Défi - Granby cesse de fumer : un outil pour prendre sa santé en main

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Le Dr Patrick Laplante est l'initiateur du Défi - Granby cesse de fumer.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que le taux de tabagisme stagne à près de 20 % au Québec depuis les huit dernières années, l'équipe du Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Yamaska (CSSSHY) a décidé de faire bouger les choses. Afin de créer un effet d'entraînement, le Défi - Granby cesse de fumer a donc été lancé, hier. Le programme visant à épauler les fumeurs prendra son envol le 18 janvier.

«C'est fini. J'écrase pour de bon!» Voilà quelques mots qui sonnent comme de la musique aux oreilles du Dr Patrick Laplante, l'initiateur du projet. Ce dernier a eu l'idée de se coller à la campagne de sensibilisation provinciale, La semaine pour un Québec sans tabac, qui se déroule du 18 au 24 janvier. Question de prendre une longueur d'avance et de faire les choses de façon distincte, le travail de recrutement des participants dans la région commencera donc en amont.

Selon le médecin de famille, l'urgence d'agir est sans équivoque, car à elle seule, Granby et les municipalités avoisinantes comptent quelque 22 000 fumeurs. «Le nombre de patients fumeurs ici a un impact direct sur ce qui se passe dans l'hôpital parce qu'ils auront potentiellement besoin de soins un jour. Il n'y a pas si longtemps, la fumée était dérangeante. Maintenant, ça nous inquiète», a-t-il indiqué, mentionnant au passage quelques statistiques plutôt éloquentes. «Les études ont démontré que le tabagisme a un impact majeur sur la vie des patients. Chez ceux qui décident de fumer durant toute leur existence, c'est dix ans d'espérance de vie perdue. Et si quelqu'un arrête avant 35 ans, il ne perd rien. C'est majeur! L'objectif est de s'organiser pour que dans dix ans, il y ait 10 % de fumeurs. C'est un gros défi. Mais si je suis là, c'est parce que j'y crois.»

Accessibilité

Le Dr Laplante et les gens qui chapeautent le projet ont misé sur la simplicité et l'accessibilité pour assurer le succès de l'initiative, qui cible les personnes de 16 ans et plus. Ainsi, la première étape est de remplir un formulaire. Les questionnaires sont disponibles auprès des Groupes de médecine familiale (GMF), du CLSC ou de la Fondation du Centre hospitalier de Granby (CHG). Les adhérents au programme devront débourser 20$. La totalité des frais d'inscription sera versée à la Fondation du CHG. «Ça représente l'équivalent de deux paquets de cigarettes. Ça ne devrait pas être un frein. Au contraire, c'est davantage une façon de démontrer sa motivation», a fait valoir l'omnipraticien.

Le but est de former un groupe dont les membres vont tous écraser leur dernière cigarette en même temps, le 18 janvier. «Arrêter quelqu'un de fumer, c'est un tour du chapeau pour moi, a illustré Patrick Laplante. Il n'y a rien qui a plus d'impact pour la santé des gens. D'un autre côté, on est conscients que pour plusieurs, c'est le combat d'une vie. D'où l'importance de bien les encadrer.» «Un fumeur sur cinq doit faire quatre tentatives pour cesser. C'est pour ça que nous allons déployer beaucoup d'efforts pour les aider à se débarrasser de cette habitude», a poursuivi la directrice des soins infirmiers et des programmes de santé publique au CSSSHY, Nancy Beaulieu.

Ainsi, les participants seront conviés à une première rencontre, le 7 janvier, où toutes les options qui s'offrent à eux pour dire au revoir au tabagisme seront vulgarisées. De plus, une page Facebook dédiée au Défi - Granby cesse de fumer permettra aux adhérents de pouvoir interagir avec des gens du CSSS ou entre eux. Ils pourront également le faire par courriel en tout temps. «Nous misons beaucoup sur l'accompagnement virtuel», a mentionné le directeur des communications au CSSSHY, Denis Dubé.

Les jeunes

L'utilisation de produits du tabac chez les adolescents est très préoccupante. Cette clientèle sera d'ailleurs suivie de près dans le cadre du Défi. «Fumer, c'est de moins en moins bien vu dans la population. Mais dans un groupe d'appartenance, notamment chez les jeunes, ça peut l'être. Il suffit de passer devant une école secondaire pour le constater», a noté le Dr Laplante.

Le médecin a aussi souligné que de plus en plus de femmes commencent à fumer. «Il y a encore une grande proportion de fumeurs chez les hommes, mais le tabagisme attire plus de femmes. Elles le font principalement dans le but de perdre du poids. C'est une problématique à laquelle on devra porter une attention particulière au cours des années à venir.»

La cigarette électronique, qui a la cote chez les jeunes, demeure dans le collimateur des spécialistes en santé publique, qui la mettent sur le même pied d'égalité que les produits du tabac traditionnels. «Vapoter, ce n'est pas sans risque, a affirmé l'omnipraticien. Mais on n'a pas encore assez de recul pour évaluer concrètement les effets pour la santé. Si les gens s'en servent pour arrêter de fumer, tant mieux, mais c'est évident que nous n'en ferons pas la promotion.»

 

Pour de plus amples renseignements à propos du Défi - Granby cesse de fumer, contacter Chantale Roy, infirmière clinicienne au CSSSHY, au 450-375-8000 poste 6161.

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