Un coup de pouce pour la Yamaska

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«Un des gros avantages (de l'informatisation de tous les ouvrages) sera pour la production des relevés aux ministères qui doivent être de plus en plus précis», dit le chargé de projets à la Ville, Manuel Cabana.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby disposera de données plus détaillées que jamais sur les surverses d'eaux usées sur son territoire. Des compteurs seront installés sur la totalité de ses ouvrages de surverses, si bien que ceux-ci pourront dorénavant transmettre des informations précises et en temps réel.

La technologie n'est pas nouvelle, a fait valoir hier le coordonnateur à la division du traitement des eaux aux services techniques, Claude Ouimette. Mais Granby serait une des premières villes québécoises à informatiser l'ensemble de ses ouvrages de surverses. «Des villes nous appellent pour savoir comment on procède. C'est un souhait du gouvernement que les villes aillent plus loin que les simples relevés», dit-il.

De façon technique, les surverses surviennent lorsqu'il y a des débordements d'eaux usées, sans traitement, dans les plans d'eau, comme la rivière Yamaska et le lac Boivin. La vétusté des réseaux d'égout et l'absence d'égouts pluviaux peuvent être à l'origine du phénomène. Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMROT) notamment exerce un suivi annuel des surverses.

Pour l'heure, les informations transmises par les villes demeurent toutefois parcellaires, relève Claude Ouimette. Ce sont de petites bouées de styromousse placées à l'orifice des ouvrages qui servent d'indicateur. Et la tournée des ouvrages est effectuée une fois par semaine pour recueillir les données. S'il est possible de savoir s'il y a eu surverse, il est impossible avec cette technique d'en connaître la durée, de même que la quantité d'eau rejetée.

«Notre projet va nous permettre de savoir, par exemple, que ça a débordé 10 fois durant deux minutes et que tel débit a sorti. Ça va nous permettre de prioriser des ouvrages», souligne M. Ouimette.

Réduire la pollution

Le coordonnateur à la division du traitement des eaux usées aux services techniques souligne qu'éventuellement la quantité de pollution pourra également être mesurée avec l'ajout d'un «échantillonneur». «Sans mesures, on n'a pas d'objectif et on ne sait pas où on s'en va. L'objectif ultime, c'est de dire ce que la Ville apporte comme pollution à la rivière et si elle s'améliore», affirme Claude Ouimette.

«On entend dire que la rivière Yamaska est la plus polluée (du Québec). Mais on ne veut pas que ça reste comme ça, on veut que ça s'améliore», ajoute-t-il.

La Ville de Granby compte 21 ouvrages de surverses, dont trois majeurs situés rues Saint-Urbain, Laurent et Rutherford. Ces «exutoires majeurs» sont déjà informatisés et contrôlés depuis 20 ans, souligne Claude Ouimette.

La nouveauté est l'informatisation des 18 autres ouvrages. Au cours des derniers mois, 16 d'entre eux ont été munis de compteurs. Les citoyens au sens de l'observation aiguisé auront d'ailleurs noté l'apparition de poteaux équipés d'un compteur d'Hydro-Québec et d'un boîtier abritant les équipements permettant de compiler les données et de les transmettre, comme à l'angle des rues Cyr et Casavant notamment.

Les deux derniers ouvrages, où les surverses y sont pratiquement inexistantes, selon M. Ouimette, seront équipés en 2015. Il en coûte environ 25 000$ par ouvrage pour y intégrer la technologie.

Avantages

«Un des gros avantages (de l'informatisation de tous les ouvrages) sera pour la production des relevés aux ministères qui doivent être de plus en plus précis. Par exemple, au fédéral, ils nous demandent d'estimer la quantité débordée. Avant, on devait passer par une simulation informatique qui était vraiment théorique avec des données de pluie pour estimer les quantités d'eau déversées à chaque point. On va pouvoir être beaucoup plus précis», souligne le chargé de projet, Manuel Cabana.

L'ensemble des données sera compilé à la Centrale de traitement d'eau, note M. Cabana. Mais elles pourront être accessibles de n'importe quel ordinateur, dit-il.

«On va pouvoir savoir s'il y a des débordements en temps réel. On va même pouvoir être averti par une alarme via un cellulaire», précise Claude Ouimette, qui dit avoir ce projet à coeur depuis quelques années. «Ça va devenir un outil de gestion et d'amélioration», se réjouit-il.

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