Virus Ebola : l'importance d'être prêts

Dre Patricia Hudson est responsable en maladies infectieuses... (photo fournie par l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie)

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Dre Patricia Hudson est responsable en maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de la Montérégie.

photo fournie par l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Si un cas d'Ebola se confirmait dans la région, aucun hôpital n'aurait la responsabilité de le prendre en charge. Le patient infecté serait immédiatement transféré au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) ou à l'hôpital Sainte-Justine, dans le cas d'un enfant.

«Le niveau de soins et de procédures est tellement complexe qu'il serait nécessaire de concentrer les cas à ces endroits», explique Dre Patricia Hudson, responsable en maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de la Montérégie.

La porte d'entrée du système de santé pour ces patients serait néanmoins les urgences des établissements régionaux, car la consigne empêche les cliniques médicales et les CLSC d'évaluer les cas suspects.

La Voix de l'Est a joint hier les CSSS de la Haute-Yamaska et La Pommeraie pour brosser un portrait local de la situation et savoir comment ces établissements se préparaient à affronter cette menace éventuelle. La Pommeraie n'a pas donné suite à la demande du journal, tandis que La Haute-Yamaska nous a référés directement à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie.

Le protocole en vigueur, a-t-on précisé, est de portée nationale et n'a donc aucune «couleur locale».

N'empêche, tous les établissements doivent suivre à la lettre les mesures de prévention et de contrôle qu'on leur a fournies pour éviter toute transmission.

Dès l'étape du triage à l'urgence, toute personne présentant une fièvre soudaine et provenant d'un pays à risque serait isolée sans tarder dans une pièce à pression négative. Tous les employés mis en contact avec cette personne devraient alors enfiler une blouse blanche à manches longues, des gants et un appareil de protection respiratoire et oculaire. C'est dans cette pièce à pression négative qu'un médecin aurait la tâche d'évaluer rapidement le patient.

«Les hôpitaux ont déjà des chambres à pression négative. Sinon, il serait placé dans une chambre isolée, précise Dr Hudson. Et les établissements ont déjà la plupart des équipements de protection. On leur demande d'avoir assez de matériel pour les 24 premières heures, avant le transfert du patient à Montréal.»

Chaîne d'actions

Dans le cas où on soupçonnerait une infection au virus Ebola, toute une chaîne d'actions se mettrait en marche localement. L'hôpital devrait, entre autres, aviser un microbiologiste/infectiologue, aviser l'équipe locale de prévention et de contrôle des infections et la direction régionale de la santé publique, procéder aux tests de laboratoire et maintenir les précautions physiques. Des dispositions précises sont aussi prévues en matière de visite, de personnel, d'hygiène, de désinfection et même de gestion des déchets.

«La bonne nouvelle, c'est que l'Ebola est peu contagieux au début des symptômes. C'est rassurant pour nous, ajoute Patricia Hudson. Et il faut savoir que les mesures recommandées le sont déjà pour d'autres situations comme certaines maladies respiratoires sévères ou la grippe H7N9 par exemple.»

Elle rappelle que le protocole en place fait l'objet d'un processus d'amélioration continue. «On se sert de toutes les occasions qui surviennent pour le réviser.»

Mobilisation inévitable

À la lumière des dernières statistiques recensées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - 8000 personnes infectées et 4000 décès -, cette mobilisation internationale devient inévitable. D'autant plus que l'organisme prédit une croissance «explosive» de l'épidémie.

À ce jour, aucun cas n'a été déclaré au Québec, ni au Canada.

«L'Ebola est peu connu et il frappe l'imaginaire, alors c'est sûr que ça génère certaines inquiétudes. Il ne faut pas être alarmistes, mais il faut prendre les mesures qui s'imposent», note le Dr Hudson.

La médecin se fait rassurante. «Contrairement à l'influenza, qui est un virus hautement contagieux, je ne suis pas certaine que ça se propagerait autant. Ce n'est pas une maladie à transmission soutenue.»

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