Meurtre de Joseph Gobeille : l'accusé voulait aussi tuer un ancien camarade

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Accusé de meurtre prémédité, Christian Bertrand avait aussi envisagé de tuer Mario Lafrance (photo), un ancien camarade de famille d'accueil.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Christian Bertrand a fait de troublantes déclarations à un ancien «frère» de la famille d'accueil où ils ont vécu dans leur jeunesse, à Farnham.

En septembre 2011, Mario Lafrance a rencontré l'accusé dans un salon de quilles de Cowansville. Après avoir échangé quelques mots, M. Bertrand lui a lancé d'un ton calme: «je ne suis pas venu ici pour jouer au bowling, mais pour te tuer».

Il le tenait en partie responsable des corrections subies. «Je lui ai dit que moi aussi, j'avais mangé des volées», a déclaré M. Lafrance, hier, au deuxième jour du procès de M. Bertrand pour meurtre prémédité et menaces de mort.

Curieusement, l'homme à tout faire ne s'est pas senti menacé outre mesure; il a plutôt continué de discuter avec l'accusé de leur enfance et de leur «père adoptif», Joseph Gobeille. «On riait même, on avait du plaisir, a dit le témoin. En partant, on s'est fait des accolades.»

En prenant congé, M. Bertrand a dit à son ancien camarade qu'il renonçait à le tuer et à assassiner son ancien logeur. Mais quatre jours plus tard, Christian Bertrand tabassait M. Gobeille devant chez lui, rue Saint-Vincent. L'octogénaire est mort à l'hôpital.

Après ces étranges retrouvailles, Mario Lafrance a tout de même craint pour sa sécurité et celle de ses proches. C'est pourquoi il n'a rien dit à la police. «Ç'aurait été quoi après, il serait retourné contre ma famille? J'ai six petits-enfants...», a dit l'homme de 52 ans de Lac-Brome, en étranglant un sanglot.

Châtiments

La défense a annoncé, mardi, qu'elle plaidera la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, ce que la Couronne entend contester.

En contre-interrogatoire, M. Lafrance a précisé que la victime était un homme autoritaire et grand amateur de châtiments corporels. «Il fallait que ça marche "de même", sinon il y avait des punitions. On avait toujours peur de M. Gobeille.»

Durant son séjour à Farnham, de 6 à 18 ans, il a été témoin - et victime - de nombreuses corrections à l'aide de la strap, d'une règle ou d'une tapette à mouches. En une occasion, son frère a subi une raclée si forte qu'il n'a pu s'asseoir pendant deux semaines.

Il ne juge pas que ces punitions étaient trop sévères. «C'était de même dans tous les foyers, ça a d'l'air, a dit M. Lafrance. Je n'ai jamais regretté les punitions. J'ai appris. Aujourd'hui, je ne suis pas un menteur ni un voleur.»

Contrairement à l'accusé, il est toujours resté en contact avec Joseph Gobeille, qu'il appelait «mon père». À sa connaissance, l'homme n'a jamais agressé sexuellement ses protégés.

Traumatisme

Plus tôt dans la journée, le pathologiste judiciaire Yann Dazé a livré son analyse de la dépouille de la victime. M. Gobeille est mort de «5 à 15 coups portés à la tête» et son état de santé précaire a nui à sa possible guérison.

Huit jours après l'agression, l'octogénaire a été débranché du coma dans lequel il reposait, au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Le procès de Christian Bertrand se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Granby.

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