«Je regrette profondément» - Sarah Cousineau Denis

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«Ça m'arrache le coeur de penser que vous souffrez tous à cause de moi», a déclaré Sarah Cousineau Denis par le biais de son avocat.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Discrète, Sarah Cousineau Denis n'a pas témoigné lors des plaidoiries sur sa peine, hier, et a pris grand soin d'éviter les caméras des journalistes.

Elle s'est toutefois exprimée par le biais de son avocat, Me Pierre Poupart, sur les émotions qui l'habitent depuis le 12 novembre 2012. Ce jour-là, la jeune femme de 18 ans de Lac-Brome conduisait sa Mercedes à tombeau ouvert avec deux amies à bord.

Un dérapage chemin Bondville, en début d'après-midi, a été fatal à Natasha Lavigne et Alexandra Laliberté, qui étaient âgées de 18 et 19 ans. Mme Cousineau Denis s'en est tirée avec plusieurs blessures et, selon sa lettre lue en cour, de profonds regrets.

«Ça m'arrache le coeur de penser que vous souffrez tous à cause de moi, a-t-elle écrit à l'intention des proches des victimes. Je regrette profondément et je suis incapable de me pardonner. J'espère que quand je serai en prison, ça va vous soulager.»

Mme Cousineau Denis a précisé ne pas avoir de souvenirs des moments précédant l'événement. «Il faisait beau, on riait, c'est tout ce dont je me souviens. Je ne sais pas pourquoi j'ai perdu le contrôle ce jour-là.» Elle dit aujourd'hui assumer entièrement la responsabilité de ses actes. «C'est moi qui conduisais, si Natasha et Alexandra sont décédées, c'est de ma faute.»

Doute

La Couronne, représentée par Me Geneviève Cardin, n'est pas convaincue du repentir de Mme Cousineau Denis, bien que celle-ci ait plaidé coupable le 2 juin dernier. Ses excuses sont «timides» et un rapport psychologique a démontré qu'elle mettait sa responsabilité en doute.

L'accusée, a dit le ministère public devant une salle bondée, a «une capacité d'introspection limitée». Citant une jurisprudence, Me Cardin a ajouté que «la jeunesse ne saurait justifier tout comportement». «Ce qui doit être puni, c'est la témérité, l'insouciance. Il doit y avoir une dénonciation et une dissuasion adéquate.»

Soulignant les victimes, la gravité du délit, le fléau de la conduite dangereuse chez les jeunes et le fait que la voiture ait capoté à 105 km/h dans une zone de 50 km/h, la Couronne demande une peine de prison «de plus de deux ans» assortie d'une interdiction de conduire de cinq ans.

Deuil

À la défense, Me Pierre Poupart croit au contraire que sa cliente manifeste beaucoup de regrets et ne nie pas sa responsabilité. La Bromoise vivra elle aussi «avec un deuil pathologique jusqu'à sa mort, un stigmate qui ne s'éteindra jamais», a-t-il dit. «Elle n'est pas morte, mais une partie d'elle est morte.»

Depuis l'accident, Mme Cousineau Denis souffre d'une profonde dépression, prend des médicaments et doit encore subir des interventions chirurgicales. «Malgré ses souffrances, elle se dit prête à assumer la sentence», a dit Me Poupart.

Une sentence ne devrait pas être une vengeance, a dit l'avocat. En tous les cas, cela n'apportera pas de soulagement aux familles des victimes. «Ça n'engendrera que d'autres tragédies. La réhabilitation doit l'emporter sur la dénonciation.»

Puisque la loi ne permet pas la prison à domicile pour ce type d'infraction, Me Poupart a suggéré «un certain nombre de mois» d'incarcération suivis d'une probation où il y aura assignation à résidence et des travaux communautaires. Comme Mme Cousineau Denis est une cavalière, il a proposé des leçons équestres auprès d'enfants handicapés.

«Ce serait une manière de redonner à la communauté», a-t-il dit.

Le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, doit rendre sa sentence le 4 février.

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