Meurtre de Joseph Gobeille: L'accusé voulait se soigner

Christian Bertrand «avait des idées d'agression, il a... (photo La Voix de l'Est)

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Christian Bertrand «avait des idées d'agression, il a cherché à se faire admettre [en hôpital psychiatrique], mais ils l'ont laissé aller», a indiqué son frère Claude (photo) au tribunal. «Il savait que ses pensées n'étaient pas saines.»

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Christian Bertrand cherchait depuis longtemps à traiter ses obsessions et ses envies de tuer son ancien «père adoptif», allant jusqu'à demander d'être accueilli dans un hôpital psychiatrique. Ce qui lui a été refusé. Une semaine plus tard, il assassinait Joseph Gobeille à l'aide d'un objet contondant.

Le frère de l'accusé, Claude Bertrand, a relaté hier le refus essuyé par celui qui subit présentement son procès pour meurtre prémédité et menaces de mort. «Il avait des idées d'agression, il a cherché à se faire admettre, mais ils l'ont laissé aller», a indiqué le militaire retraité de 53 ans en répondant aux questions de la Couronne, représentée par Me Claude Robitaille. «Il savait que ses pensées n'étaient pas saines, qu'il avait des problèmes.»

On lui a plutôt recommandé de cesser sa médication. «Ça l'a insulté, mais il a commencé à la couper de lui-même», a dit Claude Bertrand, qui ne croyait pas que son frère mettrait son plan à exécution, le 21 septembre 2011, contre celui qui l'avait fréquemment battu et, disait-il, humilié dans sa jeunesse. «Je ne pensais pas que ça irait jusque-là.»

Troubles

En fait, Christian Bertrand consultait depuis 1983 pour ses problèmes mentaux, sans vraiment en guérir. Son dossier médical fait état de suivis en psychologie, en sexologie, d'une psychose latente, de troubles de l'humeur, de traits de personnalité anxieuse, limite, narcissique et paranoïde ainsi que d'idées suicidaires depuis l'âge de neuf ans.

«Ce n'était pas un cas simple», a reconnu le Dr Pierre Lavigne de l'Institut universitaire en santé mentale du Québec, qui a vu l'accusé cinq mois avant le crime. «Il ressent une souffrance intérieure soutenue.» M. Bertrand avait de plus une capacité d'empathie limitée et une attitude méprisante envers le personnel qui le soignait.

Ces problèmes peuvent-ils avoir été causés par des traumatismes vécus à l'enfance? , a demandé Me Jean-Marc Bénard, de la Défense. C'est possible, a dit le médecin. Une enfance malheureuse «augmente clairement le risque de souffrir de troubles de santé mentale à l'âge adulte».

Souci

À ce sujet, Claude Bertrand a confirmé que les raclées étaient sévères et fréquentes chez les Gobeille, à Farnham, où les deux frères avaient vécu en bas âge. «Il y avait peut-être une ou deux journées par semaine où je ne me faisais pas battre, a-t-il dit. Toutes les raisons étaient bonnes. Le seul temps calme, c'était quand on dormait.» Il réalise aujourd'hui que ces corrections étaient «un peu excessives». Lui non plus n'a jamais porté M. Gobeille dans son coeur.

Son frère et lui ont toutefois rendu visite à leur ancien logeur, il y a une dizaine d'années. «Après, je lui ai dit: c'est un vieil homme maintenant, laisse-le aller. Je voulais qu'il s'en détache, qu'il arrête de se faire du souci pour le passé. Mais il trouvait que ce n'était pas juste, le traitement qu'on a subi. Il voulait que ça se sache.»

Le procès se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Granby. Christian Bertrand, un Montréalais de 51 ans, s'expose à une peine de prison à perpétuité. La Défense a déjà annoncé qu'elle plaidera la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. De son côté, le ministère public entend prouver que l'accusé avait conscience de ses actes.

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