Des parents s'élèvent contre un règlement de l'école Eurêka

Le code de vie des élèves de l'école... (photo La Voix de l'Est)

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Le code de vie des élèves de l'école primaire Eurêka à Granby les oblige à attendre l'autobus scolaire assis en rangs dans la cour d'école.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Bien qu'en vigueur depuis quelques années scolaires déjà, un règlement de l'école Eurêka obligeant les élèves à s'asseoir par terre dans la cour en attendant leur autobus scolaire fait sourciller certains parents, qui réclament plus de souplesse de la part de la direction.

«C'est catégorique et très rigide. Les enfants s'exposent à une réprimande s'ils se lèvent», affirme Éric Cloutier.

Si sa fille a changé d'école cette année, les enfants de sa conjointe, eux, fréquentent toujours l'établissement. «On s'est plaints l'an passé, mais c'est encore comme ça.»

De son côté, Nadine* a découvert le pot aux roses l'an dernier, quand ses rejetons sont rentrés «les fesses et le manteau pleins de bouette». «Il y avait eu de la neige fondante au sol ce jour-là, se souvient-elle. Quand j'ai posé des questions, mes enfants m'ont dit que c'était parce qu'ils étaient obligés de s'asseoir par terre.»

Elle a cependant constaté que la politique était toujours en vigueur, la semaine dernière, en allant chercher sa marmaille à l'école.

«Tout le monde était assis par terre dehors. C'était froid et humide cette journée-là, et comme il avait plu une bonne partie de la journée, l'asphalte l'était aussi», raconte-t-elle. Puisque ses enfants montent dans le dernier bus, ils doivent parfois attendre jusqu'à 18 minutes au sol.

«Est-ce qu'on doit laisser passer ça parce que ça fait un bout que c'est comme ça? demande pour sa part Sophie*, une autre mère consternée par le règlement. C'est de l'over discipline. Ça semble être encore trop de gestion que de faire attendre les enfants en rang, debout.»

Un règlement pour enrayerune problématique

La Voix de l'Est s'est présentée à l'école Eurêka à la sortie des classes, vendredi, alors que les écoliers s'asseyaient un à un par terre après la sonnerie de la cloche. La direction ayant déjà quitté pour le long week-end, on nous a référé à la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

On nous explique que le règlement «Je m'assois dans mon rang d'autobus» n'est pas nouveau: d'ailleurs, il est bien inscrit dans le code de vie. On n'a toutefois pas pu savoir si l'école de la rue Yvan-Duquette est le seul établissement de la commission scolaire à procéder ainsi.

«Ça a été décidé et approuvé par le conseil d'établissement à la suite d'une problématique de l'époque, indique Isabelle Charest, du service des communications de la commission scolaire. Au début, les enfants se tenaient debout en rangs, mais certains changeaient de ligne et il est déjà arrivé que des enfants se trompent d'autobus.»

Quand il pleut, les enfants attendent l'autobus à l'intérieur. Mais si le temps est dégagé et que l'asphalte est mouillé, les écoliers peuvent s'asseoir sur leur sac ou s'accroupir, ajoute Mme Charest. L'hiver, les élèves portent des habits de neige.

Faire preuve de jugement

Certains parents ne remettent pas en cause la bonne foi du conseil d'établissement, mais plaident pour «le gros bon sens». «Je peux imaginer que ça a été décidé avec plein de bonnes intentions, mais ça manque de jugement, souligne Sophie. Oui, on a signé le code de vie, mais on s'attend en retour à ce que l'école fasse preuve de discernement. [...] Quand il fait -15°C dehors, assis par terre, jambières ou pas jambières, c'est froid et humide. Au temps qu'ils passent assis-là, l'humidité finit par passer à travers.»

M. Cloutier abonde en ce sens. «Comme parents, on ne fait pas asseoir nos enfants par terre et on ne les expose pas aux intempéries, dit-il. Bien sûr, on peut adopter des règlements, mais il faut être capable de s'assouplir selon les circonstances.»

Nadine affirme avoir confronté la direction de l'école à ce sujet. «J'ai dit à la directrice que je n'étais pas d'accord et que mes enfants resteraient debout; elle m'a répondu qu'ils seraient mis en retrait et ne pourraient pas être avec leurs amis. C'est punir mes enfants pour un règlement qui n'a pas d'allure! », rage-t-elle.

Mme Charest confirme qu'effectivement, les élèves «qui ont une limitation physique ou qui ne veulent pas s'asseoir par terre ont l'option d'aller attendre tout près des marches, à la sortie de l'école. Quand leur autobus arrive, ils n'ont qu'à aller faire la file avec le reste du groupe.»

Les parents mécontents sont invités à faire part de leurs doléances au conseil d'établissement, puisque c'est celui-ci qui a pris la décision de faire asseoir les élèves.

* Certains parents ont demandé à ce que leur nom ne soit pas dévoilé, de crainte que leur enfant ne subisse des représailles à l'école.

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