Projets du camping Granby : Robert Vincent parle trop

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Le conseiller Robert Vincent a révélé par mégarde, lors de la dernière séance du conseil, des informations au sujet d'un projet du camping Granby qui devaient demeurer confidentielles jusqu'en janvier prochain.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le Camping Granby a de nouveau alimenté les discussions à la table du conseil municipal. Le conseiller Pierre Breton s'est élevé contre les projets de développement de l'entreprise après que son homologue, Robert Vincent, eut révélé par mégarde, lors de la dernière séance du conseil, des informations qui devaient demeurer confidentielles jusqu'en janvier prochain.

Robert Vincent s'est avancé sur le sujet, car un résidant du secteur s'enquérait des intentions du Camping, alors qu'une demande de changement de zonage visant à agrandir la zone commerciale à même une zone résidentielle était à l'étude, lundi soir. Visiblement, M. Vincent a mélangé ce dossier avec une autre demande du Camping, qui ne devait être traitée par les élus que le mois prochain.

Pierre Breton a cependant saisi la balle au bond pour annoncer que le propriétaire du Camping, Philippe Lussier, a adressé une demande d'usage conditionnel à la Ville afin d'utiliser 46 mètres de la bande tampon de 66 mètres, près de la rue Lemieux, afin d'y aménager des sites de camping. Une information qui a semé la consternation au sein du petit groupe de résidants du secteur, présents à la séance du conseil. Cette bande tampon a été au coeur d'une longue saga juridique, qui a mené Philippe Lussier jusqu'à la Cour suprême.

Décision du conseil

Il y a deux ans, la Ville a multiplié les démarches pour obliger le proprio du Camping à remettre à l'état naturel cette bande tampon, où il y avait des sites de camping. «Elle était opérée illégalement. Ça a été remis en état. Mais ce qui a été décrété par le juge (de la Cour supérieure en 2009), c'est que la bande tampon est sujette à des usages conditionnels. Pour qu'il y ait des activités, le propriétaire doit obtenir une décision du conseil. Ce n'est pas une bande tampon où il n'y aurait aucune activité», a dit hier le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

Le sujet reviendra donc à la table du conseil municipal au début de l'année. Philippe Lussier a dit hier avoir élaboré son projet avec un biologiste. «On a déjà utilisé cette partie-là comme camping de 2004 à 2012. Ça a bien fonctionné et on n'a jamais eu de plainte de bruit. On essaie de dire qu'on est des gros délinquants», déplore M. Lussier.

Conseiller municipal du district, Pierre Breton affirme cependant qu'au contraire, le Camping est à l'origine de plusieurs plaintes des résidants des rues environnantes, pour la fumée et la perte de quiétude. Il craint que «d'une simple résolution du conseil, le jugement (de la Cour) et les droits des citoyens» soient balayés.

Le maire Pascal Bonin a préféré réserver ses commentaires sur ce projet du Camping hier. «Le dossier n'a pas été exposé comme il faut. Il n'y a que des bribes qui sont sorties. Je préfère attendre que le dossier soit présenté au complet», a-t-il dit.

Contestation

Les citoyens du secteur n'auront pas le pouvoir de bloquer le projet par la signature d'un registre et d'un référendum pour la demande d'usage conditionnel. Mais ils pourront faire entendre leurs doléances au conseil municipal lors de l'assemblée publique de consultation qui accompagne la demande. La date de cette assemblée sera connue le 16 janvier alors qu'un affichage sera effectué au Camping.

Il en va toutefois autrement pour la demande du Camping afin d'agrandir la zone commerciale à même la zone résidentielle. Une démarche qui ne vise qu'à régulariser la situation, affirme Philippe Lussier. Un avis public sera publié le 7 janvier. Les citoyens du secteur disposeront alors de huit jours pour signer un registre à l'hôtel de ville, a expliqué la directrice des services juridiques, Catherine Bouchard. Un référendum pourrait par la suite être tenu.

Les conseillers Pierre Breton, Jean-Luc Nappert et Michel Mailhot ont voté contre le changement de zonage demandé, notamment parce que la superficie visée par le changement a augmenté en cours de route, sur approbation du service d'urbanisme. «C'est clair qu'on ne peut pas accepter ça. Les citoyens vivent déjà des désagréments. Leur quiétude va être affectée», estime Pierre Breton.

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