La défectuosité de sa GM n'a pas causé la mort, selon le coroner

Danny Dubuc-Marquis se serait endormi au volant quand... (photo archives La Voix de l'Est)

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Danny Dubuc-Marquis se serait endormi au volant quand il a effectué une sortie de route avant de percuter des arbres. L'impact lui a été fatal.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) Même si la GM de Danny Dubuc-Marquis «présentait la défectuosité de l'interrupteur d'allumage» qui a forcé le rappel de 1,6 million de voitures en Amérique du Nord et incité le constructeur à lancer un programme d'indemnisation des victimes, ce n'est pas ce problème qui a entraîné la mort du jeune homme de 23 ans de Granby en juin 2013, selon le rapport du coroner rendu public hier.

Vitesse, fatigue, consommation d'alcool, non port de la ceinture de sécurité... tous les ingrédients d'un cocktail mortel étaient réunis au petit matin du 22 juin 2013, quand Danny Dubuc-Marquis a effectué une sortie de route qui lui a été fatale.

Dans son rapport rendu public hier, la coroner Krystyna Pecko dresse un portrait des circonstances de l'accident qui a coûté la vie au jeune homme.

Celui-ci circulait sur la route 139 en direction sud, tout près du 5e rang à Roxton Pond. Il était environ quatre heures du matin quand le jeune automobiliste, qui roulait à 116 km/h dans une zone où la vitesse est limitée à 90 km/h, a fait une embardée, à la sortie d'une courbe. Il a percuté plusieurs arbustes avant de frapper brutalement un arbre dans un angle de 45 degrés.

Comme il ne portait pas sa ceinture de sécurité, l'impact l'a projeté vers l'avant, vers le rétroviseur central et le haut du pare-brise.

Même si les sacs gonflables s'étaient déployés, la victime aurait vraisemblablement heurté quand même le pare-brise et le rétroviseur à cause de l'angle de l'impact, ajoute le coroner.

Selon le rapport, M. Dubuc-Marquis n'est pas décédé sur le coup; il avait un pouls et respirait encore faiblement. Mais à 4h25, heure d'arrivée des services d'urgence, la victime ne démontrait plus aucun signe vital. Son décès a été constaté à l'hôpital de Granby, où il n'a pu être réanimé.

La coroner Pecko attribue la mort accidentelle du Granbyen au traumatisme crânio-cérébral sévère subi à la suite de son éjection du siège conducteur.

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec n'ont retrouvé aucune trace de freinage ou de dérapage sur la scène et les conditions routières et la visibilité étaient bonnes au moment de l'accident. De plus, l'enquête a démontré qu'il était éveillé depuis près de 22heures consécutives au moment de l'accident et les analyses toxicologiques ont démontré un taux d'alcoolémie de 0.2, soit plus du double de la limite légale, dans le sang du jeune homme. Ce faisant, les policiers ont présumé que M. Dubuc-Marquis s'est endormi au volant pour expliquer sa sortie de route.

Le père conteste

Normand Dubuc, le père de la victime, conteste cependant certaines conclusions du coroner. Il lui a même envoyé une mise en demeure pour exiger des correctifs au rapport. Selon lui, des irrégularités, notamment dans le rapport toxicologique, soulèvent des doutes au sujet de l'enquête. «Il manque plusieurs informations, notamment sur l'heure des prélèvements sanguins, dit-il. Le rapport toxicologique indique que les tests ont été menés le 19 juillet, alors que le décès remontait au 22 juin.»

M. Dubuc n'a pas pu envoyer de réclamation dans le cadre du programme d'indemnisation mis en place par GM pour les familles des victimes, parce qu'il n'a toujours pas accès au rapport de la Sûreté du Québec au sujet de l'accident de son fils. Il dénonce aussi le fait qu'il n'a pu obtenir un exemplaire en français du rapport d'enquête de Transports Canada sur l'accident.

Défectuosité du véhicule

Rappelons que comme les coussins gonflables frontaux ne se sont pas déployés au moment de l'impact, Transports Canada avait par la suite mené une enquête sur la Chevrolet Cobalt SS 2007 conduite par la victime.

Il a été constaté que la voiture faisait l'objet d'un rappel de la compagnie General Motors à l'effet que l'interrupteur d'allumage faisait défaut. Ainsi, en raison d'un choc ou d'un porte-clés trop lourd, celui-ci pouvait sortir de lui-même de la position de marche pour se mettre en position «accessoire», empêchant le module de contrôle des coussins gonflables d'être alimenté électriquement et donc de détecter les collisions.

Il a été rapporté que GM connaissait la défectuosité depuis 2001, selon des documents déposés devant les autorités américaines. Mais semble-t-il que le rappel, qui concernait 1,6 million de voitures sur le continent, n'ait été effectué qu'en février de cette année.

Mais même en bon état, le coussin gonflable du côté conducteur aurait pu ne pas se déployer vu l'angle avec lequel la voiture a percuté l'arbre. Ce même angle peut expliquer la direction dans laquelle a été projeté le jeune homme, qui aurait probablement heurté le rétroviseur frontal et le pare-brise avec la même force, peut-on lire dans le rapport.

Les parents de Danny Dubuc-Marquis ont reçu une indemnisation de 52 000$ de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ). En raison du système québécois d'indemnisation sans égard à la faute, ils ne pourront pas poursuivre le fabriquant.

Le jeune homme est le seul Canadien parmi les 13 victimes pour lesquelles l'entreprise américaine endosse officiellement la responsabilité de l'accident.

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