Nouvelles règles pour les appels d'offres à Granby : une «grosse victoire» pour Bonin

Le nouveau système «ouvert» favorisera un plus grand... (photo Alain Dion)

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Le nouveau système «ouvert» favorisera un plus grand nombre de soumissionnaires pour l'obtention de contrats avec la Ville de Granby.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les firmes locales d'architecture, d'ingénierie et de contrôle des matériaux devront composer avec de nouvelles règles en matière d'attribution de contrats à Granby. Terminés les appels d'offres sur invitation favorisant les entreprises de la région pour les contrats de 25 000$ à 100 000$. Dorénavant, toutes les firmes de la province pourront soumissionner, ont récemment décidé les élus.

Une «grosse victoire», aux yeux du maire Pascal Bonin, a-t-il déclaré aux médias au terme de la dernière séance du conseil municipal.

Lorsqu'il était conseiller municipal, Pascal Bonin avait dénoncé à plusieurs reprises le mode d'attribution des contrats des services professionnels qui ne permettait pas, selon lui, d'obtenir les meilleurs prix. Le conseil municipal précédent avait plutôt fait le choix politique - tout en étant permis par la Loi - de favoriser les entreprises locales pour certains types de contrat.

Les règles seront maintenant claires, dit le maire Bonin. «En haut de 25 000$, les appels d'offres seront diffusés sur le Système électronique d'appels d'offres (SEAO) du gouvernement du Québec. C'est une politique uniforme. C'est un système ouvert qui va favoriser un plus grand nombre de soumissionnaires. Et plus il y a de soumissionnaires, plus on a de chances d'avoir de meilleurs prix», estime-t-il.

Forcer la main

Le maire juge que les entreprises locales ne seront pas perdantes avec ces nouvelles règles du jeu. «Elles ont déjà un avantage concurrentiel du fait qu'elles sont sur place», dit-il.

«J'aurais de la difficulté à comprendre qu'une firme de Granby coûte plus cher qu'une firme de Chicoutimi pour faire les mêmes travaux», ajoute Pascal Bonin.

Ce dernier convient que cette nouvelle politique d'achat «force peut-être un peu la main» des soumissionnaires locaux. «Ça oblige les firmes à revoir la façon dont elles font les appels d'offres. Mais qui en profite? Ce sont les citoyens. Et avec les économies réalisées, on fait plus de travaux», dit le maire.

Au bout du compte, relève Pascal Bonin, la plupart des contrats sont malgré tout décrochés par des entreprises locales. Un exemple récent: un mandat accordé, à la dernière séance du conseil, pour les services professionnels en ingénierie-étude géotechnique et environnementale de sites.

Pas moins de 13 entreprises se sont procuré les documents d'appel d'offres, certaines provenant de Saint-Rémi, de Saint-Hyacinthe et de Sherbrooke. Six soumissions ont été déposées. Le contrat a été accordé à Services Exp de Granby. «On avait estimé les coûts à 150 000$. Mais le contrat est tombé à 78 000$», se réjouit le maire.

Les contrats de moins de 25 000$ continueront toutefois à faire l'objet d'appel d'offres sur invitation auprès des firmes locales, a précisé hier le directeur des finances et directeur général adjoint, Jean-Pierre Renaud.

Pas fini

S'il n'en tient qu'à Pascal Bonin, une autre modification sera apportée au mode d'attribution des contrats, mais cette fois-ci pour abolir le regroupement des services professionnels dans un même appel d'offres. Le sujet sera à l'étude du conseil municipal, dit-il.

Le maire dit privilégier que les services d'architecture, d'ingénierie et de surveillance de travaux fassent l'objet de mandats séparés, plutôt que de les regrouper. De cette façon, estime-t-il, il y a «moins de complaisance» entre les sous-traitants. Et tous doivent se rapporter à la Ville.

«On doit avoir en tête l'expérience de la caserne du service d'incendie qui n'en a pas été une bonne», affirme M. Bonin. Le mandat élargi accordé à un architecte est à l'origine des erreurs et des omissions aux plans des professionnels qui ont entraîné un important dépassement de coûts aux travaux réalisés à la caserne, avait dénoncé Pascal Bonin lorsqu'il était conseiller municipal. Le dossier serait toujours d'ailleurs devant les tribunaux.

Les quelques firmes professionnelles jointes hier ont affirmé que la nouvelle politique d'achat de la Ville «ne changera rien». Le directeur de Services Exp, à Granby, Elias Kassab, a malgré tout dit trouver dommage que les entreprises locales ne soient pas «encouragées». «S'il y a un manque de volume, ça pourrait créer des pertes d'emplois», a-t-il glissé.

photo janick marois

Avec la nouvelle politique d'achat, le frère du maire de Granby, Pascal Bonin (photo) pourra dorénavant soumissionner sur certains contrats.

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