La conseillère Denise Lauzière en conflit d'intérêts

Le Conseil de presse du Québec juge que... (photo Stéphanie Mantha, archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Le Conseil de presse du Québec juge que les fonctions de Denise Lauzière au sein du journal Panorama la mettent en conflit d'intérêts avec son poste de conseillère municipale. La principale intéressée n'y voit pour sa part aucun problème.

photo Stéphanie Mantha, archives La Voix de l'Est

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Waterloo) Le Conseil de presse du Québec a donné raison, dernièrement, à un citoyen qui soutenait que la conseillère municipale de Waterloo Denise Lauzière était en conflit d'intérêts à titre de coordonnatrice du journal communautaire Panorama. L'incident s'est produit en novembre dernier, dans le contexte des élections municipales.

Le Waterlois Claude Daigneault a déposé une plainte au Conseil de presse le 4 novembre 2013 contre Mme Lauzière à la suite de son refus de faire paraître dans cette publication la chronique «La motivation politique» signée par lui au sujet du droit de vote. M. Daigneault était à l'époque un collaborateur régulier du Panorama, publié par le Centre d'accès communautaire de Waterloo et distribué gratuitement onze fois par année dans les municipalités de Waterloo, Canton de Shefford, Saint-Joachim-de-Shefford et Warden.

Dans sa plainte, ce dernier maintenait qu'en raison de sa position politique, Mme Lauzière était en situation de conflit d'intérêts et demandait à ce qu'elle publie dans une édition subséquente un mot d'excuse accompagné de la chronique en question. Le journal n'avait cependant pas répondu à sa requête.

Pour justifier son refus de publier, Denise Lauzière aurait mentionné à M. Daigneault qu'elle avait promis à ses collègues du conseil municipal de ne pas publier de textes à saveur politique durant la campagne électorale. Elle lui a également mentionné que son rôle de conseillère n'avait rien à voir avec ce refus et qu'elle répondait plutôt à une demande de l'équipe électorale adverse (NDLR: à Waterloo, deux camps s'affrontaient) de ne pas publier d'articles traitant de politique.

Elle avait également convenu que Panorama sortirait le 4 novembre, au lendemain du scrutin municipal, et qu'elle ne voyait pas la pertinence de publier un tel article une fois l'élection tenue. Selon Mme Lauzière, Panorama était de toute manière un journal apolitique.

En rappelant que Denise Lauzière est à la fois membre du conseil d'administration et du comité de production, responsable du développement et de la coordination du Panorama, en plus d'y collaborer, le Conseil de presse considère que sa fonction d'élue est totalement incompatible avec celles qu'elle occupe au sein du journal.

«Dans les circonstances, on doit reconnaître que ce sont les lecteurs qui souffrent de l'autocensure que pratique Mme Lauzière en s'abstenant de commenter certains sujets. Or, un tel comportement constitue une atteinte au droit public à l'information qui ne peut être tolérée, peut-on lire dans la décision du Conseil de presse. Dans des décisions antérieures, le Conseil a jugé qu'un journaliste ou un patron de presse devait immédiatement quitter ses fonctions lorsqu'il décide de se lancer en politique.»

L'organisme reproche également au Panorama son manque de collaboration pour avoir refusé de répondre à la plainte le concernant. En ce sens, il rappelle l'obligation morale de publier la plainte dans une édition suivant sa décision, rendue en juin dernier.

Coupable de rien

Or, Denise Lauzière avoue candidement ne pas avoir donné suite à la recommandation du Conseil de presse. «Je ne me sens pas en conflit d'intérêts. Je ne suis coupable de rien, a-t-elle laissé entendre à La Voix de l'Est. Comme le journal ne parle jamais de politique, je jugeais que ce n'était pas nécessaire de revenir là-dessus.»

Elle souligne que publier une chronique sur le droit de vote après les élections était, de toute manière, inutile.

Mme Lauzière, qui est très engagée dans son milieu, affirme avoir créé Panorama avant même d'être conseillère municipale et dans une optique purement communautaire. «Jamais on n'a parlé d'élections. On ne verse jamais dans la controverse; on ne parle que des activités qui se passent dans le coin. C'est uniquement informatif. Et le journal va poursuivre ses opérations.»

Il n'a pas été possible de joindre Claude Daigneault hier.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer