Le Phoslock pour lutter contre le phosphore?

Une cinquantaine de personnes ont assisté au dévoilement... (photo Maxime Sauvage)

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Une cinquantaine de personnes ont assisté au dévoilement des principales conclusions et recommandations tirées de l'importante étude menée sur la santé du lac Bromont, samedi en fin de journée à la salle du conseil de l'hôtel de ville.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) Le lac Bromont nourrit lui-même ses algues bleues. Voilà l'une des conclusions auxquelles est parvenu le groupe de recherche de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), chargé de faire le bilan de santé du lac. Le résultat a été présenté par Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) et la Ville de Bromont, samedi.

On se souviendra que l'organisme avait fait appel à l'UQAM en 2006, alors que la plage du lac Bromont, comme beaucoup d'autres au Québec, avait été fermée en raison d'une importante quantité d'algues bleues. L'aménagement de nouvelles pistes de ski dans le bassin versant, tout comme le développement résidentiel du Val des Irlandais, avait justifié selon l'ACBVLB de commander l'étude, financée en partie par l'UQAM et par la Ville. La recherche, qui a débuté au printemps 2007 et qui s'est étendue sur trois ans et deux étés, visait à identifier les causes des efflorescences des cyanobactéries dans le plan d'eau.

Un état de santé dégradé

Le directeur de l'urbanisme et du développement durable de la Ville de Bromont, Jean-François Vachon, a résumé les conclusions du rapport, qui fait du lac Bromont l'un des mieux documentés au Québec.

Outre les activités humaines, et bien que quatre ruisseaux lui apportent des nutriments nourrissant les cyanobactéries, le lac lui-même en renferme une plus grande quantité encore. «Le lac est pauvre en nutriments en surface, mais la quantité est six fois plus importante au fond, explique M. Vachon. Les résultats démontrent que ces sédiments représentent une importante source de phosphore.»

Selon les observations, plus précises à partir de 2009, il existe une corrélation entre la quantité croissante de phosphore répertoriée dans le lac et celle de cyanobactéries qu'on y retrouve, ce qui a contribué à dégrader son état de santé.

Parmi les recommandations, on suggère l'aménagement durable et un contrôle serré des activités dans le bassin versant, grâce au contrôle des apports externes de nutriments dans le lac, au maintien et à la protection des zones humides, notamment à l'embouchure du ruisseau Wright, et à une réglementation qui encadrerait l'aménagement de nouveaux étangs artificiels et l'entretien de ceux-ci.

Des suivis réguliers seront également à faire, notamment au niveau de la qualité de l'eau.

Une solution à l'étude

Plusieurs solutions pourraient diminuer le phosphore dans le lac, dont l'extraction de sédiments, l'aération et l'ajout de composés chimiques. Si le premier peut menacer la faune et la flore présentes et que le second pourrait provoquer l'effet contraire à celui désiré, le troisième peut pour sa part acidifier l'eau et être toxique. Que faire alors?

L'UQAM suggère un nouveau composé chimique appelé Phoslock, non toxique pour les humains ou les organismes aquatiques. Le composé de granules d'argile, à laquelle est fixé chimiquement du lanthane, a déjà fait ses preuves en Océanie, en Europe et en Asie. Des tests sont en cours en Ontario.

Comme son nom l'indique, le Phoslock «emprisonne» le phosphore au fond du lac, l'empêchant de remonter vers la surface et de nourrir les algues.

En février dernier, le fabricant a présenté son produit à Bromont et à l'ACBVLB. Ensemble, ils ont effectué de l'échantillonnage sur le lac à la fin du mois de juillet.

S'il se concrétise dans le lac Bromont, le projet Phoslock pourrait coûter 600 000$ pour une première application. Un second traitement, moins coûteux, serait à prévoir dans un horizon de plus ou moins trois ans, a ajouté M. Vachon.

En attente d'une réponse de Québec

Une demande de rencontre a été placée auprès du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC). On souhaite connaître l'ouverture du ministère face à un projet de restauration du lac Bromont de même que sa position sur l'utilisation du Phoslock au Québec. On compte également discuter d'un partenariat pour un éventuel projet pilote en ce sens.

Advenant une réponse positive du MDDELCC, il faudra toutefois s'assurer que Bromont et la collectivité souhaitent aussi aller de l'avant, indique Jean-François Vachon. Il faudra aussi vérifier si des subventions sont disponibles pour financer une part du projet.

Les études, conclusions et recommandations, formulées par le groupe de recherche de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en collaboration avec l'ACBVLB et la Ville de Bromont, sont disponibles sur le site web de l'organisme (www.lacbromont.ca) et à compter d'aujourd'hui à la bibliothèque municipale.

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