Les demandes d'hébergement en hausse constante

Le directeur du Passant à Granby, Steve Bouthillier.... (photo Janick Marois)

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Le directeur du Passant à Granby, Steve Bouthillier.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Le temps froid est à nos portes. Pour ceux qui vivent dans la rue, le quotidien devient encore plus difficile. Il faut passer en mode survie: trouver de quoi se nourrir et, surtout, un endroit où passer la nuit. Chacun a son histoire, son parcours, et tente de s'en sortir à sa façon. À cette période-ci, les demandes d'hébergement temporaire et de repas sont à la hausse. Voici le dernier volet de notre portrait de l'itinérance, un phénomène qui n'épargne pas Granby.

Que ce soit à l'Auberge sous mon toit ou au Passant à Granby, les demandes d'hébergement sont constamment en hausse. Les hommes sans domicile fixe  constituent une importante proportion de la clientèle.

La maison d'hébergement le Passant de Granby accueille pour une période de sept jours des hommes de 18 ans et plus. Et cela, gratuitement. «Il faut que la personne n'ait pas de toit. Plutôt que de se retrouver à la rue, elle vient ici. Ça permet un temps d'arrêt», explique Steve Bouthillier, directeur de la ressource.

Les usagers ont la possibilité d'y séjourner plus longtemps en fonction de différents critères. À ce moment-là, l'hébergement devient payant. La durée moyenne d'un séjour est de 13 jours. «Au fil des années, il y a une tangente à la hausse. Il n'y a pas si longtemps, on était à 10 jours d'hébergement moyen», dit M. Bouthillier.

Et les cas, dit-il, se font plus lourds. Les bénéficiaires débarquent souvent avec plusieurs problématiques, que ce soit d'ordre familial, de santé mentale ou de consommation.

«Avec la désinstitutionnalisation, les personnes sont de plus en plus laissées à elles-mêmes. Le manque de places dans le réseau public amène aussi une clientèle qui souffre de déficience intellectuelle», ajoute-t-il.

Au cours des sept derniers mois, 286 personnes ont bénéficié du service d'hébergement. Certaines plus d'une fois. À cette période-ci, on estime le taux d'occupation à environ 90 %, contre 81% l'an dernier.

Triste statistique: Le Passant a refusé 196 personnes au cours des sept derniers mois. Environ 7 % l'ont été pour cause de mauvais comportement. Les autres pour diverses raisons, notamment le fait que le délai de deux mois entre deux séjours n'était pas écoulé.

L'organisme souhaite qu'un centre d'hébergement de crise à la nuitée dans un cadre moins formel puisse voir le jour à Granby afin d'accueillir ces hommes qu'il ne peut accepter.  

Et avec l'arrivée de l'hiver, la demande augmente. Si en moyenne 19 ou 20 lits sont occupés pendant l'été, le nombre grimpe autour de 23, 24 en période hivernale.

«Dans les périodes de grand froid, c'est autre chose. Il y a des débordements. Des lits sont même ajoutés pour éviter que quelqu'un passe la nuit dehors. Les policiers sont aussi conscientisés et réfèrent des individus pour qu'ils passent la nuit au chaud», dit M. Bouthillier.

Un toit pour se réorienter

À l'Auberge sous mon toit de Granby, qui accueille des hommes en difficulté âgés de 18 à 35 ans, la mission est différente. En plus d'être hébergé, les bénéficiaires doivent s'impliquer dans un programme de réinsertion sociale.

Certains sortent de prison. D'autres frappent à la porte après un séjour chez des amis ou des proches. Les itinérants comptaient pour 4,3 % des admissions, l'an passé.

Une forte majorité, soit 42 % des hommes, provient d'une autre ressource d'hébergement, - Le Passant, par exemple. «Ça sous-entend que ça se promène», estime Derek Tremblay, directeur de l'Auberge sous mon toit.

Le programme est volontaire. Des règles de vie sont établies et doivent être respectées par tous. Des interventions sont ciblées en fonction des problèmes vécus par les hommes.

Le travail des intervenants est axé sur la réinsertion sociale. Et l'approche porte ses fruits. À titre d'exemple, 7 % des usagers avaient un emploi en entrant à l'Auberge sous mon toit. À la sortie, 21 % avaient un boulot. Trente-trois pour cent des bénéficiaires étaient sans revenu à leur arrivée. En sortant, ce chiffre chute à 11 %.

«Ça, c'est de la réhabilitation, de la réinsertion. Quand tu as un revenu, tu peux payer ton loyer, tes factures, ton épicerie», énumère M. Tremblay.

La durée moyenne du séjour est d'une cinquantaine de jours. Le maximum, un an. Après trois mois, un bilan est demandé pour justifier une prolongation de leur hébergement.

L'organisme constate également que le froid incite certains hommes à cogner à leur porte. «En octobre, on commence à avoir plus de demandes, mais généralement au temps des Fêtes, on est plein», indique Marie-Ève Theberge, coordonnatrice à l'hébergement à l'Auberge sous mon toit.

La durée du séjour est d'ailleurs plus longue en hiver, ajoute M. Tremblay.

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