Pour agrandir l'école Saint-Vincent: neuf résidences pourraient être expropriées

Neuf propriétaires à risque d'être expropriés pour permettre... (photo Catherine Trudeau)

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Neuf propriétaires à risque d'être expropriés pour permettre un éventuel agrandissement de l'école St-Vincent ont été convoqués samedi matin à l'hôtel de ville de Saint-Césaire.

photo Catherine Trudeau

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) Neuf propriétaires à risque d'être expropriés pour permettre un éventuel agrandissement de l'école St-Vincent ont été convoqués samedi matin à l'hôtel de ville de Saint-Césaire. La séance d'information s'est déroulée dans le calme et a permis de rassurer les Césairois qui pourraient être forcés de plier bagage d'ici six mois.

Les propriétés ciblées sont situées sur des terrains adjacents à celui de l'école, dans les rues Saint-Paul et Vimy. Du lot, notons quelques résidences unifamiliales, dont au moins une ancestrale, un quadruplex et le complexe funéraire Desnoyers. Rappelons que la semaine dernière, la municipalité prévoyait devoir exproprier entre huit et douze résidences pour un coût qu'elle estimait entre trois et quatre millions de dollars.

Transparence

Selon nos informations, la rencontre à laquelle assistaient également tous les élus de Saint-Césaire, son directeur général et l'avocat de la municipalité a permis aux citoyens de connaître la situation actuelle de même que les avenues envisagées par la Ville, dont le processus d'expropriation. Mais comme la proposition de la commission scolaire des Hautes-Rivières d'agrandir à la fois l'école St-Vincent et l'école Jean XIII, qui se trouve à Ange-Gardien, n'a pas encore fait l'objet d'une décision par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), la suite des choses est encore hypothétique pour l'instant.

«Ils ont mis cartes sur table, mais on n'en sait pas vraiment plus, car rien n'est encore sûr, indique un Césairois qui pensait vendre sa propriété dans plusieurs années pour financer sa retraite. Ils ne peuvent pas encore dire combien ça va coûter.»

Néanmoins, la transparence et la prévenance de l'administration municipale ont été saluées par les propriétaires interrogés par La Voix de l'Est. «On est en attente des prochains développements, mais ils [les élus] veulent faire ça en bonne et due forme en nous gardant informés. C'est vraiment délicat, mais chapeau. C'est vraiment humain ce que le conseil fait», note Francis Boucher.

«C'est une belle initiative de leur part de prendre les devants pour nous aviser personnellement, croit pour sa part Alex Desnoyers. C'est une bonne façon d'entamer les choses avec les gens qui sont concernés.»

Le maire Guy Benjamin a de son côté souligné l'ouverture des citoyens face à la situation sensible dans laquelle ils se trouvent. «Les gens ont été très réceptifs, indique-t-il. Tout s'est fait dans le calme et dans le civisme.»

Dilemme

La situation actuelle crée un profond malaise à Saint-Césaire. D'un côté, tous sont pour l'agrandissement de l'école afin d'éviter que des enfants ne soient transférés à Ange-Gardien. De l'autre, on se désole que pour y parvenir, des citoyens soient dépouillés de leur maison.

«On ne peut rien y faire. On n'a pas le choix, sinon ils vont bâtir une nouvelle école à Ange-Gardien et les gens vont déménager ailleurs, donc je comprends pourquoi on en est rendus là», déplore le Césairois cité plus haut.

«Je pense que tout le monde est en accord avec l'agrandissement de l'école. Mais quand on vient toucher à notre carré de sable, on réagit un peu plus. J'aime ma maison et je l'avais choisie pour y vivre mes vieux jours, mais je comprends aussi que les enfants n'ont plus de place», se désole une autre propriétaire.

«On sentait vraiment que le conseil municipal était mal à l'aise. Ils nous l'ont même exprimé et j'ai senti qu'ils étaient sympathiques à notre cause», renchérit-elle.

Délai très court

Malgré la bonne volonté de l'administration municipale, certains facteurs de stress demeurent, à commencer par le très court préavis d'expropriation que recevront les propriétaires.

Si le MELS accepte la proposition de la commission scolaire, elle devrait le faire savoir en janvier. À ce moment-là, tout le processus d'expropriation se mettra en branle et les propriétaires concernés n'auront que quelques mois pour quitter leur demeure.

«On nous a dit qu'ils vont nous donner un avis d'expropriation et un évaluateur va passer pour déterminer le montant qu'on pourrait recevoir. On nous a promis que chaque cas sera traité individuellement, indique la dame qui a refusé d'être identifiée. Ce qui me stresse, c'est que je n'ai que de février à juin pour tout organiser.»

Et comme le processus d'expropriation est loin d'être entamé, les propriétaires ignorent quel montant ils pourraient recevoir pour leur maison. «Je voudrais bien commencer à regarder pour acheter une autre maison, mais comme je ne sais pas combien ils vont me donner, je ne peux pas faire d'offre maintenant», affirme-t-elle.

La Voix de l'Est a appris que l'un des Césairois concernés ne serait pas au courant puisqu'il se trouve en Asie durant tout l'hiver. Son retour serait prévu pour le 1er avril.

Guy Benjamin insiste pour que les citoyens soient tenus au courant de la suite des choses, en temps et lieu. «Il y a du travail à faire de chaque côté, et on tient à communiquer les informations directement aux gens. Le projet continue et doit aller de l'avant», soutient-il.

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