Des souvenirs impérissables pour Pascal Courtemanche en Haïti

Le policier Pascal Courtemanche a repris son travail... (photo Janick Marois)

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Le policier Pascal Courtemanche a repris son travail quotidien après une mission d'un an en Haïti où il était éditeur, journaliste et photographe pour le commissaire de police de la MINUSTHA.

photo Janick Marois

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Dunham) Même si l'insécurité y était son lot quotidien, le policier Pascal Courtemanche est rentré au pays avec la tête pleine de souvenirs impérissables de sa mission en Haïti.

De retour au pays depuis le mois d'août, le chef d'équipe aux enquêtes au poste de la Sûreté du Québec dans Brome-Missisquoi s'est d'abord accordé quelques semaines de repos bien méritées, avant de reprendre récemment le collier.

Un travail bien différent de celui qui l'a occupé en sol haïtien, au cours de la dernière année... En plus d'y être journaliste, il travaillait comme éditeur et photographe pour le compte du commissaire de police de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTHA), Luis Carrhilo.

«On travaillait sept jours sur sept, raconte-t-il en entrevue à La Voix de l'Est. Ma fonction m'amenait à suivre tous les événements. Le but était de faire la promotion du travail d'UNPOL (police des Nations Unies) avec la police nationale d'Haïti. J'avais accès à tous les événements d'envergure.»

Des événements aussi variés que le démantèlement d'un réseau de kidnapping, des lancements de projets et des remises de médailles, par exemple.

Un souvenir hors du commun: cette fois où Pascal Courtemanche a participé à une opération visant à saisir une quantité importante de cocaïne dissimulée sur une île. «Avec les militaires et la police nationale d'Haïti, on a fait trois heures de bateau pour arriver. On a dû débarquer dans l'eau et je devais protéger mon appareil photo. Ça a été spectaculaire comme intervention», relate-t-il, en précisant que la drogue n'avait jamais été retrouvée.

Ses articles ont été publiés dans trois éditions de la revue Liaison UNPOL. Pour arriver à ses fins, il a entre autres travaillé en réseautage et usé de son système D, dit-il. Son travail l'a amené à rencontrer plusieurs hauts gradés au sein de la MINUSTHA, à commencer par la chef de mission, Sandra Honoré. Même s'il était basé à Port-au-Prince, son travail lui a fait voir du pays. «J'ai fait le tour d'Haïti en hélicoptère, en bateau et en voiture», décrit-il, visiblement heureux de l'expérience.

Solidarité et insécurité

Ce qu'il retient de sa mission? La solidarité et la camaraderie des Canadiens, de même que tous les échanges multiculturels. La débrouillardise des Haïtiens l'a également beaucoup impressionné. «Ils sont des survivants parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils se débrouillent avec rien.»

L'insécurité qui règne dans le pays, les coups de feu tirés dans le quartier où il vivait, il en a pris davantage conscience en rentrant chez lui. «Quand on sort de ça, on réalise que c'était insécurisant, affirme-t-il. Ça tend à devenir plus sécuritaire en Haïti, mais il faut encore être vigilant, prudent.»

La mission l'a épuisé, plus encore qu'il ne le croyait. Et encore une fois, c'est une fois revenu dans le confort de sa résidence qu'il s'en est rendu compte. «J'ai réalisé que pendant un an, j'ai dormi avec une oreille et un oeil ouverts», dit-il. Il estime que c'est maintenant un grand bonheur de pouvoir dormir en toute liberté, et sans crainte.

Pendant son séjour là-bas, le policier a pu constater que ses collègues québécois et lui sont chanceux de travailler dans un système organisé et sécuritaire, ce qui n'est pas le cas partout.

En Haïti, le policier s'est impliqué à l'orphelinat la Main Divine, qui accueille une cinquantaine de jeunes - là même où le policier Jocelyn Desrochers, de la SQ en Haute-Yamaska, avait donné du temps lors de sa mission. L'entourage du policier Courtemanche y a amassé 1500$ qui ont permis l'achat d'un congélateur, d'une laveuse pour les vêtements et d'une pompe à eau. «C'était valorisant de travailler avec les enfants», dit-il.

Et si c'était à refaire? Pascal Courtemanche n'hésiterait pas un instant. Il se dit d'ailleurs ouvert à participer à une autre mission en sol étranger, plus tard.

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