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Vente de gaz de l'usine de biométhanisation : Saint-Hyacinthe engrangera des revenus annuels de 6 M $

Les matières organiques seront transformées dans des biodigesteurs... (Photos alain Dion)

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Les matières organiques seront transformées dans des biodigesteurs de l'usine de biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe, dans un environnement sans oxygène, ce qui créera du gaz méthane. Du terreau sera aussi produit pour les besoins de la Ville dans ses parcs et jardins ainsi que du fertilisant à des fins agricoles.

Photos alain Dion

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Saint-Hyacinthe) Le gaz méthane produit par le compostage de déchets organiques permettra à la Ville de Saint-Hyacinthe d'économiser annuellement 500 000 $ en frais de chauffage de ses édifices et de carburant pour ses véhicules. En plus, la Ville tirera des revenus annuels de 6 millions de dollars du surplus de gaz vendu à Gaz Métropolitain.

En inaugurant hier matin son usine de biométhanisation, la Ville de Saint-Hyacinthe est devenue la première dans le nord-est de l'Amérique du Nord à fermer la boucle de la revalorisation des déchets de nature organique, c'est-à-dire de leur collecte à leur transformation et à leur utilisation à des fins énergétiques. Alors que la MRC de la Haute-Yamaska et la Régie intermunicipale d'élimination des déchets de Brome-Missisquoi sont depuis une dizaine d'années à leur table à dessin de leur projet respectif de biométhanisation, celui de la Ville de Saint-Hyacinthe a été complété en l'espace de quatre ans.

Il s'agit d'un projet de 47,2 millions de dollars, payé au tiers par les gouvernements fédéral et provincial et par la Ville.

L'usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe transformera 10 200 tonnes de matières organiques recueillies par la collecte des bacs bruns dans 23 municipalités des MRC des Maskoutains et d'Acton et 14 000 tonnes provenant d'épiceries et d'entreprises du secteur agroalimentaire de la grande région de Saint-Hyacinthe. Les boues usées de l'usine d'épuration des eaux de la Ville seront également revalorisées. La décomposition de toutes ces matières en l'absence d'oxygène (aérobie) créera 13 millions de mètres cubes de méthane. Des 24 200 tonnes de matières transformées, le processus permettra aussi de récupérer un volume de 30 % de terreau et de 20 % de fertilisant.

En vue de l'utilisation du gaz produit, la Ville de Saint-Hyacinthe a fait convertir sept des véhicules de sa flotte pour qu'ils fonctionnent au gaz naturel. D'ici deux ans, a dit le maire Claude Corbeil, une cinquantaine de véhicules rouleront au gaz naturel, contribuant à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre du parc de véhicules de la Ville.

Le projet sera officiellement complété l'année prochaine lorsque la Ville reliera ses équipements de biométhanisation au réseau de distribution de Gaz Métropolitain. La Régie de l'énergie doit auparavant donner son imprimatur à l'entente liant les deux partenaires. Pour l'heure, le gaz dessert les besoins de chauffage de l'usine d'épuration des eaux usées de la Ville ainsi que les équipements de biométhanisation installés sur les lieux. Le reste est brûlé dans une torchère.

Le maire Corbeil était fier d'inaugurer ces installations. Sa ville, a-t-il affirmé devant une soixantaine d'invités, marque le pas pour les autres. La biométhanisation, a-t-il insisté, est un sujet populaire ces temps-ci. Il s'agit, selon lui, d'une solution économique et environnementale aux défis posés par le transport et de la gestion des affaires publiques. Il a enchaîné en affirmant que les revenus dégagés par la vente du surplus de gaz méthane donneront davantage de latitude à la Ville pour augmenter son offre de services à sa population et à «réduire sa charge fiscale».

Moment historique

Le ministre de l'Environnement David Heurtel, présent lors de l'inauguration, a parlé «d'un moment historique». «Cette usine est un exemple et un modèle à suivre pour les autres municipalités», a-t-il dit. «Tous les principes de développement durable sont réunis: protection de l'environnement, implication sociale, acceptation sociale et développement économique. C'est à Saint-Hyacinthe que le virage a commencé pour vrai.»

Une dizaine de projets municipaux de biométhanisation sont à l'étude un peu partout au Québec. Plusieurs ont toutefois subi des retards importants ces dernières années à la suite de changements aux programmes de subvention du ministère québécois de l'Environnement. M. Heurtel a assuré que le ministère travaillait avec diligence.

Les politiques d'austérité du gouvernement, notamment les compressions proposées par la commission Robillard à l'endroit des municipalités, n'auront aucune incidence sur les projets, a assuré le ministre. Il a souligné que ces projets seront subventionnés grâce au fonds vert de 3,3 milliards de dollars annoncé par son gouvernement, dont 2,8 milliards proviendront des revenus de la vente de crédit de carbone. «Il y a un volet de développement économique à notre programme. Il joue un rôle important à relancer le Québec», a-t-il dit. «Ce fonds ne sera pas compressé ou coupé», a-t-il promis.

M. Heurtel a rappelé que Québec s'est fixé comme objectif d'éliminer complètement en 2020 l'enfouissement de matières organiques. «N'importe quoi qui se retrouve dans un trou, c'est un échec», a-t-il dit. Il s'est dit confiant que le Québec atteindra d'ici 2015 son objectif de valoriser 60 % des matières organiques. Il y a fort à faire puisque le taux à l'échelle du Québec est présentement de 38 %.

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