Danger de Contamination aux hydrocarbures: vive inquiétude pour le puits Bailey

La gravière Bailey, à Bolton-Ouest, se trouve à... (Photo Michel Laliberté)

Agrandir

La gravière Bailey, à Bolton-Ouest, se trouve à moins de 150 mètres du puits Bailey et de ses quatre sources d'eau potable qui alimentent la ville de Lac-Brome.

Photo Michel Laliberté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) L'eau potable demeure une source d'inquiétude à Lac-Brome. Aux prises depuis un an avec une contamination du puits Jolibourg aux coliformes fécaux, voilà que l'exploitation d'une gravière à proximité des sources du puits Bailey représente des risques de contamination aux hydrocarbures.

Exploitée par Construciton DJL, la gravière Bailey, le long du chemin du même nom, se trouve sur le territoire de la municipalité de Bolton-Ouest. Elle est à moins de 150 mètres du puits Bailey, la plus importante source d'eau potable de la ville de Lac-Brome avec sa production de 1755 litres par minute. C'est là qu'on retrouve par ailleurs les deux futures sources d'approvisionnement de la ville, la petite et la grande galerie (capacité de 655 l/m), ainsi que le ruisseau Coldbrook.

Or Construction DJL demande à la Commission de protection du territoire agricole de renouveler son permis de cinq ans pour exploiter la gravière. Celle-ci serait exploitée depuis les années 70. La Ville de Lac-Brome s'oppose à cette demande, plaidant les dangers qui guettent sa source d'eau potable.

«C'est directement à côté de nos principaux puits. L'exploitation du site peut rendre la situation très complexe», estime Gilbert Arel, directeur général de la Ville de Lac-Brome. «On veut protéger nos sources d'eau», a-t-il dit à La Voix de l'Est. La menace est bien réelle, soutient Carl Fiset, ingénieur à la Ville de Lac-Brome. Des tests menés ces dernières années à partir d'eau de la nappe phréatique qui alimente quatre sources du puits Bailey ont révélé des traces d'hydrocarbures. Les indices de vulnérabilité s'approchent dangereusement d'un seuil jugé élevé, indique-t-il.

Le barème du ministère de l'Environnement établit qu'un indice de vulnérabilité entre 101 et 179 est considéré moyen. Trois des quatre sources d'eau du puits Bailey ont une cote de 160 et plus (les deux galeries sont à 161, le puits Bailey 1 est à 166). La présence d'hydrocarbure dans les échantillons d'eau peut être attribuable aux équipements utilisés pour exploiter la gravière, conclut M. Fiset. Les taux de vulnérabilité sont élevés, fait-il remarquer, même si le site a connu peu d'activités au cours de la dernière année. Le type de sol ajoute aux risques de contamination, ajoute-t-il. «C'est un endroit sableux, qui favorise l'infiltration de polluant de la surface jusqu'à la nappe phréatique facilement. Le risque est là que de l'essence, de l'huile, d'autres produits contenant des hydrocarbures qu'on retrouve dans la machinerie contaminent la nappe phréatique. C'est le même aquifère», dit-il. Outre les résidants de Lac-Brome, l'eau potable du réseau d'aqueduc est essentielle aux activités de KDC Knowlton et Canards du Lac Brome, les deux principaux employeurs de la municipalité.

Le directeur de Construction DJL à Bromont, Martin Bouvier, ne nous a pas rappelés hier.

«De la folie»

Renaissance lac Brome est alarmé par la situation. Comme la Ville, le groupe environnementaliste s'est fait entendre par la CPTAQ lors des audiences pour permettre l'utilisation d'une terre à des fins non agricoles. «On a la preuve qu'un danger de pollution existe. L'exploitation de la sablière ne peut pas reprendre. Ça serait de la folie», affirme Pierre Beaudoin de RLB. «Il faut dire non.»

Le conseil municipal de Bolton-Ouest a donné son accord à ce que la CPTAQ renouvelle le permis d'exploitation de DJL. Il a demandé à l'entreprise de mettre en place des dispositifs pour protéger les sources d'eau potable de la Ville de Lac-Brome.

Cette affaire survient alors que la Ville travaille toujours à reprendre la production au puits Jolibourg. Il a été retiré du réseau d'aqueduc en décembre l'année dernière lorsque des traces de coliformes fécaux ont été décelées dans des échantillons d'eau. La source de la contamination n'a jamais été découverte. La Ville a décidé de débrancher le puits Jolibourg du réseau, et ce, afin de ne pas obliger ses citoyens à faire bouillir leur eau. Il sera reconnecté au réseau dans les prochains mois au terme d'un protocole de reprise de service exigé par le ministère de l'Environnement. Son eau sera alors filtrée par un système de chloration, a dit M. Arel. Le puits Jolibourg a une capacité de 415 l/m.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer