Procès de Christian Bertrand : la preuve est close

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Pourquoi l'accusé s'en est-il pris à son ancien parent d'accueil?«Son univers s'est écroulé et il a essayé de trouver des coupables»,a indiqué le Dr Pierre Gagné.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) La notion de «dissociation» a fait partie intégrante des deux derniers témoignages entendus hier au procès de Christian Bertrand, accusé de meurtre prémédité.

Normal que l'accusé de 51 ans ait peu de souvenirs du moment où il a battu à mort Joseph Gobeille, en septembre 2011, à Farnham: le Montréalais était dans un état de «dissociation partielle». Sa mémoire en a perdu des bouts, a indiqué le psychiatre Pierre Gagné, du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, pour la défense.

«Il a des blancs qu'il n'arrive pas à combler, a-t-il expliqué au jury. Je ne peux pas dire qu'il comprend très bien ce qu'il fait.»

Le choc s'explique par le fait que M. Bertrand, qui souffre de troubles de la personnalité limite et narcissique, venait de réaliser que son arrêt de travail cessait. Et il refusait de retourner au boulot à la Station d'épuration des eaux de Montréal.

«Il arrivait à une impasse, a dit le Dr Gagné. Ça ne fonctionnait plus. Son univers s'est écroulé et il a essayé de trouver des coupables.»

Sévices

De plus, l'accusé n'avait jamais oublié les sévices subis dans sa jeunesse chez M. Gobeille , où il a été fréquemment battu. Ce qui l'a poussé à commettre l'irréparable. «Tout est relié à ce qu'il a vécu étant jeune, a dit le psychiatre. C'était vécu avec beaucoup de douleur et de colère.»

Mal outillé dans ses relations amicales et affectives, Christian Bertrand se valorisait par son travail et s'est senti démoli quand son patron l'a sermonné pour excès de zèle. «Ça a eu un effet catastrophique. Son travail, pour lui, c'était le point le plus important de sa vie. C'était un choc très sérieux.»

Témoignage contradictoire

Pour la Couronne, le Dr Pierre Rochette a, de son côté, livré des observations différentes. Il a mis en doute le fait que la perte appréhendée de son emploi est ce qui a poussé l'accusé à tuer son ancien parent d'accueil, étant donné qu'il détenait cette information depuis déjà plusieurs jours.

«Je ne considère pas la perte d'emploi comme un facteur suffisant», a mentionné le psychiatre de l'institut Philippe-Pinel. Et si l'emploi de M. Bertrand lui était si valorisant, pourquoi n'y est-il retourné quand cela lui fut imposé?»

Le Dr Rochette a aussi mis en doute la notion même de dissociation partielle. «Ça ne fait pas de sens», a-t-il dit. À son avis, il s'agit davantage de «symptômes d'anxiété». Il ne voit pas non plus de corrélation entre l'enfance malheureuse de l'accusé et ses troubles de la personnalité.

Le procès se poursuit aujourd'hui avec les plaidoiries des avocats. 

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