Le CSSSHY et le projet de réforme du réseau de la santé : les syndicats se prononcent

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Les répercussions du projet de loi 10 sur le CSSS de la Haute-Yamaska inquiètent certains représentants syndicaux.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Si les administrateurs du Centre de soins et de services sociaux de la Haute-Yamaska tardent à se positionner sur le projet de réforme santé du gouvernement libéral, les syndicats, eux, ne cachent pas leur inquiétude.

Cette semaine, des représentantes des travailleurs syndiqués de l'établissement ont interpellé les membres du conseil d'administration, qui avaient peu de choses à leur répondre. Contrairement à d'autres établissements de santé qui se sont prononcés dans ce dossier, le CSSSHY continue à peser le pour et le contre, notamment sur son affiliation possible avec le CHUS en Estrie, alors qu'il appartient en principe à la Montérégie. Le conseil devait d'ailleurs se rencontrer à nouveau hier pour discuter du projet de loi 10 du ministre Barrette.

Sophie Séguin, présidente de la section Haute-Yamaska de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente le personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires, revenait tout juste du congrès de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, quand elle a abordé le conseil. Rappelant que le ministre parlait désormais de finalité et non de suppositions, Mme Séguin a demandé aux administrateurs s'ils avaient l'intention de recommander l'affiliation du CSSSHY à l'Estrie ou à la Montérégie. «On n'a pas encore fait notre lit là-dessus. Si on prend position, on espère que le ministre en tiendra compte», a répondu le président du C.A., Jean-Marc Savoie.

Tatoué sur le coeur

Devant le conseil, Gisèle Gince, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de la Haute-Yamaska - CSN, a pour sa part lancé un véritable cri du coeur, à titre professionnel, mais aussi en sa qualité de citoyenne. Rappelant ses 34 ans passés au sein de l'organisation, elle a affirmé avoir le CSSSHY tatoué sur le coeur. «Pour vous, est-ce une solution, le démantèlement des services publics? Sommes-nous prêts à perdre les services qu'offre le CSSS de la Haute-Yamaska, si durement gagnés par nos dirigeants?», a-t-elle demandé.

«Aujourd'hui, je paie mes services de santé avec mes impôts et ma carte soleil. Demain, je veux encore payer mes services de santé avec ma carte soleil et non avec ma carte de crédit. Demain comme aujourd'hui, je veux garder le droit de choisir où je désire me faire soigner.»

Selon elle, le projet de loi 10 mettra fin à 50 ans d'histoire sous le joug d'une seule personne «qui se donne tous les droits et tous les pouvoirs, sans tenir compte de l'opinion publique».

Mme Gince a invité les membres du conseil à emboîter le pas au CSSS Pierre-de-Saurel qui, en octobre, s'est prononcé contre ce projet de réforme.

Fusion et coupes

Le projet de loi 10 propose la fusion des agences de santé et des établissements régionaux pour créer des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qui chapeauteraient chacune des régions sociosanitaires du Québec. De 182 établissements, ce nombre passerait à 28, dont 19 CISSS.

Chacun posséderait son conseil d'administration, dont les membres seraient nommés par le ministre de la Santé. Les conseils d'administration en province seraient ainsi réduits à 28.

Les dirigeants (présidents directeurs généraux et directeurs généraux) de ces superstructures - en nombre considérablement réduit - seraient également nommés par le ministre. La réforme prévoit également la réduction de 1300 postes-cadres. À terme, l'État espère des économies récurrentes de 220 millions$.

De telles mesures, croit la présidente du conseil central Montérégie - CSN, Annette Herbeuval, auront des impacts négatifs sur la prévention, les services sociaux, les soins aux personnes âgées et les services spécialisés en réadaptation physique ou en santé mentale. Dans une courte allocution devant les administrateurs de la Haute-Yamaska, celle-ci a vanté la pertinence des Agences de santé actuelles dans la coordination de tous ces services, en qualifiant les futurs CISSS de «structures mammouths».

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