Procès de Christian Bertrand : un psychiatre écarte la thèse de la maladie mentale

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«On est responsable de ce qu'on fait à partir de notre personnalité», a indiqué en cour le Dr Félix-Antoine Bérubé, psychiatre à l'hôpital Louis-H. Lafontaine.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le meurtre de Joseph Gobeille, commis le 21 septembre 2011 à Farnham, ne peut être attribué aux problèmes mentaux de son auteur, Christian Bertrand.

Bien que le Montréalais de 51 ans affiche des traits de personnalité limite et narcissique, ceux-ci n'expliquent pas pourquoi il a tabassé à mort son ancien père adoptif, a déclaré le Dr Félix-Antoine Bérubé, au tribunal.

«La personnalité n'est pas une maladie mentale», a dit le psychiatre de l'hôpital Louis-H. Lafontaine, hier, au sixième jour du procès de M. Bertrand pour meurtre prémédité et menaces de mort. Il ajoutera plus tard: «on est responsable de ce qu'on fait à partir de notre personnalité».

De l'avis du médecin et dernier témoin de la Couronne, représentée par Me Claude Robitaille, le crime «n'était pas dû à un trouble mental» comme la schizophrénie ou la dépression. L'accusé n'en présentait aucun symptôme lorsqu'il l'a rencontré, quatre jours avant le crime. Son dossier non plus.

Un traitement ou une médication ne l'aurait pas davantage aidé, a ajouté le Dr Bérubé, qui a plutôt invité Christian Bertrand à reprendre ses thérapies. «J'avais pas de raison de le garder à l'hôpital», a-t-il dit.

Menaces

Il a aussi refusé de prolonger son arrêt de travail. L'accusé s'était présenté à l'urgence de l'établissement montréalais deux jours plus tôt pour y être hospitalisé ou faire reporter son retour au boulot.

Sans détour, il a mentionné qu'il tuerait quelqu'un si le psychiatre n'accédait pas à sa demande, mais sans donner de nom. «Il m'a dit que ça allait le soulager, a dit le psychiatre. Il m'a dit: "si vous me laissez aller, vous serez responsable.'' Il était calme et conscient que ses propos étaient socialement inacceptables.»

Inquiet, le Dr Bérubé a appelé les policiers, avec l'accord de M. Bertrand. Puisque la cible n'était pas identifiée et qu'il n'y avait pas de plainte, le patient n'a pas été arrêté.

«Comme il avait déjà tenu ce genre de propos, il était très difficile de savoir si monsieur allait poser des gestes conformes à ce qu'il disait, a dit le médecin. En rétrospective, oui, il y avait un danger, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le savoir.»

À la défense, Me Jean-Marc Bénard a demandé au témoin si l'arrêt dans la prise d'antidépresseurs - M. Bertrand avait alors cessé de prendre du Zoloft - pouvait causer des comportements impulsifs. Le Dr Bérubé a répondu par l'affirmative.

«Ma vie est finie»

En après-midi, le jury a regardé l'interrogatoire de l'accusé enregistré le jour de son arrestation, au lendemain du crime. M. Bertrand s'explique sans gêne à l'agent qui l'interroge, éclatant même de rire par moments. En une autre occasion, il évoque des idées suicidaires.

«Ma vie est finie, de toute façon, c'est pas vivable, dit-il. Je suis en thérapie depuis des années.» Il s'expose à une peine de prison à perpétuité.

La défense a déjà indiqué que l'accusé admet avoir posé les gestes portés contre Joseph Gobeille, mais qu'elle plaidera la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. De son côté, la Couronne entend prouver que M. Bertrand est pleinement coupable.

Il en voulait à l'octogénaire qui l'avait hébergé en famille d'accueil, de trois à sept ans, lui reprochant de l'avoir battu et de l'avoir humilié, notamment en le faisant défiler nu devant d'autres adultes. Le procès reprend aujourd'hui au palais de justice de Granby.

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