Manif contre la hausse des frais de garderie: «On vit beaucoup d'insécurité»

Une quarantaine d'éducatrices, de parents et d'enfants ont... (photo Alain Dion)

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Une quarantaine d'éducatrices, de parents et d'enfants ont pris l'autobus direction Longueuil pour la manifestation contre les mesures du gouvernement Couillard.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) «Ça a toujours bien fonctionné, jusqu'à ce que le gouvernement coupe.» Sylvie Riopelle et ses collègues ont pris part à la manifestation des centres de la petite enfance (CPE) de la Montérégie, qui se tenait hier à Longueuil. Elles protestent contre les coupes qu'impose le gouvernement Couillard depuis quelques mois et celles qui restent à venir.

Parents, enfants, employés et conjoints: plus d'une quarantaine de personnes du CPE Rayons de soleil ont pris, vers 8h30, l'autobus de Roxton Pond. Et la manifestation ne concerne pas seulement ce qui a été annoncé la semaine dernière concernant une possible modulation des tarifs en fonction du revenu familial.

«Il y a autre chose aussi, mentionne la directrice du CPE, Josée Charette. Toutes les fusions forcées, on parle de 700 coupures de postes de direction générale dans les CPE au Québec. Il y a les conseils d'administration qui sont remis en question. S'il y a des fusions, je ne sais pas si je vais être ici dans six mois... C'est comme ça pour toutes les directrices. On se sent toutes comme ça en ce moment: on vit beaucoup d'insécurité.»

À cela s'ajoutent les postes pédagogiques, dont l'avenir est incertain, ajoute Mme Charette. «Ça fait longtemps qu'ils disent que la structure administrative elle est trop grosse dans les CPE. Et pourtant, on ne se tourne pas les pouces!»

Pour faire face aux compressions, elle a d'ailleurs déjà dû couper depuis les derniers mois, rétroactivement jusqu'au mois d'avril. Les demi-heures de pause auxquelles les éducatrices avaient droit ne sont plus payées. «Il y a des endroits que c'est dans les postes administratifs que ça été coupé. Au lieu par exemple d'être à 35 heures, ils sont maintenant à 32. Il y a même un CPE dans la région que c'est 28. Nous, on a fait le choix en équipe de couper les pauses.»

Les parents se mobilisent

Alors que les employés se préparaient à la mobilisation tôt en matinée, des enfants entraient dans le CPE qu'ils connaissent, saluant et serrant parfois dans leur bras les éducatrices qu'ils côtoient cinq jours par semaine. Suivaient de près les parents qui veulent que la politique familiale demeure ce qu'elle est.

«Ce n'est pas à nous à payer leur dette, commente Sébastien Bédard, père de trois enfants et d'un quatrième en route. Il y a sûrement d'autres moyens que d'aller jouer dans le milieu familial.» Il était, pour la manifestation, accompagné de sa marmaille.

L'ambiance était à la bonne humeur pour cette journée de protestation, malgré le nuage qui flotte au-dessus des CPE. Les éducatrices étaient heureuses de la réponse des parents. Par contre, elles gardaient en tête leurs inquiétudes.

Ainsi, Stéphanie Richer trouve vraiment décevantes les mesures prises par le gouvernement provincial, qui affecteront, selon elle, les enfants et les éducatrices.

«Si on regarde la grandeur des locaux, ils sont beaucoup trop petits et ça amènera des problèmes pour les enfants», ajoute Sylvie Riopelle, sur l'augmentation du ratio d'enfants envisagée par Québec.

Les deux éducatrices et mères de famille craignent également les fusions entre CPE puisque chaque centre a sa manière de fonctionner et que la période d'adaptation pourrait être ardue.

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