Les vignerons espèrent une clientèle à l'année

Les vendanges ont beau être terminées, cela ne... (photo Julie Catudal)

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Les vendanges ont beau être terminées, cela ne signifie pas pour autant que les vignobles de la région cessent leurs activités pour l'hiver.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Dunham) Les vendanges ont beau être terminées, cela ne signifie pas pour autant que les vignobles de la région s'apprêtent à cesser leurs activités pour l'hiver. Au contraire, bon nombre d'entre eux demeureront ouverts au public durant la saison froide. Leur objectif: implanter l'habitude de consommer des vins d'ici l'année durant.

Le temps des vendanges, qui s'étire généralement entre la fête du Travail et l'Action de grâces, est généralement la période la plus occupée pour les vignerons. «Année après année, les gens viennent aux vendanges. C'est presque une tradition. Notre achalandage augmente de 30 à 40% au cours de ces fins de semaine là», indique Charles-Henri de Coussergues, propriétaire du vignoble de l'Orpailleur.

Or, poursuit celui qui est également président de l'Association des vignerons du Québec, les gens croient généralement - à tort - que les vignobles ferment leurs portes pour l'hiver au lendemain de cette période faste.

«La plupart des vignobles sont ouverts toute l'année, affirme-t-il. Plusieurs gardent leur boutique ouverte et font des visites guidées sur réservation.»

Au vignoble Union Libre, tout près de là, même si les visiteurs se font plus nombreux en septembre, la grisaille et la froidure sont prétextes à faire découvrir d'autres produits. «On en profite pour attirer les gens avec nos pommes, dont nos cidres de glace et de feu. On offre aussi de la tire de cidre de feu sur neige», affirme la conseillère Emerique Normandin.

À l'Orpailleur, novembre et décembre sont des mois où on peut faire de bonnes affaires. «On reçoit quand même une bonne quantité de gens, tout juste avant les Fêtes, parce qu'ils veulent offrir nos produits en cadeau», indique M. de Coussergues.

«L'hiver, c'est une période plus tranquille, alors comme on a plus de temps à donner, on reçoit mieux les gens, poursuit le vigneron. C'est une belle clientèle, qui veut s'informer.»

Encourager les vins d'ici

Si les vignerons ouvrent leurs portes à longueur d'année, c'est d'une part parce qu'ils veulent partager leur passion douze mois par année, mais aussi parce qu'ils ont besoin de vendre leurs bouteilles pour en vivre.

Un changement dans les habitudes de consommation des Québécois s'impose, selon certains. «Beaucoup de gens viennent et sont fiers d'encourager les producteurs québécois, avance Nadège Marion, copropriétaire du vignoble Les trois clochers, à Dunham. Ils sont bien contents de venir nous voir une fois par année. Mais pour nous donner un bon coup de main, il faudrait que leurs achats soient réguliers.»

Même si une plus grande place est faite aux produits québécois à la Société des Alcools du Québec, ce ne sont pas tous les producteurs qui ont les moyens de s'afficher sur les tablettes de la société d'État, rappelle-t-elle également. «Une fois le vin embouteillé, il attend sur les tablettes, que ce soit les nôtres ou celles de la SAQ, affirme Mme Marion. Venir acheter le produit directement chez le vigneron, c'est un vote pour nous.»

Saison mitigée

La récolte du raisin s'étale sur quelques semaines, la plupart du temps entre le début du mois de septembre et la fin du mois d'octobre.

Dans plusieurs vignobles de Brome-Missisquoi, les vendanges ont pris fin la semaine dernière avec la cueillette des raisins qui serviront à faire le vin de glace.

Mais selon les types de vignes qui poussent dans leurs champs, certains vignerons ont connu une année plus ou moins prolifique.

«La récolte n'a pas été homogène cette année, note M. de Coussergues. C'est selon les vignobles. Il y en a qui ont eu de mauvaises récoltes; pour ma part, je m'estime très chanceux, car elle a été très bonne.»

Au vignoble Les trois clochers, c'est une tout autre histoire. La moitié des cultures ont été perdues en raison du gel, en janvier. «Pour certains cépages, on a devancé un petit peu la récolte, mais comme toutes nos vignes rustiques ont gelé, on a perdu la moitié de nos récoltes. Elles ne sont pas faites pour résister à des températures de -30 degrés durant trois semaines», déplore Nadège Marion.

Résultat, la cuvée 2014 ne comprendra pas de vin rouge ou de vin rosé. Il reste toutefois des bouteilles de 2011, 2012 et 2013.

Les vignerons sont en effet très tributaires de Dame Nature, si bien que d'une année à l'autre, les vignes peuvent donner des quantités de fruits différentes, voire rien du tout. «[2014 a été] une année assez curieuse, concède M. de Coussergues. L'hiver a été rude. Les températures très froides ont fait des dommages aux vignes rustiques. Le printemps a été frais et tardif, il a plu lors de la fleuraison. Mais comme on dit que le mois d'août fait le vin, il a été très beau.»

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