Meurtre à Bromont : la défense plaide les troubles mentaux

Devant le restaurant Chez Loulou, Régis Pilotte, 57 ans,... (photo archives La Voix de l'Est)

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Devant le restaurant Chez Loulou, Régis Pilotte, 57 ans, a trouvé la mort après avoir confronté l'accusé.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Timothy Dawe Boyd entendait des voix et souffrait d'idées de persécution depuis plusieurs années.

Le jour où il a poignardé sa victime, l'homme de 49 ans se disait investi d'une étrange mission. Équipé de deux casques, de deux sacs à dos, d'un bâton et d'un couteau, il agissait bizarrement et se parlait à voix haute. Il a cru que sa victime voulait le tuer. Alors il l'a attaquée en premier.

À l'arrivée de la police, M. Dawe Boyd était sur une table à pique-nique et tenait toujours son couteau dans ses mains. Il n'a pas résisté à son arrestation.

Pour la Couronne, Me Karyne Goulet a fait hier le récit des événements du 22 mars dernier, à Bromont. Devant le restaurant Chez Loulou, chemin Adamsville, Régis Pilotte, 57 ans, a trouvé la mort après avoir confronté l'accusé.

M. Dawe Boyd reconnaît les faits, a indiqué son avocate, Me Danielle Dontigny, qui plaide pour qu'il soit reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Maladie

À cette fin, Me Dontigny a fait témoigner la Dre Karine Forget, psychiatre légiste à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke. L'accusé souffre de schizophrénie depuis plusieurs années et n'avait jamais consulté avant son arrestation, a dit le médecin.

Il habitait seul dans une maison isolée de Brigham, sans téléphone ni eau courante. L'essentiel de son temps était consacré à marcher dans le bois et à faire chauffer de l'eau pour se laver et faire la vaisselle. Il disait être capable de lire dans les pensées des gens et estimait que les autres habitants du village étaient jaloux de lui. C'est pourquoi, croyait-il, ils avaient engagé la victime pour le tuer.

On le voyait à l'occasion se parler seul, au restaurant, devant une photo de Barack Obama. Il disait préparer une mission pour aller tuer un attaché politique en Afrique ou en Corée.

«Dans les jours précédant le crime, il paraissait plus méfiant, nerveux, a expliqué la Dre Forget. Il évitait les gens et regardait constamment derrière son épaule.»

Quand M. Pilotte s'est approché de lui, Timothy Dawe Boyd a cru qu'il voulait se battre «car il lui montrait ses muscles» et «avait les yeux du diable». «Ça l'a effrayé», a dit le médecin.

Comportement

Ses délires et hallucinations ont aujourd'hui cessé, grâce à la médication qu'il devra prendre toute sa vie. Il affiche un comportement irréprochable à l'hôpital, mais son éventuel retour en société devra être «très progressif», a dit la Dre Forget.

Le juge François Marchand, de la Cour du Québec, doit rendre sa décision le 23 décembre.

 

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