Semaine de la prévention de la toxicomanie: chaque jour est un combat... et une victoire

Âgé de 32 ans, Antoine (nom fictif) ne fume... (photo Alain Dion)

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Âgé de 32 ans, Antoine (nom fictif) ne fume plus de cannabis et ne consomme plus d'alcool depuis plus d'un an.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) «Chaque jour, c'est un combat, mais c'est aussi une victoire, confie Antoine*. Il faut vraiment que je savoure ces victoires-là. C'est ce qui me motive.»

Âgé de 32 ans, Antoine ne fume plus de cannabis et ne consomme plus d'alcool depuis plus d'un an. En mai dernier, il a également cessé de consommer des narcotiques après avoir attenté à sa vie. «Je suis tombé quand même assez bas», reconnaît-il.

Son histoire de dépendance a débuté à l'adolescence. À l'âge de 15 ou 16 ans, il a commencé à boire de l'alcool. Puis, à sa majorité, il s'est mis à fumer du pot pour mieux dormir, se rappelle-t-il. «J'ai commencé à consommer tous les jours du cannabis jusqu'à mes 31 ans», raconte l'homme qui détient un diplôme universitaire. Il a essayé d'autres drogues, mais c'est au pot qu'il est devenu accro.

Pendant toutes ces années, il était constamment dans un état second. Il fuyait les problèmes et les obstacles plutôt que de les affronter, dit-il. Il s'est replié sur lui-même. Il buvait et fumait seul chez lui. «C'est comme si je me coupais du monde», a-t-il raconté lors d'une entrevue accordée à La Voix de l'Est à l'occasion de la Semaine de la prévention de la toxicomanie.

Souffrant d'anxiété, les drogues et l'alcool étaient pourtant déconseillés pour lui.

L'abstinence

Après son anniversaire, à l'automne 2013, il a décidé de mettre un terme à sa consommation d'alcool et de drogue en choisissant l'abstinence complète. «J'ai un père alcoolique qui nous a abandonnés. Ça a été un élément déclencheur pour arrêter parce que je ne veux pas devenir alcoolique», dit Antoine.

En tirant un trait sur ces dépendances, les médicaments sont entrés dans sa vie. Ceux pour l'aider dans son sevrage, mais également d'autres qui ne lui étaient pas destinés. «J'avais une copine qui prenait des somnifères que je prenais aussi, dit-il. Je consommais des médicaments qui n'étaient pas permis pour moi.»

Cette nouvelle dépendance a failli lui coûter la vie. Après être passé à un cheveu de mettre fin à ses jours, il a cessé de consommer des médicaments. La psychologue qu'il consulte lui a conseillé de frapper à la porte du Centre de réadaptation en dépendance Le Virage pour l'aider dans son désir d'être abstinent, ce qu'il a réalisé au printemps dernier.

«C'est une grande source d'informations et d'outils», affirme le jeune homme à propos du centre. Il apprécie particulièrement la formule qui combine les rencontres individuelles et celles en groupe.

Antoine, qui déjà ne consommait ni drogue ni alcool depuis un moment, a pu mettre son expérience au profit des autres usagers du centre. «La majorité des gens essayaient de modifier leurs habitudes de consommation alors que moi j'avais déjà arrêté. J'ai trouvé ça intéressant parce que je sentais que je pouvais les aider.»

Même s'il s'était fixé comme objectif de ne plus boire d'alcool ni fumer du cannabis pendant un an, il a choisi de poursuivre son abstinence après réflexion. «Je suis tanné que ce soit autre chose que moi qui ait le contrôle sur moi», fait-il valoir.

Tourné vers l'avenir

En plus de pouvoir bénéficier de l'aide de professionnels de la santé et des intervenants du centre, sa famille et ses amis le supportent et l'encouragent dans sa démarche. Il n'a d'ailleurs aucune gêne à partager son parcours. Au contraire.

«C'est devenu une fierté. Oui, j'ai été longtemps un consommateur, mais aujourd'hui je m'en suis sorti. J'ai appris à vivre sans consommation, dit-il. Si je peux faire profiter les autres de mon expérience, si je peux sauver juste une personne, ce sera merveilleux. Et si c'est plus, tant mieux! Ça n'a pas de prix d'aider les autres. C'est tellement gratifiant.»

Sa thérapie tire à sa fin. Celle-ci lui a permis de réaliser qu'il est maintenant ouvert sur les autres et qu'il possède toutes les munitions pour ne pas rechuter. «On a revu mes objectifs et j'ai eu l'agréable surprise de réaliser que je les avais tous atteints. J'en ai même dépassé certains. Je réalise que c'est durable dans le sens où j'ai développé des outils propres à moi, comment être à l'écoute de mes besoins.»

Ses combats et ses victoires s'accumulent jour après jour. Son esprit, qui n'est plus brouillé par la consommation, lui permet de se projeter dans l'avenir et de caresser plusieurs projets. «J'ai établi un plan quinquennal! , dit-il en souriant. Je vais payer toutes mes dettes, je me suis loué un appartement que j'ai rénové et où je vais pouvoir rester pendant cinq ans.»

Son idéal, renchérit-il, est de fonder une famille. Antoine espère également s'acheter une maison et peut-être même retourner aux études. «J'ai développé le pouvoir de me fixer des objectifs réalistes», poursuit-il, visiblement confiant de l'avenir qui l'attend.

 

*nom fictif

 

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