Accusations de trafic de stupéfiants : le permis d'un chauffeur de taxi suspendu

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Accusé de trafic de stupéfiants, un chauffeur de taxi de Granby a vu son permis être suspendu. Même si le tribunal n'a rendu aucun jugement à l'endroit de Réal Beauregard, la Commission des transports du Québec est d'avis que cette décision est nécessaire afin de préserver la sécurité des usagers.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Accusé de trafic de stupéfiants, un chauffeur de taxi de Granby a vu son permis être suspendu. Même si le tribunal n'a rendu aucun jugement à l'endroit de Réal Beauregard, la Commission des transports du Québec est d'avis que cette décision est nécessaire afin de préserver la sécurité des usagers.

Réal Beauregard a été arrêté à la suite d'une enquête de l'Escouade régionale mixte Granby, en février dernier. Des accusations de trafic de stupéfiants ont ensuite été déposées contre lui. Aucun jugement n'a été rendu dans son dossier.

N'empêche que la Commission des transports du Québec a décidé de sévir dès maintenant en suspendant son permis de chauffeur de taxi jusqu'à ce que le tribunal rende un jugement concernant les infractions qui pèsent contre lui.

«Le législateur permet à la Commission d'agir de façon préventive à l'égard d'un chauffeur de taxi, sur simple mise en accusation, afin d'assurer la sécurité du public et la qualité des services, peut-on lire dans la décision rendue jeudi dernier. Il est établi que la Commission doit, dans un esprit de prévention, faire primer l'intérêt public sur l'intérêt privé d'un titulaire de permis de chauffeur de taxi.»

Stratagème

M. Beauregard, qui est titulaire d'un permis de propriétaire de taxi depuis 1999 et de celui de chauffeur de taxi, est soupçonné de s'être livré à des activités de trafic de stupéfiants alors qu'il exploitait un service de transport de taxi. «La Commission constate qu'il ne s'agit pas d'un acte isolé, mais bien d'un stratagème visant à mettre en contact des utilisateurs de son véhicule de taxi avec le monde criminalisé», lit-on dans la décision.

Le principal intéressé, âgé de 53 ans, a témoigné lors de l'audience. Selon lui, «informer ses clients des lieux où ils peuvent se procurer des stupéfiants et les y conduire fait partie du service à la clientèle», rapporte la Commission, qui est d'avis qu'une notion aussi large du service à la clientèle compromet la sécurité des usagers.

Qui plus est, le chauffeur travaille en fin de soirée du jeudi au samedi, ce qui le place en contact avec une clientèle vulnérable, notamment des jeunes sous l'influence de l'alcool, ajoute la Commission. «La preuve démontre que les infractions reprochées à Réal Beauregard sont des empêchements de nature à porter atteinte à la sécurité des usagers de services par taxi.» C'est pourquoi son permis de chauffeur a été suspendu jusqu'à nouvel ordre.

L'employeur ignorait tout

L'entreprise Taxi 3000 où travaille Réal Beauregard a fait savoir hier qu'elle ignorait qu'il faisait face à des accusations criminelles. Elle a d'ailleurs appris au même moment que son permis de chauffeur de taxi avait été suspendu. «Je viens de l'apprendre, a indiqué Réal Charest, président de la compagnie où les chauffeurs paient une cotisation pour être sur la liste des taxis affectés à répondre aux appels. Ça m'a surpris.»

Depuis quelques jours, M. Beauregard n'était pas au boulot. Puisque son permis est suspendu, il ne pourra plus travailler.

M. Charest a précisé que Taxi 3000 n'a rien à voir avec toute cette histoire. «On ne veut pas que la compagnie soit impliquée là-dedans», a-t-il mentionné, en ajoutant que l'entreprise n'approuve pas de telles activités criminelles au sein de son organisation.

Le chauffeur de taxi sera d'ailleurs convoqué par la compagnie. Celle-ci attendra que les procédures judiciaires soient terminées avant de prendre position. «On va attendre les résultats de tout ça. Après, on va prendre une décision parce qu'on n'en veut pas de ça. Mais tant et aussi longtemps que ce n'est pas fini, on ne peut pas prendre de décision», dit-il.

L'avocat de Réal Beauregard, Me Jacques Carpentier, n'a pas rappelé La Voix de l'Est. Il n'a pas été possible de joindre M. Beauregard, hier.

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