«Au salaire minimum, on reste vulnérable»

Le salaire horaire des employés à pourboire augmentera... (photo archives La Voix de l'Est)

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Le salaire horaire des employés à pourboire augmentera également. Il grimpera à 9,05 $, une hausse de 15 cents.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le salaire minimum augmentera de 1,93 % le 1er mai 2015, suivant de près l'inflation de 2014, la surpassant même de 0,1 %. Une augmentation qui aura toutefois peu d'impact dans le budget des salariés.

Le Zoo de Granby est un des grands employeurs d'étudiants de la région. En été, ils sont près de 450 à y travailler. Plusieurs travaillent au salaire minimum, d'autres ont droit à une augmentation par année d'expérience.

«C'est sûr que ça a une répercussion, commente Laurent Guilbault, directeur des ressources humaines du zoo. Quelqu'un qui commence sa cinquième année, on se dit la base du salaire minimum et on prévoit une augmentation. Tous nos jeunes vont augmenter de 20 sous leur salaire.»

Par contre, l'administration n'est pas prise par surprise quand le salaire minimum est rehaussé. «Habituellement, quand on prépare nos budgets, on ne sait pas d'avance l'augmentation. On prévoit toujours plus que moins. On va prévoir 25 sous dans notre budget et ça ne nous prend pas de court.» Avec 450  employés, le montant annuel que le zoo prévoit tourne autour de 45 000$ à 50 000$.

«Pour nous, ce n'est pas une mauvaise nouvelle, dans le sens que c'est sûr qu'au Québec le salaire minimum a tellement été bas dans le passé qu'il y a du rattrapage à faire. On veut du personnel qui est capable de parler à notre clientèle, ça serait peut-être plus difficile si le salaire minimum était à 8,50$. C'est tout à fait légitime pour les jeunes de profiter de ça.»

Manque à gagner

Roger Lafrance ne le cache pas. L'augmentation n'est pas suffisante, clame le coordonnateur de l'ACEF Montérégie-Est. «J'ai fait le calcul sur une semaine de 35h, on parle de 7$ de plus, brut. C'est peut-être deux pains... ou deux laits. C'est sûr que c'est mieux que rien.»

Est-ce que c'est une augmentation de 1,93 % qui va changer le budget des travailleurs?

«La réponse est non. C'est toujours la problématique du salaire minimum. T'as de plus en plus de gens au salaire minimum qui se retrouvent aux banques alimentaires.»

Depuis les cinq dernières années, les interventions changent à l'ACEF. Auparavant, 35 % des gens qui venaient consulter les intervenants étaient des travailleurs, 35 % recevaient de l'aide sociale. Aujourd'hui, c'est plutôt 40 % de travailleurs pour moins de 30 % de personnes sur l'aide sociale.

Le visage de la pauvreté change, comme l'indique le slogan de la 14e Grande Guignolée des médias. «D'autant plus que la hausse du coût de la vie augmente, reprend M. Lafrance. On ne peut pas juste calculer l'inflation. Si je regarde tout ce que le gouvernement de M.  Couillard a annoncé depuis cinq mois, c'est clair que ça ne suffit pas. La hausse du coût de l'électricité est de 4,5 % et une autre est prévue l'année prochaine.»

Et ce n'est qu'un exemple, dit-il. «Avec l'ensemble des besoins qu'on a, entre autres les télécommunications, les loyers, au salaire minimum, tu survis. Faut pas qu'il arrive un pépin. Un problème avec l'auto, t'es faite. Au salaire minimum, on reste vulnérable.»

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