Il y a un an, l'usine Aldex brûlait

La scène qui s'offrait aux pompiers et à... (photo archives La Voix de l'Est)

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La scène qui s'offrait aux pompiers et à la population granbyenne ce jour-là laissait craindre le pire. Un panache de fumée était visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. La fumée s'était répandue dans la ville en entier, ou presque.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) L'incendie qui a détruit l'usine Aldex de Granby il y a un an est l'intervention en milieu industriel la plus complexe à laquelle les pompiers ont eu à faire face au cours des 17 dernières années, affirme Pierre Lacombe, directeur du Service des incendies de Granby.

«Ça n'a pas été l'intervention de combat incendie la plus longue. Mais de par la complexité de l'intervention, - dans ce cas-là, c'était tous les produits chimiques qui étaient en cause -, ça a été extrêmement préoccupant, a-t-il expliqué dans une entrevue accordée à La Voix de l'Est. Ça a été une des situations les plus délicates à laquelle on a eu à faire face depuis que je suis à Granby.»

Le feu n'a fait aucun blessé. Pas de victime. La scène qui s'offrait aux pompiers et à la population granbyenne ce jour-là laissait toutefois craindre le pire. Un panache de fumée était visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. La fumée s'était répandue dans toute la ville, ou presque.

La catastrophe évitée

Dès les premiers instants, les pompiers ont établi les priorités. Le directeur de l'usine, présent sur les lieux, a pu les guider quant à la nature et la quantité de produits chimiques qui se trouvaient sur place. Si de l'acide sulfurique se trouvait dans l'usine en flammes, la presque totalité des autres produits chimiques (ammoniac, styrène, caustique, etc) étaient entreposés dans un secteur du bâtiment qui a pu finalement être sauvé.

«Dès le départ, j'ai dit: ''on va peut-être perdre l'usine, mais il ne faut absolument pas que le feu gagne cette zone-là'' et on a été capable de couper le feu pratiquement à la porte de ce secteur. Au lendemain de l'incendie, tout était détruit, à l'exception de ce coin-là», se rappelle le directeur.

L'homme n'a d'ailleurs que de bons mots pour les membres de sa brigade. «Nos pompiers ont fait un excellent travail. Il y a eu beaucoup de rigueur», souligne-t-il.

Une fois l'incendie maîtrisé, les pompiers ont passé six semaines sur place, le temps qu'on procède au nettoyage. Leur mandat: s'assurer que tous les produits chimiques étaient sortis du site pour éviter toute contamination.

«On supervisait le travail pour que ça se fasse de façon sécuritaire et pour qu'une fois encore, on n'envoie pas de contaminant à l'extérieur du site ou au mieux, qu'on n'en déverse pas sur le site même. Ça a été long, ça a été laborieux, mais nous y sommes parvenus», poursuit-il, en précisant que plusieurs entreprises ont participé à cette tâche.

Une quantité de 150 000 livres d'acide sulfurique était au nombre des matières dangereuses. Les autorités ont tout fait pour éviter qu'une catastrophe ne survienne.

«S'il avait fallu perdre ça et que ça tombe dans l'environnement alors que la rivière Yamaska est juste à côté, ça aurait pu polluer jusqu'à Saint-Hyacinthe. On aurait eu une catastrophe terrible. Il y avait un potentiel énorme de contamination, mais rien n'est sorti du site d'Aldex. Ça a été une intervention couronnée de succès», indique M. Lacombe.

Un endroit déjà connu

Le service des incendies connaissait déjà Aldex avant l'incendie de l'usine. À l'exemple des autres compagnies industrielles, elle avait fourni, à la demande des pompiers, l'inventaire des produits chimiques avec lesquels elle travaille.

«Aldex n'a jamais caché ses matières dangereuses. Ils ont toujours été très ouverts avec nous, ce qui a contribué au succès de l'intervention», précise Pierre Lacombe, en décrivant le propriétaire comme un excellent citoyen corporatif.

Dans le cadre du programme de prévention, l'usine avait également reçu leur visite. L'équipe de matières dangereuses du service des incendies avait également élaboré un plan en cas de déversement de produit chimique avec leur collaboration.

 «Il y avait même un exercice planifié dans les jours qui suivaient le feu», signale Pierre Lacombe.

L'intervention survenue lors de l'incendie a toutefois débordé du cadre normal de ces opérations. La situation était si préoccupante qu'à au moins deux occasions, le plan de mesures d'urgence de la ville est passé «à deux cheveux» d'être déclenché, indique le directeur.

Le directeur du service des incendies ne s'est pas avancé sur les conclusions de leur investigation. Il préfère attendre que la Commission de la santé et de la sécurité du travail, avec qui le service a collaboré, publie d'abord les conclusions de son enquête.

Tous les détails dans notre édition de jeudi

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