Le grand virage: écouter sa petite voix...

«Devenir médecin est la meilleure décision que j'ai... (photo Maxime Sauvage)

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«Devenir médecin est la meilleure décision que j'ai prise dans ma vie», laisse entendre le Dr Patrick Laplante avec conviction.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) À 46 ans, Patrick Laplante est exactement là où il souhaite être dans la vie. Avec un stéthoscope autour du cou et les yeux plongés dans le regard de ses patients. «Devenir médecin est la meilleure décision que j'ai prise dans ma vie.»

S'il n'avait pas écouté sa petite voix intérieure, c'est pourtant devant des colonnes de chiffres qu'il passerait ses journées. Diplômé en administration, Patrick Laplante a entamé sa carrière comme comptable avant de tout laisser tomber pour suivre son rêve. «J'ai toujours voulu faire ma médecine», raconte-t-il.

Inscrit en sciences santé au Cégep de Granby, le jeune homme a vu la porte se fermer devant lui à la fin du collégial. Déçu, il a fallu qu'il se tourne vers une autre carrière. «Je n'avais pas d'atomes crochus avec aucune autre branche de la santé, comme la pharmacie par exemple. Je suis entré à l'Université de Sherbrooke en biologie, mais au bout d'une session, j'ai choisi l'administration...»

Consciencieux et performant, il complète son baccalauréat avec succès, fait un stage et fait ses débuts professionnels dans une firme de comptables à Granby. Durant trois ans, il calcule et sollicite des clients. «C'était assez clair que ce n'était pas ce que je voulais faire dans la vie, laisse-t-il tomber. Ce que je voulais, c'était m'asseoir avec les gens, les écouter et trouver des solutions à leurs problèmes.»

Il fait une parenthèse. «À la fin de mon bac en administration, j'avais appliqué en médecine et on m'avait accepté. Mais j'étais à deux semaines de me marier, la maison était achetée. Je m'étais donc donné une chance d'aimer l'administration...»

Son désir le rattrape pourtant après ces trois années à «essayer d'aimer» un domaine qui ne lui convient pas. Encore obsédé par son goût de la médecine, il envoie sa demande dans trois universités, puis décide que ce sera à Québec qu'il deviendra enfin médecin. «On a vendu la maison et on a déménagé là-bas avec notre bébé de deux ans.»

Des années occupées

À son arrivée à la faculté de médecine, Patrick Laplante est plus âgé et plus mûr que la plupart des étudiants. Les années qui suivent sont exigeantes, mais étonnamment riches. «C'est le plus beau cadeau que je me suis fait. J'aimais apprendre. J'ai beaucoup étudié, mais j'ai eu beaucoup de soutien de ma conjointe de l'époque», raconte-t-il.

Car, tenez-vous bien, l'homme a eu trois autres enfants durant ses études en médecine. Sa situation lui assurant le maximum de prêts et bourses, le couple a su joindre les deux bouts durant toutes ces années.

Selon lui, son âge et ses responsabilités familiales lui ont permis de faire sa médecine différemment... et d'être aujourd'hui un meilleur omnipraticien. «J'ai vécu la ''vraie vie'' avec les préoccupations qui vont avec. Je pense que je comprends mieux mes patients.»

«Tout mon parcours m'a appris bien des choses sur moi-même. Ça s'est ajouté à mon bagage d'expérience», ajoute-t-il.

Le beau métier

Épanoui est le mot qui convient parfaitement à Patrick Laplante. Le médecin de famille, qui est aussi professeur d'enseignement clinique auprès de résidents et d'externes, en plus d'être engagé dans son milieu, clame haut et fort qu'il a «la plus belle job du monde». «C'est comme un métier de détective en accéléré. Ici, les journées passent très vite.»

Sportif, docteur et homme de famille, ça fait pourtant beaucoup. «Je m'en viens bon pour faire deux choses à la fois. J'ai une liberté d'horaire qui me le permet», avoue-t-il.

Bien sûr, la profession de médecin est nimbée d'une aura positive. Il y a le «standing», mais aussi le salaire qui n'est pas à négliger.

«Oui, je gagne très bien ma vie, mais je ne fais même pas ça pour l'argent. Je crois qu'on est tous faits pour un travail et je suis clairement tombé sur le bon... et sur la bonne spécialité en plus!»

Sa position sociale, il veut surtout s'en servir pour changer les choses, influencer positivement les habitudes santé des gens. Il mijote d'ailleurs quelques projets...

«Je ne regrette absolument rien. J'ai fait le bon choix!»

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