Adieu, devoirs!

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Selon une étude australienne, l'impact des devoirs sur la réussite scolaire serait négligeable.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Depuis la rentrée, les soirées chez Jonathan Gendreau sont plus paisibles. Finis les combats incessants pour qu'Alyssia, neuf ans, fasse ses devoirs. La lecture et les révisions - vocabulaire, mathématiques, etc. - ont remplacé les querelles armées d'un crayon.

«J'ai eu des questionnements au début, mais ça va bien, indique le père de 37 ans de Granby. Je la trouve plus autonome, aussi.»

Alyssia fréquente l'école Eurêka où, comme dans trois autres établissements primaires de la commission scolaire du Val-des-Cerfs - Les Bâtisseurs à Granby, l'école Centrale de Saint-Joachim-de-Shefford et du Premier-Envol, à Bedford - les devoirs ont, de façon générale, été abolis.

Le temps consacré aux choses scolaires, le soir, reste sensiblement le même, mais il est consacré à la lecture et aux leçons, explique Valérie Daigle, directrice de l'école Eurêka. Résultat: «on a vu la motivation des élèves grimper».

«Ce qu'on a à faire, on le fait en classe», dit Caroline Beaulac, directrice de l'école Centrale, qui offre un programme international. Et si des tâches sont faites à la maison, il faut qu'elles soient «pertinentes», dit-elle. «Avant, les enseignants cherchaient des devoirs à donner!»

Le changement ne s'est pas fait sans heurts. Certains enseignants - et quelques parents - ont exprimé des réticences, mais l'approbation a été «presque unanime», dit Mme Daigle. «Pour les élèves en difficulté, les devoirs, c'était une grande source de démotivation.» Pour les enfants doués, cela ne faisait pas de différence.

«Les parents nous ont dit: wow, c'est bien une soirée sans se chicaner avec ses enfants!»

Résultats

Leur apprentissage s'en ressent-il? À l'école du Premier-Envol, où l'on a supprimé les devoirs depuis quatre ans, la directrice Sophie Sénécal affirme qu'au contraire, les résultats scolaires se sont améliorés.

Plusieurs recherches viennent corroborer cette initiative. Une vaste étude australienne, menée par le chercheur John Hattie, a démontré que l'impact des devoirs sur la réussite scolaire était négligeable. Dans un avis produit en 2010, le Conseil supérieur de l'éducation du Québec soulignait de son côté que «l'influence des devoirs sur l'acquisition de bonnes méthodes de travail est peu documentée».

Avantage indéniable, abolir les devoirs permet aux élèves d'avoir plus de temps pour les loisirs et à passer avec leurs parents. Faire la lecture ou faire réviser ses leçons à son enfant est beaucoup plus intéressant, pour un adulte, que de superviser une tâche rébarbative, dit Valérie Daigle.

Quant aux parents qui s'inquiètent de ne plus pouvoir suivre la progression de leurs petits dans les différentes matières, Sophie Sénécal se fait rassurante. «Les parents révisent avec leurs enfants et voient les travaux faits en classe. Ils restent au courant.»

L'aide aux devoirs - rebaptisée «aide aux leçons» par endroits - est toujours disponible dans les écoles, et les enseignants sont aussi là pour répondre aux questions des parents.

Finalement, les directrices interrogées par La Voix de l'Est estiment que l'arrivée au secondaire, où les devoirs sont la norme, n'est pas brutale. «Ils sont plus autonomes à cet âge-là, dit Valérie Daigle, et ils ne seront pas déjà tannés de faire des devoirs.»

Évolution

Pour la directrice de l'école Eurêka, la société a évolué et les écoles doivent faire la même chose. «Aujourd'hui, les parents travaillent presque tous et les mères restent rarement à la maison pour s'occuper des enfants. Il faut s'ajuster.»

«Si on se questionne sur la pertinence de ce qu'on fait en classe, il faut aussi se questionner sur la pertinence de ce que les élèves font à la maison», dit Caroline Beaulac.

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