Réforme des services de garde : des projets de CPE menacés

La directrice du CPE Rayons de soleil, Josée... (photo Janick Marois)

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La directrice du CPE Rayons de soleil, Josée Charette.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Une surprise de taille attendait Josée Charette et Nathalie Lavallée cette semaine. Les deux directrices de CPE pourraient voir leurs projets respectifs de garderies menacés par les restrictions prévues par le gouvernement libéral dans l'univers de la petite enfance.

On apprenait que les CPE devraient désormais contribuer aux coûts d'immobilisation des projets en cours. Le Programme de financement des infrastructures des CPE exigerait une mise de fonds de 50 % ou inciterait les CPE à louer des installations plutôt que d'en être propriétaires.

Chez ceux dont les projets sont déjà amorcés, la donne pourrait donc changer du tout au tout. Pour Josée Charette, par exemple, l'heure est aux questionnements. Le CPE Rayons de soleil de Roxton Pond, qu'elle dirige, mène un projet de construction d'un nouveau centre de la petite enfance à Sainte-Cécile-de-Milton. «En tout, c'est un projet de 1,4 million $. Ça voudrait dire qu'il faut aller chercher 700 000 $ de mise de fonds... C'est difficile», lance-t-elle avec inquiétude. À ce jour, beaucoup d'argent a déjà été dépensé dans ce projet, dit-elle, soit environ 130 000 $ pour acheter la moitié du lot, pour creuser un puits et pour payer les honoraires professionnels, notamment.

Selon elle, tout cet argent pourrait avoir été investi pour rien si le projet tombe à l'eau, faute de trouver les 700 000 $ nécessaires. «On est en attente de voir ce qui va se passer. On nous dit qu'il ne faut pas paniquer. Les institutions financières pourraient peut-être prêter ces sommes.Mais des projets sont en péril dans cette histoire. Et des millions de dollars vont être gaspillés», déplore Josée Charette.

Nathalie Lavallée du CPE Nez à Nez vit une situation similaire. Le centre a dans ses cartons un projet novateur de CPE à Granby. Prévue dans la rue Le Corbusier, la garderie de 66 places serait jumelée à un immeuble de 24 logements sociaux pour permettre le retour aux études des ménages à faibles revenus.

Évalué à près de 1,5 million $, le projet de garderie exigerait une mise de fonds de plus de 700 000 $ de Nez à Nez. «C'est la catastrophe pour nous. Ce projet ne se réalisera pas si on doit injecter 700 000 $.»

Mme Lavallée rappelle que depuis 2012, le ministère de la Famille a déjà récupéré 1 million $ de surplus dans les coffres de son CPE. «Ça peut sembler beaucoup d'argent, mais on a plus de 25 ans d'existence...», justifie la gestionnaire.

Heureusement, le projet Logis-Étude n'est pas très avancé. «C'est complexe d'arrimer des logements et un CPE et d'aller à la même vitesse. Il y a eu beaucoup de retards dans ce dossier. On a dû refaire les plans au complet et on attend des nouvelles», explique Mme Lavallée.

Malgré cela, près de 100 000 $ ont déjà été payés ou avancés pour les étapes préliminaires. Cette somme sera-t-elle perdue si le CPE ne voit jamais le jour? C'est ce que la dame se demande. Petite lueur d'espoir: le ministère de la Famille lui demande de lui fournir un document contenant les montants engagés et la liste des partenaires du projet. «Peut-être sont-ils en train de réfléchir...», espère-t-elle à voix haute.

L'OMH directement touché

Les intentions du gouvernement pourraient avoir des répercussions sur l'Office municipal d'habitation de Granby, qui pilote le volet logement du projet Logis-Étude. La directrice générale de l'organisme, Sylvie Lafontaine, prend tout cela très au sérieux. «Les délais dans ce projet ont été longs, mais on est à la porte de la construction du 24 logements, on est dans le sprint final et tout à coup, les exigences changent à un point tel que ça repousse une fois de plus les délais», expose-t-elle.

Elle va plus loin : «Quand un ministère accepte un projet - et on a un très beau projet -, ça n'a pas de sens qu'il se désengage. On est trop avancés dans le processus pour reculer. J'espère que le ministère va le réaliser.»

Selon l'OMH, 369 700 $ ont été engagés dans le projet jusqu'à maintenant, dont près de 107 000 $ ont déjà été payés. «On pourrait bâtir l'immeuble quand même, mais ce ne sera plus le même projet. Tout cela s'effrite», affirme Mme Lafontaine.

 

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