la crémation par l'eau, ce qui peut aider certaines familles qui vivent un deuil à hériter d'une moins grosse facture.

La nouvelle a été bien reçue, hier, tout comme elle l'a été dans les derniers mois. Selon «le sondage que nous avons fait auprès de nos familles depuis janvier, 95% auraient choisi l'eau si elles avaient eu le choix».

Le service d'hydrolyse alcaline est toujours à l'étape de projet. Une rencontre grand public et avec les médias sera organisée lorsque les permis gouvernementaux auront été accordés, conclut M. LeSieur.

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