Fermeture du pont du 10e rang à Saint-Valérien : «On se sent pris en otages»

La fermeture pour une durée indéterminée du pont... (Photo Alain Dion)

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La fermeture pour une durée indéterminée du pont du 10e Rang, qui enjambe la rivière Noire dans le secteur de Saint-Valérien-de-Milton, soulève la grogne chez plusieurs citoyens du voisinage.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Saint-Valérien-de-Milton) Depuis des années, des usagers de la route qui circulent dans le 10e Rang à Saint-Valérien-de-Milton doivent emprunter le pont en décrépitude qui enjambe la rivière Noire. Or, la structure vient d'être barrée par le ministère des Transports du Québec (MTQ), lundi, en raison de sa vétusté. Non seulement des citoyens du secteur se sentent pris en otages, mais ils devront ronger leur frein avant de voir la lumière au bout du tunnel, car cette fermeture s'échelonnera sur une période indéterminée.

Il suffit de faire quelques pas sur le tablier de bois du pont pour prendre la mesure de sa désuétude. En de nombreux endroits, le bois est si rongé que l'on aperçoit les remous du cours d'eau à travers les madriers. «Cette intervention se veut une mesure préventive, mais est nécessaire afin d'assurer la sécurité des usagers de la route ainsi que celle de l'infrastructure routière. Cette fermeture est d'une durée indéterminée», a indiqué la direction de l'Est-de-la-Montérégie du MTQ à La Voix de l'Est par voie de communiqué. Ainsi, le chemin de contournement se fait par le biais du Petit 10e rang, le chemin de Saint-Dominique puis la route 211 (rang d'Upton). Il n'a pas été possible d'obtenir plus de précisions de la part du Ministère à propos du dossier, hier.

Des résidants du secteur ont par ailleurs poussé un soupir de soulagement en voyant débarquer d'énormes blocs de béton aux deux extrémités de la structure pour en interdire l'accès. C'est le cas de Dominique Bonin, qui demeure à un jet de pierre de l'ouvrage. «Tout le monde qui demeure dans le coin sait que le pont n'est vraiment pas en bon état. D'ailleurs, il aurait dû être fermé bien avant, a-t-elle insisté. C'est simple, moi et mon conjoint, on se demandait toujours si on verrait tomber quelqu'un ou une auto live quand les planches du pont lâcheraient.»

Nombreux désagréments

Comme la jeune femme exploite une garderie en milieu familial, les désagréments sont nombreux pour sa clientèle, qui doit faire un détour de quelques kilomètres matin et soir pour y déposer ses enfants avant d'aller au boulot. «Si c'était une situation temporaire, ce ne serait pas si grave. Mais dans le cas présent, on ne sait absolument pas à quoi s'attendre pour une date, ni même si le pont sera reconstruit», déplore-t-elle, ajoutant que le fait que plusieurs poids lourds et machineries de ferme aient fait fi de l'interdiction d'emprunter le pont «a largement contribué» à sa dégradation.

Une opinion que partage Sylvie Bérard, une voisine. «Ça fait au moins trois ans que les inspecteurs (du MTQ) nous ont dit que le pont allait être fermé. Il y a tellement de gens qui ne respectent pas la réglementation (de poids). Maintenant, on voit les conséquences, a-t-elle clamé. Et c'est nous qui devrons vivre avec ça.»

Les propos de Jenny Nicholson sont plus incisifs. «Il était temps qu'ils ferment le pont. On passait par là souvent plusieurs fois par jour. C'est évident que le pont était dangereux. Par chance, il n'est jamais rien arrivé. On a reçu un communiqué la semaine dernière pour nous avertir que le pont serait fermé. Mais là, qu'est-ce que le Ministère va faire? On se sent pris en otages là-dedans!», a-t-elle lancé.

Idem pour Josée Beaulieu, qui estime que «le dossier a été très mal géré» par le MTQ. «Les inspecteurs viennent sur le pont très régulièrement. Qu'il soit dangereux, ce n'est pas une surprise. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d'agir? Surtout pour nous avertir qu'il allait être fermé. Pas fort!», a-t-elle déploré.

Pour la mère de famille qui doit fréquemment emprunter le pont pour se rendre à Saint-Valérien-de-Milton, cette mauvaise nouvelle n'était pas sans amener son lot de problèmes logistiques. «Mon déneigeur est de l'autre côté de la rivière. C'est clair qu'il ne fera pas le détour pour venir chez nous. À ce temps-ci de l'année, pas facile d'en trouver un autre avec si peu de délais. Je ne suis vraiment pas contente. Il faut penser aux répercussions des fois avant d'agir. Mais réfléchir, ce n'est pas toujours évident pour les gens du gouvernement.»

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