Visite au royaume de l'Inox : une unité à 2,4 M$

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Au terme de six mois de travaux, la toute nouvelle Unité de retraitement des dispositifs médicaux (URDM) de l'hôpital de Granby a repris du service. Le CSSS de la Haute-Yamaska a investi 2,4 M$ pour en arriver à une unité à la fine pointe de technologie comme on en voit peu au Québec. Les médias ont eu un accès privilégié aux locaux où les outils médicaux sont nettoyés, désinfectés et stérilisés.

N'entre pas qui veut dans cet endroit où l'inox est roi. Pantoufles de tissu bleu recouvrant les chaussures, vêtements cachés sous une jaquette, d'un jaune qui ne donne un air de santé à personne, ou sous un habit bleu, et filet sur les cheveux, les représentants des médias étaient fin prêts à franchir les portes d'un lieu d'une propreté sans nom.

Huit à dix mille dispositifs médicaux y sont traités mensuellement. Son principal client est le bloc opératoire. Les préposés rapportent à l'URDM les équipements ayant servi pour un patient. Ils font rouler le chariot par une toute petite porte s'ouvrant au moyen d'une carte magnétique.

Le souillé

Dans une première pièce, les instruments sont nettoyés selon les instructions du fabricant et leur complexité, après avoir été préparés. Ils peuvent faire un tour dans l'un des deux appareils de nettoyage à ultrasons ou dans l'un des deux laveurs-désinfecteurs qui ressemblent à des lave-vaisselles vitrés. Certains dispositifs sont nettoyés à la main. Ils rencontrent alors trois lavabos dont les eaux sont différentes et n'ont pas les mêmes fonctions.

Pour certains outils et surtout les chariots en inox, il y a le lave-chariot, dont seulement cinq établissements au Québec sont dotés. «Les médecins s'en servent comme table en chirurgie, donc il faut que ça soit nettoyé, explique la chef de l'unité, Eliane Ceschin. Avant, on n'avait pas ça, il fallait que ce soit nettoyé à la main.»

Le propre

La visite se poursuit dans l'autre salle. La délégation doit alors reprendre le couloir, changer de pantoufles et entrer par une nouvelle porte. Elle se retrouve alors dans la section du propre.

Les instruments nettoyés ont été placés soit dans des compartiments fermés ou dans des laveurs que peuvent ouvrir les membres de la deuxième équipe, une fois le processus terminé. Cette équipe est répartie dans quatre secteurs de travail. Elle décharge les laveurs ou les compartiments et entame l'assemblage des plateaux.

Ces derniers sont en réalité des petits coffres montés selon un plan préétabli selon les besoins. Un médecin qui a besoin de faire une chirurgie au thorax d'un patient pourra obtenir un chariot dans lequel se trouve tout l'équipement nécessaire, incluant le plateau - scellé - dans lequel se trouvent les outils. Si le sceau est brisé, le médecin n'utilisera pas ce plateau. S'ils sont rares à posséder un lave-chariot, les centres hospitaliers sont encore moins nombreux à avoir un système de chariots comme celui mis en place à Granby.

Lorsque les plateaux sont terminés et scellés, ils sont envoyés dans l'un des deux stérilisateurs. La vapeur entre alors en jeu, achevant le passage des dispositifs dans l'unité. Ils sont finalement entreposés dans une salle stérile en attente d'un nouveau patient.

Système de traçabilité

Dès leur entrée dans l'unité, les outils sont scannés grâce à un microcode. Les employés voient alors pour quel patient ils ont servi, l'état de santé de ce dernier et si l'instrument nécessite un traitement particulier. S'affichent également, sur l'ordinateur, une photo de l'objet et une alerte s'il doit être démonté. Il s'agit du système de traçabilité.

Au bout de la chaîne, un plan du plateau est à l'écran et chaque dispositif est scanné afin que le tout se fasse dans les normes. Auparavant, le plan était imprimé et laissait place aux oublis.

Une employée a été affectée à la tâche de l'informatisation du système pendant un an. «Ç'a été beaucoup de travail, mais tout est rentré, souligne Eliane Ceschin. C'est du beau travail, ça aide beaucoup, ça évite les erreurs et les oublis.»

Avant la revitalisation de l'unité, ce système était amorcé, mais il atteint son plein rendement depuis l'ouverture des nouveaux locaux, il y a trois semaines. «Ce qu'on avait en tête s'est réalisé aujourd'hui et c'est vraiment un niveau de sécurité optimal, commente le directeur général intérimaire du CSSSHY, Rémi Brassard. Faites juste regarder le stainless qu'il y a ici. Ça aussi c'est assez exceptionnel de voir ça parce que c'est, encore là, les plus hautes normes de prévention des infections.»

De désuet à la fine pointe

Il y a à peine six mois, l'unité pour la stérilisation était munie d'armoires et de comptoirs tels qu'on en voit dans une cuisine normale. Il ne reste plus grand-chose des anciens matériels. Même le plancher et les tuiles du plafond ont été changés.

«On est dans un environnement qui évolue constamment, évoque M. Brassard. L'environnement physique ne répondait plus à certaines normes.»

En plus d'augmenter la sécurité pour les patients, celle des employés s'en trouve accrue. «On a travaillé avec des experts au niveau de l'ergonomie, remarque-t-il. Les gens travaillent maintenant dans un environnement qui est adapté, sécuritaire. C'est un enjeu pour notre organisation parce que recruter des gens, c'est une chose, mais les maintenir à l'emploi, c'en est une autre. On est très fiers de pouvoir dire que nos gens qu'on forme ici vont pouvoir rester.» La lumière est meilleure et les tables de travail s'ajustent en fonction de la grandeur de l'employé.

L'échéancier et l'enveloppe budgétaire ont été respectés. Et pendant ces six mois de travaux, les employés travaillaient la plupart du temps dans une installation temporaire ou dans celle d'un autre CSSS. «Ç'a été tout un tour de force. Nos employés ont travaillé dans un environnement et des conditions qui étaient dignes de mention. Ça leur a demandé beaucoup de souplesse et d'ajustements.»

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