Braver le vent, le froid et l'austérité

Près de 75 personnes se sont réunies devant... (photo Alain Dion)

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Près de 75 personnes se sont réunies devant le Centre communautaire Saint-Benoît pour manifester contre les mesures d'austérité et demander davantage de financement pour répondre aux besoins grandissants.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Des centaines d'employés d'organismes communautaires ont bravé le froid, la neige et la pluie, affiche à la main et slogans à la bouche, afin d'exiger la fin des mesures d'austérité et de réclamer davantage de financement, partout en Montérégie hier. À cela se sont ajoutées des interruptions de services dans une vingtaine d'organismes à travers la Haute-Yamaska, une première dans la région.

Une manifestation s'est tenue à 13h devant la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Haute-Yamaska, à Granby, où environ 75 personnes se sont mobilisées. Une quarantaine de participants sont par la suite montés dans un autobus pour se diriger vers les bureaux du ministre Pierre Paradis, à Cowansville pour le passage de la caravane du communautaire. Cette deuxième manifestation a attiré environ 150 personnes oeuvrant dans des organismes communautaires.

«Notre journée est une journée de mobilisation pour les groupes communautaires contre les mesures d'austérité, a fait savoir à Cowansville Johanne Nasstrom, directrice générale de la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles (TROC) de la Montérégie. On porte une revendication à travers une campagne nationale (...) pour un ajout de 225 millions au financement à la mission globale des groupes.»

Des conséquences directes

L'ombre des mesures d'austérité du gouvernement Couillard plane sur les organismes, explique-t-elle, en plus du financement qui fait l'objet de trop minces augmentations annuelles. L'an dernier, le budget alloué au communautaire a été haussé de seulement 0,9%, selon elle.

«C'est majeur. On doit absolument aller vers un rehaussement du financement, martèle Mme Nasstrom. On a des groupes en crise, on a des groupes qui souffrent, ce qui fait en sorte qu'ils doivent fermer leurs portes pendant certaines heures, doivent cesser certaines activités qui sont cruciales. Accompagné de ça, on a le discours des mesures d'austérité qui fait en sorte qu'il y a plus de gens dans le besoin qui viennent cogner à nos portes parce que mesure d'austérité veut dire coupures dans les programmes sociaux. Ce qui fait en sorte que nos groupes communautaires ont plus de pression pour rendre des services. Ils n'y arrivent pas avec le manque de financement.»

Elle donne en exemple la hausse des tarifs d'électricité, qui viennent sabrer le budget des familles à faible revenu, tout comme les frais dans les CPE ou services de garde qui grimpent. Résultat: des demandes d'aide alimentaire, plus de crises dans les familles, de détresse et de problèmes de santé mentale, énumère la directrice générale du TROC-Montérégie. Celle-ci demande au gouvernement provincial d'étudier d'autres solutions pour rétablir la situation financière du Québec.

Des organismes drainés

Pour la Montérégie, les besoins de financement sont estimés à 25 M$ annuellement, à répartir dans les organismes communautaires autonomes reconnus. Certains d'entre eux ne reçoivent actuellement aucun financement et doivent organiser constamment des campagnes pour amasser des fonds afin d'aider la population dans le besoin. C'est le cas de Partage Notre-Dame, indiquent Nancy Melanson, présidente de la CDC de la Haute-Yamaska, et Sylvain Dupont, directeur général de la même organisation.

«On est fatigués, on se sent à bout. On a beau être créatifs, à un moment donné, on ne peut pas faire de miracles avec rien», déplore Mme Melanson.

La mobilisation 225 minutes pour 225 millions s'inscrit dans une vaste campagne menée depuis 2012, qui s'intitule Je tiens à ma communauté, je soutiens le communautaire. En plus des manifestations à travers le Québec, des organisations ont fermé leurs portes en matinée, en soirée, toute la journée ou simplement pendant 225 minutes. Certains ont cessé de répondre au téléphone, des intervenants ont pris congé ou encore, le personnel a été réduit, dans quelques cas.

«Une grève sociale, une grève du communautaire, vous n'avez jamais vu ça. Ça, c'est majeur», a souligné Sylvain Dupont.

Lumières fermées chez Gaétan Barrette

La caravane du communautaire, menée par Johanne Nasstrom, a terminé sa route à travers la Montérégie à Cowansville, où quatre porte-paroles d'organismes locaux ont rencontré les représentants du ministre Pierre Paradis. Le groupe a commencé sa journée à St-Clet, où des membres du personnel de Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, l'ont accueillie. Puis, le scénario s'est répété aux locaux de Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire et responsable de la Montérégie.

«M. Barrette, lui, a carrément fermé les lumières, fermé les bureaux. On comprend que des ministres peuvent être sur des dossiers, on comprend qu'ils doivent siéger, on comprend qu'ils ne soient pas là, sauf que de là à fermer, de ne même pas permettre aux citoyens et citoyennes de rencontrer ses attachés politiques, ça, on ne comprend pas, commente Mme Nasstrom. On déplore énormément ce qui s'est passé à Brossard, au bureau du ministre Barrette.»

Une grande manifestation montérégienne est prévue le 15 décembre à nouveau devant le bureau du ministre Gaétan Barrette, à Brossard.

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