La bonne étoile de Pierre-Alex Bonin

Pierre-Alex Bonin était étudiant en génie civil à... (photo Alain Dion)

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Pierre-Alex Bonin était étudiant en génie civil à l'École polytechnique de Montréal lors de la tuerie du 6 décembre 1989. Ce jour-là, sa bonne étoile a brillé pour lui. Dix minutes avant le carnage, il a quitté l'école pour payer une contravention.

photo Alain Dion

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) «J'ai eu une bonne étoile ce jour-là. On appelle ça un coup de chance.»

Pierre-Alex Bonin est passé à un cheveu d'être témoin de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Étudiant en génie civil, il était présent à sa dernière journée de cours avant la période des examens. «J'étais là avec les membres du comité qui organisait la graduation. On jouait aux cartes», raconte le Granbyen.

Ce jour-là, une contravention de stationnement lui a sauvé la vie, ou à tout le moins d'assister à la tuerie. «Je suis parti 10 minutes avant que ça arrive pour payer mon ticket, se rappelle-t-il. Je l'ai (Marc Lépine) peut-être même croisé dans les escaliers en sortant.»

Le tueur a ensuite ouvert le feu, tuant froidement 14 femmes. Des amis de Pierre-Alex Bonin, avec qui il était quelques minutes plus tôt, étaient présents à ce moment-là et ont assisté à toute la scène. «Ils se sont réfugiés dans le local étudiant où il a tiré à travers la porte», raconte-t-il.

De retour chez lui, non loin de l'école, il entendait les sirènes des ambulances sans trop se questionner. «À Montréal, on est habitués. On ne s'en fait pas lorsqu'on les entend», dit-il.

C'est plus tard qu'il a appris la tragédie. «Je l'ai su quand ma mère, qui était inquiète, m'a appelé chez moi», se souvient-il.

Les appels téléphoniques se sont multipliés pour s'assurer que tous ses amis étaient sains et saufs, ce qui était le cas. «C'était l'inquiétude qui nous rongeait. On ne savait pas ce qui se passait, sur qui il tirait, comment allaient nos amis» dit M. Bonin, qui connaissait l'une des victimes.

Même s'il n'était pas présent au moment de la tuerie, le retour en classes en janvier a été pénible, se rappelle l'ingénieur. «Ouf... je me souviens avoir accompagné mes deux amis et c'était très difficile. L'atmosphère était très morose. Il y avait beaucoup d'interrogations.»

Pierre-Alex Bonin essaie d'oublier ces tristes événements. Il avoue ne pas avoir visionné le film Polytechnique. Il n'a pas l'intention de le faire non plus. Le Granbyen n'assiste pas non plus aux commémorations. «Je suis triste, mais j'essaie de tourner la page. Je ne veux pas me rappeler des souvenirs malheureux», confie-t-il.

Ses amis qui ont survécu à cet enfer ne reviennent jamais sur les événements eux non plus. C'est d'ailleurs la première fois que Pierre-Alex Bonin en parle publiquement. «On n'oublie pas, mais il faut continuer à avancer. On est capables de passer à travers les pires inquiétudes, les pires tragédies», dit-il.

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