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Meurtre d'un octogénaire à Farnham : l'accusé admet son crime, pas sa responsabilité criminelle

La victime habitait chez Nicole Beauregard au moment... (photo La Voix de l'Est)

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La victime habitait chez Nicole Beauregard au moment du crime. «J'ai dit: au secours, il va mourir! , a témoigné la quinquagénaire. J'ai été chez la voisine pour appeler le 911. J'étais assez nerveuse!»

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Christian Bertrand a bel et bien tué Joseph Gobeille, mais ne peut en être tenu responsable à cause de ses troubles mentaux.

Fait rare, la défense a annoncé ainsi sa stratégie, hier, au premier jour du procès du Montréalais de 51 ans. M. Bertrand est accusé d'avoir tabassé un retraité de Farnham, le 21 septembre 2011, avec un objet contondant. L'homme de 84 est mort de ses blessures huit jours plus tard à l'hôpital.

L'accusé admet avoir commis les gestes reprochés, «mais nous sommes en mesure d'apporter des éléments qui vous permettront de vous prononcer sur sa non-responsabilité criminelle», a indiqué au jury Me Jean-Marc Bénard, de la défense, dans son exposé d'ouverture.

Pour le ministère public, Me Claude Robitaille a rétorqué que «qui dit problème de santé mentale ne dit pas nécessairement non-responsabilité». «Christian Bertrand a volontairement causé la mort de Joseph Gobeille, de façon planifiée et délibérée, a dit le procureur. C'était un geste voulu, songé. (...) Il avait fait part de ses plans.»

La Couronne a précisé que l'accusé avait des problèmes financiers et avait séjourné à l'hôpital psychiatrique Louis-H. Lafontaine peu avant le crime. Il avait aussi tenu des «propos homicidaires.» «Il ne portait pas M. Gobeille dans son coeur (...) à cause de ce qu'il a vécu dans sa jeunesse», a dit Me Robitaille, sans donner plus de détails.

Famille d'accueil

De trois à sept ans, M. Bertrand a vécu en famille d'accueil avec M. Gobeille. Les deux hommes se sont revus le jour du crime, alors que le Montréalais est venu frapper à la porte de la victime, rue Saint-Vincent, en fin d'après-midi.

«Il est venu avec une photo, a expliqué Nicole Beauregard, premier témoin appelé à la barre et logeuse de la victime, à l'époque. Il a dit: je suis Christian, de Montréal, vous m'avez gardé quand j'étais jeune... Ils ont jasé un peu. Je ne l'avais jamais vu avant.» La victime ne semblait pas se souvenir de son ancien protégé.

Mme Beauregard a laissé les hommes sur la galerie. Quelques minutes plus tard, elle a dit avoir vu, à travers une vitre, le reflet «de trois mouvements». Elle n'a rien entendu, mais admet avoir des problèmes d'audition.

En retournant à l'extérieur, elle a trouvé celui qu'elle appelait affectueusement «pépère» affaissé sur une chaise de plastique, une plaie sur le côté droit de la tête. «J'ai dit: au secours, il va mourir! J'ai été chez la voisine pour appeler le 911. Je lui épongeais la tête. Il saignait. J'étais assez nerveuse!» Elle a dit ne pas avoir vu le visiteur repartir.

La quinquagénaire avait cependant affirmé le contraire dans sa déclaration aux policiers, ce que la défense n'a pas manqué de relever. Elle a aussi décrit M. Gobeille comme un homme gentil et aimable avant d'ajouter qu'il était «mauvais», avait «tout un caractère» et «chialait», notamment en regardant les nouvelles.

Blessures

Cinq policiers ont ensuite témoigné pour expliciter leur travail dans les heures qui ont suivi l'agression. Il a notamment été question des blessures subies par la victime: lacérations au cuir chevelu, ecchymoses et deux fractures aux joues.

L'agent Marc Pouliot, du Bureau régional d'enquête de la SQ en Estrie, a par ailleurs décrit M. Bertrand comme «extrêmement poli et coopératif» lors de son arrestation, le lendemain du crime. «Je l'ai senti comme quelqu'un avec beaucoup d'éducation, cultivé. Il comprenait très bien et avait une très bonne mémoire.» Au passage, l'accusé a mentionné aimer la sociologie ainsi que Jean Charest, premier ministre à l'époque.

«Il n'était pas surpris non plus d'être arrêté», a dit l'agent Pouliot.

Présidé par l'honorable Gaétan Dumas, de la Cour supérieure, le procès de Christian Bertrand se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Granby. L'accusé fait face à des accusations de meurtre au premier degré et de menaces de mort. Il s'expose à une peine de prison à vie.

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