• La Voix de l'Est > 
  • Actualités 
  • > Leur fille parmi les victimes de Marc Lépine: «On a appris à vivre avec le décès d'Annie» 

Leur fille parmi les victimes de Marc Lépine: «On a appris à vivre avec le décès d'Annie»

René Turcotte et Carmen Pépin ont appris à... (photo Karine Blanchard)

Agrandir

René Turcotte et Carmen Pépin ont appris à vivre avec le décès de leur fille Annie, qui est tombée sous les balles de Marc Lépine, l'auteur de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal.

photo Karine Blanchard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Chambly) Un grand ruban blanc orne la porte d'entrée de la résidence des parents d'Annie Turcotte, l'une des 14 victimes de l'École polytechnique de Montréal. Le couple porte sur leur coeur le même ruban, symbole de mobilisation pour mettre fin à la violence faite aux femmes. Installés au salon de leur résidence, René Trucotte et Carmen Pépin partagent les beaux souvenirs de leur fille disparue trop tôt.

Ils racontent en rigolant cette fois où leur fille a elle-même changé le réservoir à essence de sa voiture. Tous ces moments où elle a appris à nager aux enfants qui séjournaient à l'hôtel qu'ils possédaient jadis à Granby. Sans oublier les innombrables occasions où elle a sauvé l'un de ses frères de contraventions pour avoir mal garé la voiture.

«C'est tous de bons souvenirs que nous avons d'elle», confie le père. «J'ai eu un très beau cadeau. Un ange a passé 20 ans dans nos vies», poursuit du même souffle la mère.

Les parents d'Annie Turcotte, qui étudiait en génie des matériaux, vivent quotidiennement avec la peine d'avoir perdu l'un de leurs trois enfants. La première année suivant son décès a été la plus difficile. «On était là physiquement et c'est tout», dit M. Turcotte. «La souffrance était terrible», renchérit son épouse.

Chaque année, ils participent aux commémorations marquant ce jour noir qui a changé leur vie à jamais. Non pas pour ne pas oublier, mais plutôt pour que les autres se souviennent. «Je n'ai pas besoin de me rappeler, confie la mère de famille. C'est présent au quotidien. Nous, on y pense tous les jours. On a appris à vivre avec le décès d'Annie.»

Compassion sans frontière

La tuerie a ébranlé le pays en entier. Des gens des quatre coins du globe ont aussi offert leurs sympathies aux familles des 14 femmes qui ont été assassinées.

Un acre de terre en Amazonie porte le nom des victimes de l'École polytechnique de Montréal. Dans un parc à Vancouver, elles ont toutes un banc à leur nom. Sans oublier La place du 6 décembre à Montréal, où se déroulent les commémorations chaque année.

«Ça immortalise nos filles, souligne M. Turcotte. Ça montre aussi que nous ne sommes pas les seuls à déplorer la violence faite aux femmes.» Les commémorations sont d'ailleurs une occasion de rappeler que cette violence existe encore, affirme le couple.

Vivre sa vie

Les parents d'Annie Turcotte refusent de cultiver la colère et la peine d'avoir perdu leur enfant qui leur a été arraché par le tueur Marc Lépine, et ce, même s'il n'est pas question de pardon. «Qu'il soit venu nous enlever notre fille, je ne suis pas prêt à pardonner, dit M. Turcotte. Mais qu'il soit décédé a diminué notre colère.»

«Sur le coup, il n'existait même pas, confie Mme Pépin. Ça a pris cinq ans avant que je me révolte qu'il soit venu tout changer dans nos vies.»

Le couple ne tient pas pour responsable la mère du tueur pour qui il a beaucoup de compassion. «C'est une femme très forte. Ces évènements-là ne venaient pas d'elle, dit Mme Pépin. On aime mieux être la mère d'Annie que la mère de Marc Lépine.»

Carmen Pépin et René Turcotte nourrissent aujourd'hui les souvenirs de leur fille et préservent sa mémoire en pensant à ce qu'elle serait devenue. «J'aurais tellement aimé voir comment elle serait aujourd'hui. Elle aurait sûrement des enfants», dit M. Turcotte en souriant.

«Elle ne serait pas contente de nous voir nous replier sur nous-mêmes. Annie nous dirait "vous avez la vie, vivez là." C'est ce qu'on essaie de faire», conclut la mère de famille.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer