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Grève des éducatrices en milieu familial à Granby: «Ce n'est pas une majorité qui participe»

Sylvie Duhamel ne ferme pas sa garderie pour... (photo Maxime Sauvage)

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Sylvie Duhamel ne ferme pas sa garderie pour la journée de grève nationale des services de garde en milieu familial. Elle appuie tout de même entièrement son syndicat dans ses revendications.

photo Maxime Sauvage

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De nombreux parents pourront laisser leur enfant à la garderie aujourd'hui dans la région. La majorité des garderies sont restées ouvertes en Haute-Yamaska vendredi, lors de la journée de grève régionale des responsables de services de garde en milieu familial, et le seront encore aujourd'hui pour la grève nationale.

«Je me suis renseignée. S'il y avait eu un bon nombre de filles, j'y serais allée, mais ça s'enligne pour être pareil comme la première fois», a fait savoir Sylvie Duhamel, responsable du service de garde Le nid douillet, de Granby. Durant la négociation de leur première convention collective, il y a quelques années, elles étaient dix dans l'autobus pour la manifestation, raconte-t-elle. Le bureau coordonnateur de la Haute-Yamaska chapeaute 210 responsables de service de garde (RSG) pour en moyenne 1100 places.

Le faible taux de participation a également pu être constaté par La Voix de l'Est, qui a rencontré plusieurs responsables de services de garde (RSG).

«On n'a pas de chiffre exact parce que les filles ne nous le disent pas. Ce n'est pas une majorité, c'est peut-être une égalité» qui participe à la grève, admet Isabelle Ménard, déléguée syndicale pour le bureau coordonnateur familigarde de Granby pour l'ADIM-Estrie (Alliance des intervenantes en milieu familial), affiliée à la CSQ.

Des parents incompréhensifs

Selon cette dernière, des parents ne comprennent pas les raisons qui poussent les éducatrices en milieu familial à faire la grève. «Si c'est pour virer en chicane parce que la personne pense juste à elle, à un moment donné, c'est sûr que ça donne juste le goût de rester ouvert.» Certains parents ne pensent qu'à eux, ajoute-t-elle, mais ce n'est qu'une minorité.

«Les parents qui sont en milieu familial ont toujours un plan B. Un parent est capable de s'arranger deux semaines (NDLR: pour une période de vacances dans une garderie en milieu familial), il est capable pour une journée. Quand ce n'est pas leur destin qui est en cause, ils ne comprennent pas qu'on doit faire valoir nos droits», ajoute la dame.

La plupart finissent par comprendre, ajoute Mme Ménard, lorsque les RSG leur demandent s'ils aimeraient que la garderie ne soit ouverte que 35 heures par semaine, l'arrivée et le départ de l'enfant inclus. La cause devient alors la leur.

Une autre raison qui pourrait les pousser à refuser de fermer leur garderie pour une journée en est une financière. «On n'est pas payés, on ne peut pas réclamer notre subvention. C'est sûr qu'il y a certains cas où, si la paie ne rentre pas, elle ne peut pas payer l'hypothèque. La majorité est d'accord avec nos revendications, elles voudraient nous suivre dans la rue, mais elles ne sont pas toutes capables.»

À l'heure juste

Sylvie Duhamel appuie son syndicat dans les demandes faites au gouvernement même si elle ne participe pas à la grève volontaire. Celles-ci concernent principalement le salaire. Québec voudrait payer les RSG pour une semaine de 35 heures, alors qu'il exige 50 heures de travail avec les enfants. «On n'a pas le droit d'être ouvert moins de dix heures par jour. Ça fait cinquante heures. Je fais mon entretien à part, la préparation des activités, le programme éducatif, les rencontres avec les parents.» Elle doit aussi payer ses formations et les jouets pour les enfants.

«Pourquoi ils ne viennent pas dans notre milieu une semaine? Ils vont voir!» Mme Duhamel a aussi décidé de prendre les enfants lundi pour rendre la vie plus facile aux parents.

«Je pourrais te donner une feuille de trois colonnes de ce qu'il faut faire», commente Julie Gagné, RSG.

Les responsables des services de garde négocient leur deuxième convention collective. «Ça fait un an qu'on négocie, indique Marlène Carbonneau, présidente de l'ADIM-Estrie. L'enjeu, c'est la reconnaissance des heures travaillées.»

La ministre France Charbonneau a annulé une journée de négociation, prévue vendredi, en réaction aux journées de grèves tournantes qui avaient lieu la semaine dernière. «On n'a jamais refusé d'aller en négociation, plaide Marlène Carbonneau. On était prêts à négocier toute la nuit et toute la fin de semaine pour éviter la grève lundi.»

La journée de grève nationale d'aujourd'hui était prévue depuis le 1er octobre. Les parents ont donc été avisés au moins deux semaines avant celle-ci.

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