Désinvestissement d'IBM dans le secteur des semiconducteurs: l'usine de Bromont s'en sauve

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La compagnie IBM a précisé, hier, que la transaction avec GlobalFoundries n'incluait pas son usine de Bromont.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Bromont) Le géant informatique IBM a effectué une nouvelle manoeuvre pour tenter de se restructurer, hier, en transférant ses activités de fabrication de semi-conducteurs à la société GlobalFoundries. L'usine de Bromont, la seule d'IBM au Canada, n'est pas touchée par cette transaction.

La multinationale a annoncé, hier matin, qu'elle se départait de ce secteur et, du même coup, de ses installations à East Fishkill dans l'État de New York et de celles d'Essex Junction au Vermont.

Dans un communiqué, IBM a précisé que l'accord n'incluait pas son usine bromontoise. «Elle poursuivra sa mission actuelle qui est de développer et de créer des solutions avancées de conditionnement des semiconducteurs pour les produits de stockage et de serveurs d'IBM, peut-on lire. Enfin, l'usine créera des modules logiques personnalisés pour GlobalFoundries. Nous sommes fiers de continuer à être un employeur de longue date et un investisseur actif dans l'économie québécoise.»

La mission de l'usine de Bromont restera la même, mais ses partenaires changeront, fait valoir l'entreprise. Elle s'approvisionnera désormais auprès de GlobalFoundries plutôt qu'auprès d'usines appartenant à IBM.

Directeur de l'innovation chez IBM, Bernie Meyerson insiste: la fabrication à large échelle de semi-conducteurs n'a «jamais» fait partie de la mission centrale d'IBM. «Notre activité principale, ce sont les technologies de l'information», a-t-il dit en entrevue à La Presse Affaires.

On sait que l'avenir des installations de Bromont a souvent été remis en question au cours des derniers mois dans les médias. Des rumeurs circulaient notamment sur la vente possible de l'usine.

Hier, IBM Canada n'a pas voulu en dire plus sur la suite des choses. Aux questions de La Voix de l'Est, la porte-parole Joanne Fortin s'est contentée d'affirmer qu'à l'heure actuelle, «il n'y avait aucun changement» pour Bromont.

Questionnée à savoir si les rumeurs de coupes de 200 postes, dont il a été question cette année, s'étaient confirmées à Bromont, elle a simplement déclaré: «Tout se maintient à l'usine».

Sur le site web d'IBM, on mentionne que l'usine de Bromont, en activité depuis 42 ans, compte toujours plus de 2800 employés.

Selon certaines informations, le personnel de l'usine devrait être rencontré aujourd'hui au sujet de cette récente transaction.

Coûteux accord

Cet accord signifie pour IBM qu'elle payera à GlobalFoundries la somme de 1,5 milliard$US sur trois ans pour qu'il se porte acquéreur de ses activités de fabrication de puces, qui sont déficitaires. En incluant la dépréciation de ses actifs, cette transaction lui coûtera au bas mot 4,7 milliards$.

L'entente prévoit par ailleurs que GlobalFoundries deviendra propriétaire de milliers de brevets appartenant auparavant à IBM. L'entreprise basée en Californie sera également le fournisseur exclusif des technologies de semiconducteurs 22, 14 et 10 nanomètres pour processeurs de serveurs d'IBM et ce, pour les dix prochaines années.

La mairesse se réjouit

La mairesse, Pauline Quinlan, se réjouit de voir que «le plus grand citoyen corporatif de la municipalité» demeurera à Bromont. Elle avoue que les rumeurs suscitaient une certaine forme de fébrilité. «J'étais à Burlington il y a quelques semaines, et ils en parlaient dans le Burlignton Free Press. Je m'étais dit 'hum'...», avoue-t-elle.

Mme Quinlan est convaincue que les orientations prises par la Ville de Bromont en 2005 en matière de recherche technologique ont pesé positivement dans la balance. La création du Centre de collaboration en miqro innovation (C2MI), un projet de 240 millions$ financé par le fédéral, le provincial, le municipal et le privé, est venue affermir la décision d'IBM de rester à Bromont, selon elle.

La mairesse n'est pas d'accord avec ceux qui prétendent que l'usine bromontoise a échappé à la transaction seulement parce qu'elle est située au Canada. «La qualité des employés d'IBM-Bromont est reconnue partout. J'aime croire que c'est la performance de l'usine qui a joué en sa faveur», affirme Mme Quinlan, qui refuse d'y voir là un simple sursis.

- Avec la collaboration de La Presse

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